Portrait du pilote F1 néerlandais Max Verstappen dans une monoplace Red Bull.
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Junior Formula Series

Max Verstappen : l'éphémère passage en Formule 3

Sept. C'est le nombre de mois qui ont suffi à Max Verstappen pour signer dix victoires en Formule 3 et décrocher un premier contrat en F1. Retour sur une année de formation express sans CPF.
Écrit par Etienne Caillebotte
Temps de lecture estimé : 7 minutesPublished on
Pour dépeindre et condenser des années de rivalité et d'inimité entre pilotes, une séquence suffit. L'accrochage entre Max Verstappen et Esteban Ocon dans le « S do Senna » du circuit d'Interlagos l'illustre. C'est la fameuse « image qui vaut 1000 mots ». La preuve visuelle que les deux hommes, qui bataillent roue contre roue depuis toujours, ne se céderont jamais le moindre millimètre. Ni hier, ni aujourd'hui, ni demain.
Nous sommes le 11 novembre 2018, lors du 44e tour du Grand Prix du Brésil. Le pilote français, relégué à un tour du leader, espère capitaliser sur ses gommes neuves pour se dédoubler. Max Verstappen résiste, puis ferme la porte. L'accrochage est inévitable. Parti en tête-à-queue et endommageant le fond plat de la RB14, le Néerlandais n'a pas le temps d'adresser un geste d'humeur qu'il s'est déjà fait dépasser par Lewis Hamilton. La victoire lui échappe mais plus que l'incident de course, c'est la confrontation entre les deux hommes qui fait le tour du monde. Furieux, Verstappen bouscule et invective Ocon dans le parc fermé, sans que ce dernier réagisse. L'écart de comportement lui vaut une convocation chez les commissaires, deux jours de TIG et une jolie polémique. « Ce n’est pas une bagarre, je l’ai juste poussé, juge le pilote Red Bull. Si ça avait été une bagarre, on se serait donné des coups ».

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« Nous n'approuvons pas la violence, mais il faut comprendre la vive émotion quand on est privé d'une victoire, tempère Christian Horner. Ces compétiteurs ont des réactions humaines. Et parfois, ça déborde ». Le directeur de Red Bull Racing le sait : l'ambiance est devenue particulièrement électrique car l'incident implique des rivaux de longue date. Deux cracks qui, quatre ans plus tôt, bataillaient en Championnat d'Europe de Formule 3 pour se frayer un chemin jusqu'au pinacle du sport automobile. « Il y a plein de fois où ça a été super chaud, se souvient le Français dans les colonnes de l'Equipe. On se touchait, ça se jouait à rien, c'était un coup lui et un coup moi ».
Cette année-là, avantage Ocon qui décroche le titre avec 67 points d'avance sur Verstappen, troisième au général. Mais paradoxalement, c'est le rookie néerlandais qui est titularisé en F1 la saison suivante, à seulement 17 ans. Retour sur une saison folle qui lui a permis de griller la priorité à toutes les étoiles d'une génération dorée.
Max Verstappen et Esteban Ocon sur le podium  Championnat d'Europe de Formule 3 de la FIA à Imola.

Max Verstappen et Esteban Ocon : une rivalité ancienne

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Quotation
« Je pense qu'il est plus dangereux de faire du vélo en ville que de courir en F1 »

Baptême du feu

Début 2015, quand pilotes, managers d'équipe et observateurs se demandent s'il est bien raisonnable de titulariser un adolescent sans permis de conduire, Max Verstappen martèle qu'il est prêt. « C'était plus compliqué pour moi de passer du karting à la F3, plaide-t-il auprès de la BBC. Je ne suis pas inquiet, les monoplaces sont vraiment sécurisées. Je pense qu'il est plus dangereux de faire du vélo en ville que de courir en F1 ». L'étape la plus difficile de sa carrière est derrière-lui, pense-t-il.
C'était à Pembrey en août 2013. Il pleuvait ce jour-là et son père Jos peinait à cacher son stress. Sans doute parce que c'était la première fois qu'il perdait le contrôle, qu'il n'était plus « son mécanicien, son sponsor, son entraîneur, son confident ». « Jos était vraiment nerveux, il faisait les cent pas, ce qui est inattendu [de sa part] » se souvient Tony Shaw, propriétaire de l'écurie Manor MP Motorsport et hôte du jour. Pas forcément plus à l'aise, le fils n'a besoin que de quelques tours pour s'acclimater à la voiture, jusqu'à flirter avec les limites. « C'est complètement différent du karting. La pédale de freinage, l'accélérateur, la manière dont vous êtes assis dans la voiture, la vue... Mais dès le début, nous étions assez rapides » rembobine-t-il.
Déjà, ses capacités en piste impressionnent les spectateurs l'observant en bord de piste. Dans son livre « Max Verstappen : The Inside Track on a Formula One Star », le journaliste James Gray raconte : « Max a étonné les mécaniciens de Manor. Au bout d'une demi-heure, alors qu'il était censé y aller mollo, il a mis les gaz. En se basant sur leurs données, l'équipe estimait qu'un bon tour sur le mouillé tournait autour de 58 secondes. À la fin, Max claquait des tours en 56,1 secondes. » Même souvenir pour Tony Shaw, qui espère l'enrôler la saison suivante. « Nous nous plions en quatre pour l'avoir dans la voiture. Il était réceptif, c'était très facile de travailler avec ce gamin. Mais ils estimaient qu'il n'avait pas besoin d'aller en Formule Renault. »
Le pilote automobile néerlandais Max Verstappen a intégré le Red Bull Junior Team en août 2014.

