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Mafia, une trilogie sous influences

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Alors que Mafia revient sur le devant de la scène, la série est encore injustement dans l’ombre écrasante de GTA. L’occasion de se pencher sur les inspirations de cette licence pas comme les autres.
Écrit par Alexis LebrunPublié le
Dans la grande histoire du jeu vidéo, il y a un avant et un après GTA III. Sorti en 2001, le jeu en monde ouvert de Rockstar a eu une influence considérable. Il a popularisé le concept de jeu « bac à sable » et a donné naissance à un genre où se sont précipités de nombreux clones plus ou moins réussis : le GTA-like. Mais dès 2002, un jeu très différent des autres s’est retrouvé associé à cette catégorie, et condamné à vivre dans l’ombre du succès colossal rencontré par le titre controversé de Rockstar : Mafia: The City of Lost Heaven.
Les raisons de ce rapprochement sont compréhensibles. Comme GTA III, Mafia met en scène des gangsters dans une ville que le joueur peut explorer librement à pied ou en voiture tout en commettant des crimes. La comparaison s’arrête là. Dès son premier épisode, la série Mafia boxait dans une catégorie bien différente des bacs à sable de Rockstar. À rebours du ton satirique et du gameplay arcade de GTA III, Mafia: The City of Lost Heaven a été conçu comme un jeu beaucoup plus sérieux avec une intrigue et une ambiance de polar, et un gameplay réaliste. Pour le dire autrement, les deux jeux ont beau être tous les deux interdits aux mineurs à leur sortie, seul Mafia s’adresse vraiment aux adultes.
D’ailleurs, là où le cartoonesque GTA : Vice City lui aussi sorti en 2002 multiplie les références à Scarface et Miami Vice, Mafia a lui fait le choix de rendre hommage à des œuvres un peu moins hautes en couleurs. Ce parti-pris a évolué dans les deux épisodes suivants, mais leurs influences beaucoup plus riches ont été éclipsées par d’abondantes critiques certes justifiées sur leur monde ouvert et leur gameplay. À l’occasion de la sortie de Mafia : Definitive Edition ce 25 septembre, nous avons donc décidé de revenir sur les racines historiques et cinématographiques de cette franchise aussi controversée que passionnante.
le jeu Mafia: The City of Lost Heaven prend place en 1930 dans la ville fictive de Lost Heaven inspirée de Chicago.
Lost Heaven, 1930

Une offre qui ne se refuse pas

Dans le premier Mafia, l’action se situe en 1930, soit en plein pendant la période dite de la Grande Dépression qui suit le krach boursier de 1929. L’Amérique est au fond du trou, et la prohibition des boissons alcoolisées est toujours en vigueur, ce qui permet à la criminalité de se frotter les mains. La ville la plus emblématique de cette époque est sans doute Chicago, et ce n’est donc pas un hasard si elle est l’inspiration principale de la ville fictive de Lost Heaven où prend place le jeu. Bien sûr, cette période foisonnante a inspiré des tonnes d’œuvres importantes, et Mafia n’existerait pas sans la plus connue d’entre elles.
On pense bien évidemment aux chefs-d’œuvre de Francis Ford Coppola : Le Parrain et Le Parrain 2. Dès la première mission, on a d’ailleurs droit à une référence à la réplique culte de Marlon Brando : « Je vais lui faire une offre qu'il ne pourra pas refuser ». Les clins d’œil sont ensuite légion : il y a l’hôtel nommé Corleone, une mission qui prend place sur les toits des immeubles et évoque le passage du film où Robert de Niro suit Don Fanucci, et encore une autre qui reproduit la scène dans laquelle Al Pacino va chercher un revolver caché dans les toilettes d’un restaurant pour tuer Virgil Sollozzo. On a même droit à l’attentat raté à la voiture piégée, avec la pauvre fille qui y passe à la place de son gangster de compagnon, comme Apollonia avec Michael Corleone en Sicile.
On retrouvera évidemment cette influence dans la « Definitive Edition » qui sort le 25 septembre, puisque selon les développeurs du studio Hangar 13, Le Parrain 1 et 2 restent des influences cinématographiques majeures de ce remake. Son histoire est évidemment la même que l’original, mais ses cinématiques ont été entièrement refaites. Rétrospectivement, même si toutes les références du premier Mafia au Parrain sont impossibles à occulter, elles n’ont pas un impact déterminant sur le jeu, et ce dernier est d’ailleurs plutôt resté dans les mémoires pour le réalisme de son gameplay qui obligeait son héros chauffeur de taxi (Tommy Angelo) à faire le plein d’essence, à éviter les collisions et à respecter les limitations de vitesse pour ne pas s’attirer les foudres de policiers intraitables. L’ambiance générale très cinématographique du jeu doit évidemment beaucoup à Coppola, mais elle comme son intrigue ne sont heureusement pas des copier-coller du Parrain, un reproche qui sera davantage fait à l’épisode suivant.

