Feel the magic in the air
© Maria Jose Govea
Vie nocturne

On a réuni vos meilleurs souvenirs de festivals

Alléluia : les festivals reviennent, comme autant de machines à créer des souvenirs. On vous a donc demandé de nous raconter celui qui vous a le plus marqué, en attendant le prochain.
Écrit par Red Bull France
Publié le
Un DJ se produit devant le public d'un festival de musique Red Bull.
Disque de platines

Fabien*, 31 ans, Mysteryland

“C’était pour un enterrement de vie de garçon (EVG). Mes potes m’avaient emmené à Amsterdam. On était 13, c’était un joyeux bordel. Où qu’on aille, dans les bars, dans les boîtes, dans l’auberge de jeunesse, à vélo dans la ville, on faisait un bruit pas possible, on nous voyait arriver à des kilomètres. On s’est perdus un nombre de fois incalculable mais on se marrait tellement, c’était une folie.
Ce n’était pas un EVG de films américains, on a passé des heures à chiller dans un parc à faire du frisbee en picolant tranquille. Puis, le samedi, ils ont commencé à me coller des sapes pourries, à me dire de me préparer psychologiquement et ils ont fini par me faire monter dans un bus qui sortait de la ville. On avait des gourdes et des Red Bull. Ils n’arrêtaient pas de me dire : “Chauffe-toi gros, chauffe-toi, ça va être n’imp !” J’étais excité mais ils commençaient à me faire stresser de fou.
La foule se masse devant un artiste pendant un festival de musique.
Le monde d'avant et d'après à la fois
Il y avait des milliers de personnes, des scènes de tarés, dont une en forme de tête de diable, je ne l’oublierai jamais
Fabien
A chaque arrêt du bus, je voyais des gens chelous monter, avec des costumes genre néohippie, des déguisements, des groupes sapés tous pareils. Nous, on avait tous un même t-shirt bleu avec une connerie écrite dessus. Le bus finit par s’arrêter pour de bon et mes doutes se confirment. Ces barjos m’avaient emmené dans un endroit dont je n’avais jamais entendu parler qui s’appelle Mysteryland, l’un des plus vieux festivals électroniques du monde. Je n’avais jamais foutu un pied dans un festival donc j’ai halluciné : il y avait des milliers de personnes, des scènes de tarés, dont une en forme de tête de diable, je ne l’oublierai jamais. Il paraît qu’il y avait Carl Cox quelque part mais on l’a jamais trouvé. Ah, et ils m’ont fait faire un saut à l’élastique, depuis une grue installée sur le site.
Après, on est passés de scène en scène pendant des heures, je ne voyais plus le temps passer. On se tenait par la main ou on se surveillait du regard. Même quand on allait pisser, on y allait en team pour ne pas se paumer. On était en fusion, on était 13 mais on était un. Mais le plus fou, c’est quand on est arrivé devant la main stage. Il y avait un monde de dingue, l’ambiance était incroyable et à un moment, je me suis envolé. J’étais là, avec mes meilleurs potes, en train de kiffer (on m’a dit après que c’était Showtek sur scène), il n’y avait plus d’EVG, plus de boulot à reprendre le lendemain, j’étais juste un corps qui dansait au rythme d’une basse qui faisait trembler le sol, devant des flammes qui jaillissaient de la scène. Je ne déconne pas, il y avait des vrais jets de flammes.
Je crois que le meilleur, c’était surtout de voir mes potes danser. Je ne sais pas pourquoi mais ils me faisaient tous trop rire. Ce ne sont pas tous des clubbeurs, loin de là, donc tu avais ceux qui étaient en plein délire et ceux qui vivaient ça pour la première fois. Je pense qu’ils ont autant kiffé cet EVG et ce festival que moi.”

