Max Verstappen au GP du Bahreïn 2021© Red Bull Content Pool
F1
La brève histoire des messages radio en F1
Diffusion, limitation, interdiction : depuis leur introduction en Formule 1, les messages radios n’ont jamais cessé d’alimenter les débats dans le paddock. On revient sur certains d'entre eux.
Écrit par Red Bull France
Publié le

La (courte) limitation des messages radios

Nous sommes au Grand Prix d’Australie, le 20 mars 2016, quand un intrigant message à destination de Sebastian Vettel apparaît sur un panneau de Ferrari depuis les stands : 3.2-LFS6-P1. Impossible à déchiffrer sur le moment, la Scuderia est appelée à donner des explications à la FIA sur cet étrange code. Quelques jours plus tard, la fédération décharge l’écurie italienne de tout manquement au règlement qui stipule que « le pilote doit conduire la voiture seul et sans aide », et qui limite, depuis la saison 2015, les communications des stands vers la voiture, que ce soit par radio ou panneau.
« Nous pensons qu’un pilote doit piloter seul. On ne doit pas lui dire comment prendre tel virage ou telle corde. À lui de décider et pas à son équipe », déclarait Charlie Withing, alors directeur de course de la FIA, pour expliquer cette mesure qui allait secouer le monde de la Formule 1.
Pierre Wache, ingénieur en chef chez Red Bull Racing, et Christian Horner, team manager, observent depuis les stands, lors des d'essais de la saison F1 2021 sur le circuit de Bahreïn.
Christian Horner, à l'écoute
« On va forcer les équipes à trouver d’autres artifices, des codes, que les fans ne comprendront pas. Les équipes trouveront un moyen de communiquer avec leurs pilotes et faire passer leurs messages d’une manière ou d’une autre », s’exprimait notamment l’ancien pilote, David Coulthard.
Pour l’ancien pilote et directeur de course Mika Salo la règle était alors difficile à faire respecter : « Nous allons bien voir quel genre de bordel [sic] cela va mettre. » La phrase est forte mais elle est pertinente, puisque la FIA doit, dès le Grand Prix de Singapour de 2014, détailler la liste des messages autorisés et interdits pendant les week-end de course et surveiller scrupuleusement chaque conversation entre les écuries et leurs pilotes pour s’assurer qu’aucun message interdit ne soit transmis sous forme d’un code quelconque.
Oui, le travail est titanesque, d’autant plus que la liste de ces messages est exhaustive et qu’elle ne cesse de changer. La situation mène a des situations ubuesques, comme quand Nico Rosberg demande à son ingénieur s’il est "autorisé" à lui donner le temps de son coéquipier. Pour mettre un terme à des mois de d’imbroglio et de colère, la FIA décide, en juillet 2016, que cette règle ne s’appliquera plus qu’au tour de formation.

Diffuser ou ne pas diffuser ?

Si la limitation de ces messages a alimenté des débats, leur diffusion a également fait couler beaucoup d’encre.
Ces dernières années, les fans de la discipline ont pu s'apercevoir que les échanges entre l’équipe et le pilote ont été de plus en plus diffusés après qu’ils aient été filtrées, afin de ne pas rendre les informations échangées trop indigestes pour le grand public.
Si certains acteurs du monde de la Formule 1, à l’image du team manager de Mercedes, Toto Wolff, ont déjà suggéré que davantage de messages pourraient être diffusés « afin de renforcer le facteur de divertissement », d’autres, comme le pilote Romain Grosjean, ont estimé que cette captation était une véritable difficulté pour les pilotes, et soulevait la question de la liberté de ton des pilotes en Formule 1.
Les autrichiens Jody Egginton et Franz Tost de la Scuderia AlphaTauri lors de la première journée d'essais de Formule 1 au circuit international de Bahreïn le 12 mars 2021.
Diffusion des messages radio, entrave à la liberté d'expression ?
« Le cockpit et la radio avec l'équipe constituent notre propre environnement, et je n'aime pas que les messages radio soient diffusés », répondait-il quand on l’interrogeait sur le sujet. « J'aimerais être totalement transparent et pouvoir être aussi direct que je le suis dans la vie mais on ne peut pas toujours dire ce que l'on pense. Personne n'est parfait mais il faut aussi garder à l'esprit que nous pilotons une voiture à 330 km/h, que nous repoussons ses limites, en sachant que ça implique une part de risque. Ce n'est pas comme si j'étais dans mon canapé avec un bon verre de vin rouge, en train de commenter ce qui se passe avec un regard extérieur d'où tout paraît facile. »
Mais qu’ils soient incompris par le public ou qu’ils empêchent les pilotes de s’exprimer, les messages radio ont au moins l’avantage d’être utiles aux autres écuries qui ne se privent pas de les écouter pour tenter de comprendre la stratégie de leur adversaire, ou même, de connaître un peu mieux un pilote qu'ils ont en ligne de mire.
« Avant de lui faire une offre, nous avons écouté toutes ses communications radio, afin de nous rendre compte de la façon dont il communiquait », expliquait ainsi récemment Mattia Binotto, directeur sportif de la Scuderia, au sujet de leur nouvelle recrue, Carlos Sainz. « Sa manière de communiquer en dit long sur la façon dont il aborde l’exercice, c’est très précis. » Précis, mais aussi indispensable, donc.
Télécharge ici et gratuitement l’application Red Bull TV pour profiter de nos vidéos, directs et événements de musique et de sports extrêmes sur tous tes écrans !