Cadavre dans le coffre

Car c’est surtout avec Mafia II que les références aux grands classiques des films de gangsters vont devenir omniprésentes dans la construction de l’intrigue et des personnages. En 2010, la série prend donc la direction de New York via une nouvelle ville fictive : Empire Bay. Si le monde ouvert de Mafia II n’a pas convaincu à sa sortie par manque d’activités à réaliser, l’essentiel est ailleurs. Empire Bay est une reconstitution fascinante de l’Amérique des années 1940 et 1950, sans doute l’une des meilleures avec celle d’un autre jeu d’époque de Rockstar sorti à peu près à la même période, le L.A. Noire influencé par les romans de James Ellroy.
L’ambiance générale très travaillée de Mafia II est elle très proche de celle de l’un des films les plus célèbres de Scorsese : Les Affranchis, dont le début se déroule aussi dans l’après-guerre du début des années 1950. Pour le clin d’œil, une des cinématiques du jeu fait une référence claire à la scène dans laquelle le personnage joué par Ray Liotta (Henry Hill) trouve un cadavre dans un coffre. Dans une deuxième cutscene, on voit un consigliere d’une puissante famille cuisiner en prison dans une cellule spacieuse, une autre référence à une scène culte des Affranchis. Et la personnalité du personnage principal du jeu emprunte aussi un peu à Henry, même si contrairement à ce dernier, il n’est pas entré dans la mafia par vocation. Comme Henry dans Les Affranchis, il joue en revanche le rôle du mafieux plus mesuré et malin que son acolyte Joe Barbaro, qui semble lui s’inspirer du petit nerveux bien connu de la filmographie de Scorsese, ce bon vieux Tommy DeVito interprété par l’inoubliable Joe Pesci.

Déconstruire le mythe mafieux

Mais avec son histoire de trahisons qui s’étale sur plusieurs décennies, la référence la plus évidente du jeu est encore une fois Le Parrain. Le personnage principal de Mafia II porte en effet le même prénom (Vito) que le Don Corleone joué par Robert De Niro et Marlon Brando. Mais surtout, Vito Scaletta comme Vito Corleone sont tous les deux des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, dont les parents sont des immigrés Siciliens. Et comme dans toutes les bonnes histoires de ce genre, ils gravissent tous les deux les échelons de la mafia en partant de zéro.
En 2010, avec la sortie du jeu vidéo Mafia II, la série prend la direction de New York via une nouvelle ville fictive : Empire Bay.
Empire Bay, un personnage à part entière de Mafia II
Mais à la différence du Parrain, Mafia II comme son illustre prédécesseur ne s’intéressent pas vraiment à la vie des gros bonnets de la pègre. Ce sont des jeux qui nous plongent dans le quotidien des petites frappes coincées dans l’engrenage de la mafia. Des personnages complexes ni vraiment sympathiques ni complètement antipathiques, mais toujours tourmentés. En cela, Mafia II s’inspire beaucoup des mafieux de la série HBO Les Soprano, mais aussi de ceux de l’un des premiers films de mafia de Martin Scorsese, Mean Streets. Avec l’appui de ces références et de son aîné, Mafia II a beaucoup fait pour déconstruire le mythe du malfrat à la vie trépidante voire glamour. C’est un pari très osé pour un jeu vidéo et son gameplay, mais Mafia II ne raconte en définitive rien de plus que l’histoire d’un gangster parfaitement lambda qui enfreint quotidiennement la loi simplement parce que cela fait partie d’un job d’ailleurs assez ennuyeux et répétitif.

