Un monde de jeu bien designé peut transformer un titre moyen en un jeu qui mérite le détour, et transformer un bon jeu en une expérience vraiment mémorable. Même ceux avec une intrigue très simple peuvent tirer profit d’un lieu incroyable avec une toile de fond profonde. En enrichissant le monde qui entoure le joueur, un jeu peut augmenter votre sentiment d’immersion et vous intéresser réellement à ce qui arrive à ses habitants.
Avec les tonnes de jeux qui nous offrent de nouveaux mondes à explorer, les destinations classiques du passé semblent assez datées aujourd’hui. Mais même si le jeu vidéo et les graphismes sont passés à autre chose, il y a chez ces vieux univers quelque chose de vraiment spécial qui fait qu’on a envie d’y retourner.
On a donc décidé de passer en revue certains de nos univers de jeu préférés où on aimerait retourner. Espérons qu’ils aient droit à un lifting graphique et qu’ils apparaissent dans un nouveau jeu pour que le voyage soit parfait.
L'Ur-Quan Hiérarchie (Star Control II)
Même si les confins de l’espace ont été explorés auparavant dans différents jeux, aucun n’avait un univers aussi riche que Star Control II. Avant des jeux comme Elite : Dangerous ou Mass Effect, Star Control II tissait une histoire de guerre extraterrestre et de rébellion dans un empire galactique fascinant.
Les UR-Quan sont d'une ancienne race extraterrestre. Elle a créé un vaste empire grâce à des invasions et des conquêtes. Comme ils ont peur que cet empire chute, les UR-Quan offrent aux mondes conquis le choix entre devenir soldats (esclaves de combat) ou « esclaves en jachère ». Les vaincus abandonnent la navigation spatiale et servent de dépôts de ravitaillement pour l’Empire en échange de la protection d’un bouclier impénétrable.
Le jeu d’origine intégrait de la diplomatie et du commerce en plus des combats stratégiques. Ces possibilités de gameplay méritent bien d’être explorées à nouveau. Mais cacher les planètes derrière un bouclier était autant justifié par les limitations techniques que par le gameplay. Un remake moderne pourrait nous permettre d’explorer les mondes extraterrestres, plutôt qu’une simple base spatiale située à proximité. Et il pourrait rivaliser avec des jeux comme Mass Effect pour les fans de sci-fi.
The Sword Coast (Baldur’s Gate)
Les titres Baldur’s Gate et Icewind Dale de BioWare n’étaient pas les premiers jeux à se situer dans les Royaumes oubliés, ni les derniers. Mais ils faisaient partie des meilleurs, et ils étaient sans doute ceux qui exploitaient le mieux cet univers.
Et quel univers ! Les Royaumes oubliés ont été perfectionnés au fil des années du jeu de rôle sur table, pour devenir le monde de jeu principal des aventures officielles Donjons et Dragons. Au fil du temps, les aventures que ces joueurs évoquaient (en plus des personnages qu’ils jouaient et des objets magiques qu’ils créaient) sont devenues une partie des légendes et du lore des Royaumes. Ça a donné un univers beaucoup plus riche et décalé, qui n’aurait pas pu être créé par une seule personne. Si on avait la possibilité d’y revenir et d’explorer les Royaumes dans un vrai RPG en monde ouvert comme Skyrim ou Legend of Zelda: Breath of the Wild, on dirait oui tout de suite
L’Atlantide (Indiana Jones et le Mystère de l'Atlantide)
L’un des meilleurs jeux liés à un film avait un endroit qui n’apparaissait dans aucun des films : la cité perdue de l’Atlantide. Le jeu d’aventure point-and-click culte de LucasArts embarque un Indiana Jones pixellisé pour l’une de ses nombreuses aventures de globe-trotter, comme il les adore depuis toujours. L’intrigue du Mystère de l'Atlantide est assez basique pour un aventurier chevronné comme Indy. Mais il y a une exception notable : la vraie cité de l’Atlantide. La cité perdue qu’Indy et sa camarade recherchent est un endroit magnifique (bien que quelque peu décrépit), riche en architecture étrange et en machines ingénieuses. Elle était superbe avec les graphismes VGA du milieu des années 1990, alors imaginez-vous en train d’explorer une version entièrement en 3D avec les technologies d’aujourd’hui.
