Loïc Bruni
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VTT

Loïc Bruni, au sommet de la descente

De ses premières descentes à ses titres de champion du monde de VTT, Loïc Bruni revient sur son parcours et la façon dont il est devenu l’un des plus grands pilotes de sa génération.
Écrit par Mathieu Fageot
Temps de lecture estimé : 7 minutesPublié le
Lorsqu’on lui demande s’il a une philosophie de vie, Loïc Bruni répond simplement qu’il ne cesse jamais de douter dans l’objectif de s’améliorer chaque jour. Et on peut dire que cela porte largement ses fruits. À 28 ans, le Niçois compte déjà quatre titres de champion du monde de VTT Descente et deux coupes du monde à son actif.
Il faut dire qu’avec un nom pareil, Loïc Bruni était prédestiné à devenir une figure majeure de la discipline. Fils de Jean-Pierre Bruni, pionnier multi-titré de VTT descente, le jeune Bruni pédale depuis qu’il est en âge de marcher. « Vers 5 ou 6 ans, mon père m’a acheté un petit vélo et je le suivais sur les week-ends de course. C’est là-bas que j’ai rencontré Loris [Vergier ndlr.] puisque son père courait avec mien. Pendant qu’ils faisaient leurs trucs, on faisait les nôtres. »
L'actuel champion du monde de VTT Descente, Loïc Bruni, et son père, Jean-Pierre.
La voie des Bruni
À cette époque, le petit Loïc est encore loin d’imaginer l’avenir qui l’attend. « J’aimais juste prendre mon vélo et rouler quand je pouvais. Le VTT n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui et je ne me focalisais pas sur une seule discipline. Entre autres parce qu'il n’y avait pas encore de courses adaptées aux enfants en DH. Les seules que l’on pouvait faire étaient en cross-country mais c’était trop physique et je n’aimais pas trop ça. J’ai donc pensé faire autre chose. »
Nous sommes au début des années 2000, et le jeune Cagnois est bercé aux exploits d’un certain Travis Pastrana qui est en train de réinventer les codes du FMX. « C’était ma plus grande idole », confie-t-il. « J’ai alors voulu faire de la moto, mais mon père n’a jamais accepté de m’en acheter une. » Retour à la case vélo.

Sortir des sentiers battus

« Vers 10 ans, j’ai découvert le BMX grâce à Loris et son frère qui en faisaient. Et c’est aussi à ce moment-là que les Mom’avalanches ont été créées. » Ce premier circuit de courses qui permet aux jeunes riders de faire de la descente redonne alors le goût du VTT à Loïc, qui réalise ses premières courses.
Le champion du monde de VTT Descente, Loïc Bruni, (au centre) lors de ses premières compétitions de VTT Descente.
Premières descentes
Puis viennent les TRJV, compétitions régionales de VTT destinées aux jeunes pilotes. « J’ai eu mon premier vélo suspendu et c’est là que j’ai su que la descente était la discipline que je préférais parmi toutes les autres. » Déjà consciencieux, Loïc Bruni continue pourtant de faire du BMX, du trial et du cross-country. « Je savais que je commençais à avoir un bon niveau mais je ne voulais pas être trop radical dans mon jugement, j’ai donc continué à toucher à tout car je savais que ça pouvait être bénéfique pour la descente, qui est une discipline très complète. »
« Au-delà des sensations et de la vitesse, j’adorais tout ce qui entourait cette discipline, et surtout le shape. Nettoyer les sentiers, faire des passages, créer des sauts… Dans les Alpes-Maritimes, il n’y a pas beaucoup de pistes adaptées à la descente, ce ne sont que des sentiers un peu pourris, on devait donc souvent tout faire nous-mêmes. Mais c’est aussi ce qui nous a forcés à bien rouler et sur tous les types de terrains. » Loïc Bruni vit alors une « jeunesse normale », qu’il partage entre le bike, les cours et ses amis.
Loïc Bruni remporte ses premières course de VTT Descente.
Premiers podiums
Puis, les choses s’accélèrent pour lui. « En 2010, j’ai participé aux Mégavalanches où j’ai terminé 2ème en séances de qualifications. Des gens m’ont remarqué à ce moment-là, dont le team manager de l’équipe Lapierre International. Il est venu me voir, et m’a proposé de les rejoindre en catégorie Juniors l’année suivante. » Une bénédiction. « J'ai halluciné, toutes mes idoles rouaient pour ce team dont Sam Blenkinsop. »
Je pense qu’à nous deux, on a contribué à faire évoluer la discipline.
En 2011, Loïc Bruni devient Champion de France Juniors. L’année suivante, il décroche le titre de Champion du Monde Juniors. « Je savais que j’avais un bon niveau mais je ne pensais pas percer pour autant, il y avait tellement de concurrence. Mais j’ai eu la chance d’être très bien entouré et ces personnes ont su me donner la confiance dont je manquais. »
Loïc Bruni célèbre sa victoire dnas le sixième épisode de la saison 5 de la série Fast Life à regarder en intégralité et gratuitement sur Red Bull TV !
Loïc Burni dans le sixième épisode de la saison 5 de la série VTT Fast Life