S’affranchir du Parrain

Finalement, il a fallu attendre 2016 pour que la série s’éloigne définitivement de l’influence des films de Coppola. Et de quelle manière ! Mafia III est l’épisode qui a été le plus critiqué à sa sortie, mais il est de loin le plus fouillé, intéressant et audacieux sur le plan des influences. Pour commencer donc, exit Le Parrain. Mafia III est plutôt une sorte d’hommage vidéoludique ultime à Scorsese, et ce n’est pas pour rien s’il a donné à énormément de joueurs l’impression d’évoluer dans l’un de ses films. On retrouve d’abord l’influence prégnante des Affranchis sur Mafia III, mais il s’agit cette fois de la deuxième moitié du film, celle de la chute qui suit inévitablement l’ascension au pouvoir.
Les développeurs ne s’en cachent pas : plusieurs personnages du jeu sont inspirés de la version paranoïaque et cocaïnée d’Henry Hill. Mais l’ombre de Scorsese plane surtout clairement sur la bande-originale exceptionnelle du jeu, où l’on retrouve de nombreux standards de l’âge d’or du rock et de la soul déjà utilisés dans ses films. La couleur avait d’ailleurs été annoncée dès le premier trailer du jeu, où un meurtre était exécuté sur The House of the Rising Sun de The Animals, le morceau utilisé par Scorsese dans la scène mythique de Casino, où tous les témoins potentiels du procès des parrains de la mafia locale sont dézingués.
L’autre référence cinématographique avouée de Mafia III, c’est le film Bullitt sorti en 1968, l’année où le jeu est d’ailleurs censé se dérouler. Le long-métrage de Peter Yates est aujourd’hui moins connu pour la performance de Steve McQueen que pour sa course-poursuite à couper le souffle dans les rues escarpées de San Francisco, avec deux des voitures les plus mythiques de l’époque, la Ford Mustang et la Dodge Charger. Les développeurs de Mafia III ont voulu reproduire ces sensations dans la conduite des véhicules d’époque du jeu, dont le joueur ressent clairement le poids et l’inertie. Et que l’on active le mode « simulation » de la conduite ou pas, on a effectivement l’impression d’être dans la peau de Steve McQueen ou du cascadeur qui lui sert de doublure. Mais aussi cool soit-elle, cette petite référence n’est évidemment pas la plus centrale dans Mafia III.

Born on the Bayou

Avec cet épisode, la série change en effet surtout radicalement de cadre géographique, puisqu’elle prend la direction du Sud profond des Etats-Unis, dans une ville fictive nommée New Bordeaux, inspirée évidemment de La Nouvelle-Orléans en Louisiane. Et s’il y a bien une chose que Mafia III a réussi, c’est à créer une ambiance authentique et immersive dans cette région connue pour être une des plus pauvres du pays. Les développeurs ont fait d’importantes recherches sur place pour reconstituer les différents quartiers de cette ville marquée par la colonisation française, et célèbre pour ses bayous et ses clubs de jazz dans l’imaginaire populaire.
L’autre référence cinématographique avouée de Mafia III, est le film Bullitt avec Steve McQueen sorti en 1968, l’année où le jeu est censé se dérouler.
Il ne manque que Steve McQueen
Mais avec Mafia III, la série fait surtout son entrée dans l’une des périodes les plus tourmentées de l’histoire américaine récente : la fin des années 1960, et plus précisément la tristement célèbre année 1968, celle des assassinats de Martin Luther King et Bob Kennedy, mais aussi de la lutte des noirs pour les droits civiques et de la contestation des jeunes contre la Guerre du Vietnam. Du point de vue de la mafia, ce choix est aussi intéressant, car c’est à cette époque que l’étoile du crime organisé américain commence à pâlir, car le gouvernement s’y attaque pour de bon avec notamment le RICO Act.
En s’éloignant des deux premiers épisodes et en s’installant dans cette période aussi violente que passionnante historiquement, les développeurs de Mafia III ont fait un choix risqué mais payant. Car dans Mafia III, le contexte de l’année 1968 n’est pas qu’une simple toile de fond, il infuse tout le scénario, les relations entre les personnages et leur écriture. Certains des événements cités plus haut sont évoqués par les protagonistes que l’on croise et par les informations entendues à la radio, et il ne s’agit que de quelques exemples parmi des centaines de références à la culture populaire de cette période. Le jeu a également eu la bonne idée d’intégrer des images d’archives réelles aux plans en 3D.

