Livaï rappe pendant le tournage de Red Bull Spinner au Red Bull Studio.
© Apolline Cornuet
Musique

Rencontre avec Livaï

Red Bull Spinner : quatre jeunes artistes vous emmènent dans leur spirale musicale.
Écrit par Ismaël Mereghetti
Temps de lecture estimé : 6 minutesPublished on

6 minutes

Red Bull Spinner #9 : Ambre Lise, Lylice, Livaï et Izaid

Réuni au Red Bull Studio, les rappeurs Ambre Lise, Lylice, Livaï et Izaid ont enregistré un titre énergique et puissant, sur une production de Mehsah.

Le rap français vit une ère particulièrement riche depuis cinq ans : certifications en pagaille, stades remplis, artistes ultra-populaires… Si la concurrence est rude, le nombre d’auditeurs en constante augmentation permet aux artistes de se faire connaître. Pour pousser ces profils prometteurs à émerger, Red Bull agit comme un levier en organisant une rencontre humaine et artistique entre quatre d’entre eux : Red Bull Spinner.
Ambre Lise, Lylice, Livaï et Izaid ont tous des profils très différents, mais partagent en commun l’amour de la musique et un certain talent pour se démarquer. Réuni au Red Bull Studio, le quatuor a enregistré un titre énergique et puissant, sur une production de Mehsah.

Présentation

  • Pseudo : Livaï
  • Explication du nom : Au collège, des filles le surnomment « Livaï » car il avait la même coupe de cheveux que le personnage du manga « L’Attaque des Titans ». Il commence à écrire à ce moment-là et choisit ce pseudo. « Aujourd’hui, j’ai un peu le seum vu que le manga a complètement explosé et est devenu super connu ! »
  • Âge : 19 ans
  • Localisation : Vélizy (78)
Portrait du rappeur Livaï pour Red Bull Spinner.

Livaï pour Red Bull Spinner

© Apolline Cornuet

Les débuts

Livaï écrit son premier texte en classe de quatrième. À cette période, il passe ses journées à écouter du rap français et naturellement, il veut s’essayer à l’exercice. Il motive un pote à gratter avec lui et l’aventure est lancée, avec d’emblée beaucoup de détermination. « Dès le collège, je me suis dit que ça serait mon métier ! C’était une évidence pour moi, je n’ai eu que ça en tête à partir de mon premier texte. Depuis, je n’ai jamais stagné, je n’ai jamais arrêté. C’est dur parce qu’il faut être très patient, les projets ne sortent pas toujours dans la foulée du travail en studio, les processus sont longs. Mais malgré tout, je suis heureux de pouvoir commencer à vivre de ma musique aujourd’hui, aussi jeune. Et je préfère ça plutôt qu’être en cours dans un amphithéâtre ». Après quelques clips, des passages remarqués à Planète Rap ou sur la chaîne YouTube du Règlement, Livaï sort son premier projet 11 titres « Voss » en juillet 2020 puis poursuit sa route en septembre 2021, en indépendant sur son propre label, avec son album « Une belle mort » qui explore avec sincérité le thème du deuil.

Ses influences

Livaï se met à écouter du rap dans une période où la violence règne, l’époque des clashs Booba-La Fouine et Booba-Rohff. En parallèle, la trap commence à débarquer avec Kaaris notamment. Si ce bouillonnement le plonge à fond dans l’univers musical en tant qu’auditeur, ce sont d’autres influences qui le marquent lorsqu’il se met à écrire : « Je voulais rapper comme Django quand il est arrivé dans le game. Le flow technique, les références à la culture cinéma ou séries, tout ça me parlait. Et puis évidemment Nekfeu a aussi été super important, il m’a ouvert la voie, sa manière de rapper, sa capacité à évoquer ses émotions, c’était une porte ouverte vers un autre monde ».
Si pendant des années il n’a écouté que du rap, son spectre d’auditeur s’est peu à peu élargi : « J’écoute de tout maintenant, des trucs tellement variés, tu pèterais un câble si tu voyais mes playlists. Ça passe du jazz à des sons des années 1980. Mais je me bute toujours au rap, encore plus qu’avant même, je suis attentif à tous les nouveaux styles qui émergent, j’essaye de comprendre comment ils font passer leurs émotions à leur manière ».

Son morceau-phare

C’est une phase de réflexion artistique qu’est en train de traverser Livaï ces derniers temps : « Je suis en pleine transition. J’aurais du mal à citer un morceau déjà disponible parce que je suis atteint du syndrome terrible qui consiste à détester ce que je viens de produire. Par exemple, le son « Rizzla ou OCB » qui m’a offert une grosse visibilité sur la chaîne du Règlement en 2019, je ne l’aime plus du tout ! ».
Pour lui, son morceau-phare reste donc à venir et il naîtra des nouvelles influences qui le marquent en ce moment et qu’il doit encore digérer : « J’ai eu une illumination récemment, j’ai découvert le son américain ! Avant, je crachais dessus, je trouvais ça surcoté ! (rires) Je saigne les vibes SoundCloud, toute la new wave et ça me donne mille idées ». Livaï ne souhaite pas s’avancer à donner des noms d’artistes qui l’impressionnent pour ne pas orienter le public : « Je ne sais pas ce qui va transparaître dans ma musique quand je composerai, donc si ça se trouve, ça n’aura rien à voir avec ce que je suis en train d’écouter. Je ne compte pas copier tel ou tel artiste. Mais ce qui est sûr, c’est que ces influences m’amènent à redéfinir ma direction artistique ».
Le rappeur Livaï en plein freestyle pendant le tournage de Red Bull Spinner au Red Bull Studio.

Livaï en pleine performance au Red Bull Studio

© Apolline Cornuet

Le freestyle

Le freestyle est un exercice que Livaï maîtrise parfaitement, lui qui est passé par le format Instagram « 1 minute 2 rap ». Il a toujours des textes qui traînent pour poser sur des rythmiques boom bap : « Entre 90 et 100 BPM, c’est ma zone de confort, je gratte facilement, parfois même sans prod tellement j’ai l’impression que c’est dans mon ADN ». Aucune difficulté donc pour s’adapter au boom bap classique composé par Mehsah pour ce nouveau Red Bull Spinner : « Je me suis posé un soir, c’est sorti tout seul, aucune pression ! ».

La suite

Après cette période de réflexion et de redéfinition artistique, Livaï espère entamer la création d’un futur projet. Sans but précis pour l’instant : « Je me laisse le temps de cogiter, de savoir ce que je veux faire. Je préfère ne pas annoncer que 2022 c’est pour moi. On verra bien comment les choses avancent. Ce qui est sûr c’est que je ne veux pas faire du son que je n’aime pas. Être en adéquation avec mes goûts du moment, c’est l’essentiel ».