Hit the road (avec) Jack

Parmi elles, Jack Roure, son mécanicien. « Je l’ai rencontré alors qu’il était déjà bien implanté dans le milieu alors que moi je débutais. On a commencé à se fréquenter et à se connaître et ça a fonctionné. On était tous les deux minutieux, on faisait les choses bien, et au fil du temps on a innové. De par ses idées et ma volonté de suivre ses idées et de lui faire confiance, on est arrivés à faire de nouvelles choses que derrière d’autres ont repris, comme le testing ou l'analyse de données pendant l’inter-saison, qui n’était pas quelque chose de courant. Je pense qu’à nous deux, on a contribué à faire évoluer la discipline. Je n’aurais jamais autant appris sans lui et s’il devait arrêter demain, je serais un peu perdu. »
En fonction des choses que l’on m’impose, je peux mal réagir, me braquer et faire des erreurs.
En 2013, Loïc Bruni fait ses premiers pas en Élite. « Je faisais des bonnes courses, mais j’ai un peu galéré », explique-t-il. « C’était la grande époque d'Aaron Gwin, je faisais deuxième à chaque fois donc c’était un peu frustrant mais ça m’a motivé encore plus. Mais mon plus grand ennemi, c’était finalement moi-même. Jusqu’à 2015, je n’ai pas passé une saison sans me blesser. Je suis quelqu’un de très émotionnel, et je pense aussi que ça m’a joué des tours. En fonction des personnes avec qui je travaille, en fonction des choses que l’on m’impose, je peux mal réagir, me braquer et faire des erreurs. Sauf qu’en évoluant en haut-niveau, tu ne peux pas te le permettre. C’est quelque chose que je travaille encore aujourd’hui, mais je pense que ça me suivra toute ma vie, c’est un trait de caractère. »
Le champion du monde de VTT Descente, Loïc Bruni, boit un Red Bull.
Reprise d'énergie
Loïc Bruni devient finalement champion du monde de descente en 2015, avant de réitérer cet exploit trois années de suite, en 2017, 2018, et 2019, année durant laquelle il termine enfin premier au classement général de la coupe du monde.

S'inspirer et inspirer

Comment expliquer une telle performance ? « Je me suis inspiré de plein de choses dans la préparation de mes idoles et de mes rivaux. J’ai essayé de prendre ce qui était bon pour moi et de faire un mix de tout ça. Gwin faisait de la moto, alors j’en ai fait aussi, j’ai fait des séances de gym, des sorties très longues pour travailler mon endurance. Certaines choses n’ont pas toujours fonctionné, j’ai par exemple essayé de me faire entraîner par le même entraîneur que Gwin et ça n’a pas marché. »

13 minutes

Underdogs et tauliers

Kate Courtney et Loïc Bruni se souviennent des hauts et des bas de leurs carrières de pilotes VTT dans le premier épisode de la saison 5 de la série Fast Life sur Red Bull TV.

Français +10

Alors qu’il est désormais le deuxième athlète le plus titré de sa discipline, derrière Nicolas Vouilloz, Loïc Bruni entend désormais inspirer à son tour. « Quand je vais sur les courses, gagner est l’objectif principal mais je n’y vais pas que pour ça. J’ai envie d’aller à la rencontre des gens et d’être inspirant pour tous ceux qui viennent nous voir. J’aime vraiment échanger avec les fans. »
Inspirer, donc, mais aussi démocratiser la discipline en France et à l’international : « J’ai la chance de pouvoir évoluer avec des personnes avec qui j’ai envie de travailler, et je veux en profiter pour faire des choses qui me tiennent à coeur et qui pourront permettre à la discipline de prendre une autre ampleur : développer de bons vélos, un casque, designer des tenues… Tout ça va m’aider pour mes compétitions mais ça va aussi aider les marques à développer de nouvelles choses. »
Le champion du monde de VTT Descente Loïc Bruni signe un autographe à un fan.
A star is born
S’il admet volontiers ne pas être en quête de tous les records, Loïc Bruni entend pourtant rester au sommet. « En 2022, j’aimerais être en forme aux Gets pour prendre ma revanche sur Lourdes où je n’ai pas été au top. Plus tard, j’aimerais bien faire des petites vidéos avec Red Bull car ce sont des choses que j’adore faire et qui restent finalement plus que les résultats. Enfin, plus globalement, je voudrais continuer à mener ma petite vie, être heureux, tout ce qui est important au-delà du sport. J’ai la chance de bien gagner ma vie aujourd’hui et de faire ce que j’aime, il faut que j’en profite. »
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