Documentaire fictif

Sur le plan du scénario, Mafia III abandonne les canons traditionnels de ses deux prédécesseurs pour offrir une histoire de vendetta personnelle. Le protagoniste est en quête de vengeance pour les membres de sa famille adoptive, qui ont été assassinés par la mafia italienne. Selon les développeurs du jeu, Mafia III ne serait vraiment qu’une simple histoire de vengeance et pas un jeu dont le thème est le racisme. Le titre se distingue néanmoins par la singularité de son personnage principal dans le monde blanc comme neige du jeu vidéo. Lincoln Clay est un orphelin et un vétéran afro-américain métis de la Guerre du Vietnam, un anti-héros ultraviolent et impitoyable, mais charismatique et torturé par une histoire personnelle dramatique à laquelle s’ajoute le stress post-traumatique de la guerre. Bref, on a là simplement un personnage principal noir plutôt bien écrit, deux raretés encore aujourd’hui dans le jeu vidéo.
Pour y parvenir, les développeurs de Mafia III ont puisé leur inspiration dans des figures historiques réelles. C’est le cas notamment de Leroy « Nicky » Barnes. Surnommé « Mr. Untouchable », il était le célèbre parrain afro-américain de « The Council », une organisation spécialisée dans le trafic de drogue à Harlem dans les années 1970, avec la bénédiction et même la complicité de la mafia italo-américaine. Dans Mafia III, cette dernière est dirigée par Sal Marcano, un personnage directement inspiré de Carlos Marcello, le parrain de La Nouvelle-Orléans qui a régné près de 50 ans à partir de 1947, et qui était l’un des mafieux les plus puissants des Etats-Unis. Et puisque l’on parle des personnages secondaires et que l’on est à La Nouvelle-Orléans, on ne peut pas ne pas évoquer Cassandra, la « Voodoo Queen » qui dirige le clan haïtien et dont les croyances sont correctement traitées, assez loin des stéréotypes généralement associés à cette religion dans les jeux vidéo ou les films.
L’intrigue de Mafia III a aussi l’originalité d’être racontée sous la forme d’un documentaire contemporain fictif sur la vie de Lincoln Clay, dans lequel plusieurs personnages témoignent. L’idée de ce procédé vient d’un vrai documentaire sorti en 2006 et qui est construit de la même façon : Cocaine Cowboys. Ce film s’intéresse au célèbre trafiquant de drogue de Miami Jon Roberts, qui a aussi raconté sa vie complètement dingue dans un livre intitulé American Desperado, une autre source d’inspiration du jeu pour donner du corps à ses gangsters.
Avec le jeu vidéo Mafia III, la série prend la direction du Sud profond des Etats-Unis, dans une ville fictive nommée New Bordeaux, inspirée évidemment de La Nouvelle-Orléans en Louisiane
Bienvenue à New Bordeaux