Ginnie, 30 ans, Main Square Festival

“C’était en 2013, au Main Square Festival, à Arras. Le grand événement, c'était un concert de Green Day, et forcément, c'était la folie dans la fosse en attendant. Le groupe a une tradition : avant chaque concert, la dernière chanson d'ambiance diffusée avant qu'ils ne montent sur scène, c'est “Bohemian Rhapsody” de Queen. Sauf qu’à l'époque, je ne le savais pas, vu que c'était la première fois que je les voyais. Du coup, j’ai complètement halluciné quand j’ai vu plusieurs dizaines de milliers de personnes reprendre la chanson en chœur.
Le public danse pendant le concert d'un artiste lors d'un festival de musique.
Un homme vient de recevoir sa première dose, sauras-tu le retrouver ?
La première partie du morceau, c'était super émouvant, forcément. Et puis le moment où ça explose, ça a aussi explosé dans la fosse. Les bières qui volent, tout le monde qui saute dans tous les sens, qui danse ensemble, on s'accroche les uns aux autres. Une espèce d'immense moment de convivialité ! C’est trop beau, ça te met dans l'ambiance juste avant le show.
Je me suis retrouvée bras dessus bras dessous avec un Brésilien et une Hongroise… Ça m’a fait le même effet qu’un Red Bull, un vrai plein d’énergie avant le concert.
Ginnie
Il faut imaginer qu'à ce moment-là, ça chante de partout, y compris dans les chiottes du festival, les techniciens en haut des tours, les mecs de la buvette… C'est “La Marseillaise” à la Coupe du monde mais en mieux. Il y a un côté universel : tout le monde connaît “Bohemian Rhapsody”, et au Main Square, il y a des gens qui viennent de plein de pays différents. Je me suis retrouvée bras dessus bras dessous avec un Brésilien et une Hongroise… Ça m’a fait le même effet qu’un Red Bull, un vrai plein d’énergie avant le concert. Et la légende raconte que ça s'entendait à plusieurs kilomètres à la ronde.”

Jérôme, 26 ans, Festival des Vieilles Charrues

“C’était en 2012 aux Vieilles Charrues. Il faisait un temps de ouf, j’étais avec des potes, on était surtout venus voir du rock mais on s’est retrouvé devant le concert de Youssoupha en plein après-midi. Je ne connaissais pas trop sa musique même si mon coloc de l’époque m’en parlait tout le temps et écoutait son album à fond dans sa chambre.
Des personnes assistent à un concert de musique pendant un festival.
Les lumières de la vie
J’avais l’impression que la plupart des gens attendaient la suite mais le gars n’a rien lâché, il a ambiancé la foule. A chaque titre, ça montait en pression, puis il a lâché un morceau qui s'appelle “Viens”. Je m’en souviens très bien parce que, derrière, je l’ai écouté des centaines de fois, peut-être des milliers.
Bref, il lâche “Viens”. Il était tellement chaud avec son backer, je me souviens d’avoir eu la sensation que la foule s’est mise à bouger comme un seul homme. Je regardais autour de moi, il y avait des bras en l’air de partout, ça bougeait la tête, ça dansait à fond avec un mélange de kiff et de léger malaise. Ça chantait le refrain parce que personne ne connaissait trop les paroles, j’ai compris que je n’étais pas le seul à ne jamais l’avoir entendu avant ce jour-là.
Une spectatrice apprécie le concert d'un artiste pendant un festival de musique.
Panoramix a donc fini par lâcher le secret de la potion magique
J’ai traîné mes pompes dans pas mal de festivals et ce truc-là, ça arrive peu. Les mecs capables d’ambiancer un public de gens qui ne sont pas fans, c’est rare, ce n’est pas donné à tout le monde. Je vous souhaite à tous de vivre un truc comme ça parce que c’est unique : l’artiste te rentre dans la tête. Je suis devenu fan de Youssoupha, j’ai découvert son univers, j’ai appris qu’il était du 95 alors que j’habitais à Cergy à l’époque. Cette expérience m’a aussi ouvert au rap, j’en écoute beaucoup plus maintenant. Voilà pourquoi on va en festival : pour découvrir des artistes, pas juste écouter encore et encore ce que tu t’envoies tout le reste de l’année. Bref, faites des festivals !”
Il est plus que temps de partir se fabriquer de nouveaux souvenirs !
Jérôme
C’est probablement ce qui nous a le plus manqué depuis un an : partir entre potes en festival. Après un été 2020 frustrant, on a presque perdu l’habitude d’aller s’égarer dans ces bulles de musique propices à toutes les rencontres et découvertes, culturelles ou amicales, toujours festives. Et puis ces sensations oubliées : danser en sentant l’énergie de milliers de personnes autour de soi, vibrer sur une basse énorme qui résonne dans le corps, le frisson de voir arriver sur scène son artiste préféré… Il est plus que temps de partir se fabriquer de nouveaux souvenirs !
* Le prénom a été changé