L’Ancienne République (Star Wars: Knight of the Old Republic)
George Lucas a essayé de creuser dans l’histoire de l’univers Star Wars avec les trois films de la prélogie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat est mitigé. Mais pour ce qui est de l’histoire ancienne des Jedi, le Knights of the Old Republic de BioWare avait bon sur toute la ligne.
Dans les films et dans la plupart des jeux qui y sont liés, les Jedi et leurs ennemis jurés (les Sith) sont des forces du passés, et ils sont même considérés comme des légendes lorsque commence la trilogie principale. Mais l’univers de The Old Republic prend place 3600 ans avant les événements de Star Wars, à une époque où les Jedi et les Sith s’affrontaient à une échelle galactique et florissaient en nombre.
Cet univers plus ancien a aussi permis aux designers d’avoir les mains beaucoup plus libres pour enrichir l’univers de Star Wars et le remplir de personnages fascinants et d’environnements uniques. Disney a pris la décision d’effacer l’essentiel de l’univers de l’histoire officielle de Star Wars, ce qui est vraiment dommage. Mais il y a encore la place pour que The Old Repuclic existe dans l’univers officiel de Star Wars. Espérons que Disney a prévu de reprendre les titres KotOR cultes et de les étendre encore davantage, en les intégrant dans la nouvelle histoire qu’ils sont en train d’écrire.
Les terres interdites (Shadow of the Colossus)
Oubliez les colosses, la vraie star de ce jeu était le décor sombre mais qui suscitait l’admiration. Malheureusement, la PS2 n’était pas capable d’afficher une grande partie du monde à la fois, ce qui explique pourquoi les tours décrépites et les ruines du jeu sont entourées d’une brume. De la même façon, la palette de couleurs est limitée. Et même si la direction artistique exploite à fond ces limitations, une suite next-gen pourrait ajouter des détails et peut-être même quelques habitants en dehors de vous, de votre fidèle cheval et de ces fameux colosses. Ce monde envoûtant mérite d’être davantage exploré.
Le Système Lylat (Star Fox 64)
Ça fait 20 ans que Fox McCloud s’est envolé dans l’espace sur Nintendo 64 avec son équipe d’animaux pilotes sans foi ni loi. Et on n’a pas vraiment appris grand-chose sur eux en deux décennies ! Malgré quelques jeux sortis depuis mais qui se concentraient uniquement sur le combat, on n’a jamais eu l’occasion de voir l’essentiel du reste de cet univers.
Le hérisson plombier, le suricate qui travaille à l’urbanisme et les pangolins qui rêvent d’écrire un roman… Attendez, quoi ? Bon d’accord, on délire. Mais il n’en demeure pas moins que c’est un univers de jeu potentiellement fascinant et propice à l’exploration avec des tonnes de planètes à découvrir. Pourquoi restreindre l’action des jeux à l’intérieur d’un vaisseau spatial qui fait des tonneaux, surtout maintenant qu’on sait comment designer correctement la fourrure ?
Les Swinging Sixties (No One Lives Forever)
Un moteur graphique médiocre (mais correct pour l’époque) et des wireframes grossiers n’ont pas empêché No One Lives Forever d’exploiter à fond son ambiance 60’s à la Austin Powers. Les personnages étaient réussis, de la groovy Cate Archer en combinaison aux méchants qui portaient des fez. Et les gadgets d’espion étaient dingues comme il fallait (un robot caniche, des pantoufles de furtivité, du rouge à lèvres explosif). Mais dans son ensemble, l’univers du jeu manquait de détails.