Racisme systémique

Très critiqué à sa sortie pour la répétitivité de son gameplay, son monde ouvert imparfait et ses nombreux bugs, Mafia III commence aujourd’hui à être reconnu comme un titre pionnier dans la représentation du racisme dans les jeux vidéo, car il est l’un des rares à montrer frontalement les discriminations et les violences subies par les noirs aux Etats-Unis. Mais compte tenu de la sensibilité du sujet abordé par le jeu, les développeurs de Mafia III craignaient plus que tout de se planter sur ce point. C’est pour cette raison qu’ils ont sollicité l’avis de l’équipe de doublage majoritairement noire, afin de s’assurer que ce que montre le jeu est bien conforme aux situations vécues dans la réalité.
Pour reconstituer le contexte délétère de l’époque de la façon la plus authentique possible, les développeurs ont aussi mené des recherches importantes et se sont notamment intéressés au documentaire suédois Black Power Mixtape 1967-75, perdu dans des archives pendant 30 ans, et dans lequel sont interviewées plusieurs grandes figures du mouvement Black Power comme Angela Davis, Eldridge Cleaver, Bobby Seale ou Stokely Carmichael. Mais ce n’est pas le seul documentaire à avoir été montré lors de séances de visionnages pour l’ensemble du studio. Les développeurs de Mafia III évoquent ainsi souvent le documentaire historique Take This Hammer, diffusé en 1964, et dans lequel on suit l’auteur et activiste noir James Baldwin, montrant ce que vivent les afro-américains au quotidien à l’époque. Il faut enfin ajouter l’incroyable Skies of Mississippi, dans lequel on apprend que cet Etat du sud a infiltré le mouvement des droits civiques pour perpétuer la ségrégation raciale.
Mafia : Direction le Sud profond des Etats-Unis, dans la ville fictive nommée American Gangster, inspirée évidemment de La Nouvelle-Orléans en Louisiane.
American Gangster
Dans Mafia III, le racisme systémique subi par les afro-américains et la ségrégation implicite qui sévit encore dans le Sud du pays sont constamment illustrés par les situations vécues par Lincoln Clay, et ils font partie intégrante du jeu. Par exemple, quand Lincoln arpente un quartier blanc et riche, il est marqué de très près par la police voire la population, et il est régulièrement insulté avec le n-word. À l’inverse, lorsqu’il se trouve dans une zone plus pauvre, la police est plus lente à intervenir. Ces petits détails ont été inspirés par une interview donnée à Playboy en 1968 par le joueur de NFL Jim Brown, dans laquelle il raconte avoir été arrêté dans le sud par la police parce que sa voiture aurait envoyé de la boue sur des blancs, et être sorti de cette mauvaise situation seulement parce qu’un des agents l’a reconnu. Les rapports entre la police du jeu et son héros sont d’ailleurs tellement tendus que la scène d’introduction devait au départ montrer Lincoln tuer un policier après avoir été agressé par la mafia locale, une scène ultra-violente et potentiellement explosive finalement coupée.
L’omniprésence du racisme dans Mafia III – un thème déjà présent de manière beaucoup plus diffuse dans Mafia II – a obligé les développeurs à s’en expliquer dès le lancement du jeu via un avertissement. Ils écrivent à juste titre que si le racisme visible dans le jeu est évidemment insupportable, il était nécessaire de l’inclure afin de créer une expérience aussi crédible que possible. Ils ajoutent également à raison qu’occulter cette facette honteuse de l’histoire américaine aurait été insultant pour toutes les victimes de racisme. Ce choix a été largement salué, et rétrospectivement, il est ce qui fait aujourd’hui de Mafia III un jeu beaucoup plus important et d’actualité que beaucoup ne le réalisaient en 2016. Mais il ne faut pas oublier qu’au moment de sa sortie, Mafia III a provoqué la colère d’une certaine frange des joueurs, parce qu’il avait l’audace de s’intéresser à des criminels noirs plutôt qu’à la mafia italienne, et même l’outrecuidance d’avoir un personnage principal afro-américain.
Au moment de sa sortie, le jeu vidéo Mafia III a provoqué la colère d’une certaine frange des joueurs, parce qu’il avait l’audace de s’intéresser à des criminels noirs plutôt qu’à la mafia italienne.
Ceci n’est pas pour les enfants
We’re not going to Vegas, baby
Pourtant, malgré des ventes importantes, Mafia III a été considéré à tort comme un coup d’arrêt pour la franchise. Une suite qui ne manquait pas d’attrait a pourtant été envisagée un temps. Ce Mafia IV hypothétique aurait dû prendre place dans le Las Vegas des années 1970, avec comme inspiration principale le Casino de Martin Scorsese, encore lui. Si ce projet a bel et bien été abandonné, on ne peut que le regretter, et se demander si le remake certes bienvenu du premier Mafia et le pack Trilogy sont réellement les seules perspectives d’avenir de la série.
Les jeux comme Mafia ne sont certes pas les plus populaires aujourd’hui, mais ils ont toujours été dotés d’une ambition narrative et d’une ambiance parmi les meilleures jamais offertes dans l’histoire du jeu vidéo. Et même si leurs références n’ont pas forcément toujours été d’une grande originalité, ils ont eu le mérite de proposer des expériences qui s’adressent réellement aux adultes. Il faut aussi prendre en compte leurs vertus éducatives pour les nombreux joueurs, qui ont pu découvrir par leur biais des œuvres majeures et des périodes plus ou moins sombres de l’histoire américaine, le tout en démystifiant l’image faussée des gangsters souvent véhiculée par la culture populaire. Peu de jeux peuvent se targuer d’un tel bilan. La série Mafia n’est pas et ne sera jamais GTA, mais elle n’est pas moins importante pour autant.
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