Max Verstappen intègre le Red Bull Junior Team en août 2014

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Une histoire de famille

Si le chemin n'est pas encore tout tracé, le pater familias a, en effet, de plus grandes ambitions pour son fils, tout juste auréolé de titres continentaux et mondiaux en karting : le Championnat d'Europe de Formule 3. A Noël, il l'emmène tester une F3 allemande alignée par Team Motopark sur le circuit de Valence. Ce jour-là, une vieille connaissance de la famille l'observe : Frits van Amersfoort, propriétaire de l'écurie éponyme qui a lancé Jos en 1992. Et lui non plus n'en croit pas ses yeux. « Lorsqu’un jeune fait de belles choses comme Max, vous êtes au courant, rappelle-t-il à AutoHebdo. Dans un petit pays comme les Pays-Bas, tout le monde se connaît, encore plus dans un univers professionnel comme celui de la course. Nous l’avons rencontré pour la première fois en personne au mois de février 2014. Connaissant la famille Verstappen, nous voulions l’avoir dans notre écurie dès le départ ».
Soutenu par plusieurs entreprises néerlandaises, dont la chaîne de supermarchés Jumbo, Max s'engage dans le championnat de Formule 3 dans une modeste écurie qui s'est classé septième l'année précédente. En amont, il signe un passage remarqué aux Florida Winter Series, compétition chapeauté par Ferrari, où il remporte deux courses et joue des coudes avec d'autres talents de sa génération comme Lance Stroll, Nicholas Latifi ou Raffaele Marciello, champion de F3 en titre. Au printemps 2014, ses capacités hors normes ne font plus aucun doute. « Je savais qu'il était de loin le meilleur espoir, se souvient Trevor Carlin, propriétaire de l'écurie éponyme très performante dans les formules de promotion. J'ai parié qu'il deviendrait pilote de F1 dans les trois ans alors qu'il n'avait même pas fait une seule course en monoplace ».
Max Verstappen remporte la course du Championnat d'Europe de Formule 3 2014 à Hockenheim.

Victoire à Hockenheim

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Duel en coulisses entre Red Bull et Mercedes

Dans un championnat relevé et sans aucune expérience, il décroche sa première victoire dès la sixième course à l'Hockenheimring. Mais c'est en enchaînant six victoires d'affilé à Spa-Francorchamps et au Norisring qu'il s'impose comme le pilote à suivre, au même titre qu'Esteban Ocon, déjà bien établi en formules de promotion et membre du Lotus Junior F1 Team. Il est d'ailleurs surprenant, à ce stade, que Max Verstappen ne soit associé à aucun programme de jeunes pilotes. L'erreur est rapidement corrigée. En coulisses, Mercedes s'active pour convaincre le père Jos et l'agent Raymond Vermeulen. Le deal : une année supplémentaire en F3 dans l'écurie dominante : Prema Powerteam. Red Bull, qui le suit depuis 2010, a le dernier mot : Max Verstappen rejoint le Red Bull Junior Team aux côtés de Pierre Gasly, Carlos Sainz Jr et Alex Lynn et sera titularisé dès la saison suivante au sein de la Scuderia Toro Rosso.
Le pilote Max Verstappen sera titularisé au sein de la Scuderia Toro Rosso lors de la saison 0215 du championnat du monde de Formule 1.

Max Verstappen intègre la Scuderia Toro Rosso dès 2015

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Pour s'attirer les faveurs du prodige et convaincre le père, qui concède dans la presse que « le train de la F1 ne passe qu'une fois », les têtes pensantes de l'écurie autrichienne profitent d'un vide juridique. Rien dans le règlement de la FIA n'interdit, à l'époque, d'aligner un pilote aussi jeune s'il remplit toutes les conditions. Un pari fou d'Helmut Marko, impressionné par la maturité et l'aisance en piste de son poulain sans permis de conduire qu'il compare volontiers à Ayrton Senna. « Max avait 16 ans à l'époque, donc c'était assez osé, admet Christian Horner. Mais j'étais tout à fait d'accord avec [Helmut Marko] et j'ai senti qu'il était capable de le faire. Beaucoup de gens doutaient qu'il soit capable de faire le grand saut en F1. Mais c'était un pilote avec de telles capacités, il y avait quelque chose d'unique en lui. » Assez unique, en effet, de croire qu'il est plus dangereux de rouler à vélo qu'en F1. Et révélateur du champion qu'il peut devenir.

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Max Verstappen

Né pour être rapide, Max Verstappen, fils du pilote de Formule 1 Jos Verstappen, est le champion du monde de F1 en titre.

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