C’est dommage, car on tuerait (avec un silencieux) pour voir les décors du jeu avec les bons détails adaptés à la période. Par exemple, du papier peint à fleurs, des meubles rétro-modernes (surtout ces grands sièges qui ressemblent à une moitié de balle de ping-pong géante) et des PNJ en arrière-plan avec un style personnel pour aller avec les scènes d’espionnage démentes qui se déroulent au premier plan... Mais il n’y a pas que les graphismes qui ont besoin d’une mise à niveau. C’est tout cet univers funky qui pourrait être encore enrichi. Et une suite moderne à NOLF pourrait nous permettre de voir tout ça.
Termina (The Legend of Zelda: Majora’s Mask)
En faisant passer Majora’s Mask dans une version alternative de l’univers habituel de Zelda (Hyrule), Nintendo nous permet de voir une version parallèle de cette terre. C’est un Hyrule transformé par la technologie et l’industrie, et divisé entre différentes factions régionales. On explorait ce Termina dans la suite d’Ocarina of Time, sauf qu’on n’y est jamais revenu depuis.
Entre les terres gelées du Pic des Neiges et les rues obsédées par le temps de la capitale (Bourg-Clocher), Termina est un endroit fun et parfois effrayant. Dans quel autre endroit de la série Zelda peut-on entendre quelqu’un jouer dans un groupe de prog-rock teinté de jazz ? Ce monde tordu est idéal pour raconter toutes sortes d’histoires, si seulement Nintendo nous permettait d’y retourner. On aimerait bien que Termina passe au lifting, à la Breath of the Wild. Ça nous permettrait d’explorer chacun de ses coins et recoins étranges en HD.
Xen (Half Life)
Ha, Xen. Le premier Half-Life était révolutionnaire par ses décors variés et ses puzzles liés à l’environnement. Mais l’étrange monde extraterrestre de Xen a toujours fait un peu tâche.
Après avoir bataillé pour sortir du complexe de Black Mesa avec sa configuration designée logiquement et ses détails reconnaissables, vous vous retrouvez soudainement… Dans un jeu de plateforme bizarre ? Le monde extraterrestre de Xen devait passer pour une bonne idée à l’époque, mais sa réalisation le rendait faux et gadget par rapport au reste du jeu. Il ressemblait à un jeu Mario à la première personne, situé dans un monde extraterrestre qui ne fonctionnait tout simplement pas.
Mais Xen est un endroit intéressant, et si la planète apparaissait dans le bon jeu, on pense qu’il pourrait être très fun d’explorer ses paysages irréels et sa faune étrange, sans parler de ses lois physiques délirantes. Même si elle est l’un des univers les plus détestés du jeu vidéo, la planète Xen de Half-Life a été freinée par les technologies de l’époque. Un remake sur les machines actuelles pourrait en faire le vrai monde extraterrestre qu’elle devait être. D’ailleurs, l’équipe qui a remasterisé Half-Life avec les standards actuels (Black Mesa) a laissé de côté Xen quand le mod est sorti. Sa version améliorée du monde extraterrestre ne devrait sortir qu’à la fin de l’année.
Hammerfell (The Elder Scrolls: Daggerfall)
On a fait quelques petites excursions dans ce désert et cette région montagneuse dans les jeux The Elder Scrolls. Mais la patrie de ces Rougegardes susceptibles mais très utiles mérite la même profondeur que celle accordée à Skyrim, qui est de taille similaire.
Mais là où Skyrim est plein de glaciers, de blizzards et de trolls de glace à éviter, Hammerfell est une terre où vous feriez mieux d’avoir une potion ou deux pour résister aux coups de soleils. Il y a des déserts et des régions montagneuses, mais aussi des côtes ensoleillées qui cachent de vrais pirates comme vous les aimez, avec des foulards, des boucles d’oreille dorées et de grands couteaux. C’est un monde intéressant avec des tonnes de possibilités, donc on aimerait bien que le prochain jeu The Elder Scrolls de Bethesda aille dans cette direction pour nous donner de nouveaux défis à relever.