Michel Bourez, itinéraire d’un guerrier
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Michel Bourez, itinéraire d’un guerrier

Sa puissance sur les vagues est rare dans le monde du surf et son style lui vaut le surnom de Spartan. Découvrez le parcours de Michel Bourez, le surfeur français le plus titré de l'histoire.
Écrit par Geoffroy Bresson
Temps de lecture estimé : 6 minutesPublié le
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Michel Bourez

Surnommé “Le spartiate“, le Tahitien Michel …

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Quand on évoque le Spartan sur le circuit du surf professionnel, le surnom fait tilt. Le gratin mondial n’a qu’un nom à la bouche, celui de Michel Bourez. Ceinture noire de jiu jitsu, 80kg de muscles pour 1m75, sourire étincelant fendu jusqu’aux oreilles, le gladiateur écume les plus belles vagues de la planète au sein de l’élite de la World Surf League depuis plus de 12 ans. Il y a forgé sa réputation grâce à un style d’une puissance hors du commun. De sa toute première vague à Tahiti à la plus prestigieuse de ses victoires au Pipe Masters, le Polynésien affiche l’un des plus beaux palmarès du surf français. Voici l’itinéraire d’un guerrier, qui a tout donné pour vivre de sa passion.

Une vieille planche à voile en mousse pour commencer

Michel Bourez en arrière-plan, lorsqu'il était jeune enfant.
Un (très) jeune Michel Bourez
Michel Bourez, c’est l’histoire d’un gamin qui a croqué dans le surf tout petit et qui n’a plus jamais lâché son kiff’. “J’ai commencé sur une vieille planche à voile en mousse offerte par ma tante, se souvient le natif de l’île de Rurutu. J’avais 6 ans.” Pas de préparation, pas de grands équipements. Le mot shortboard est encore loin : “J’enchaînais les sessions avec cette planche trop grande pour moi. Les petites boards pour les enfants n’existaient pas encore. J’allais tout droit, j'avançais. Ce n’était qu'un jeu.”
À 10 ans, le Tahitien dégote finalement une 6’2, qu’il va user jusqu’à son dernier bout de bois. “C’était celle de mon grand cousin, rigole-t-il. Elle était déjà cassée au départ et n’avait pas de dérives. Elle ressemblait à une espèce de grosse bûche. À chaque fois que je sortais, elle se brisait un peu plus. Cette planche a vraiment terminé sa vie en 50 pièces.”
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Chasing the shot : l’histoire d’un surdoué de la photo de surf
Chez les Bourez, à l’époque, le surf est un loisir familial, un délire que Michel partage surtout avec son grand frère. “On était en mode roots du roots”, décrit-il un peu avec nostalgie. Pas de plan d’entraînement, rien que du feeling : “Aujourd’hui les jeunes, dès qu’ils commencent, tout est cadré. Les parents les voient surfeur pro. Ils ont tout de suite beaucoup de pression. Je garde un grand souvenir de cette période. En fait, c’est grâce à ces moments que j’ai réussi ma carrière ensuite”.
Le surfeur Michel Bourez boit un Red Bull.
Reprise d'énergie

Un renard des surfaces

À cette époque pourtant, l’idée de devenir un champion de surf n’effleure pas encore ce gamin qui grandit paisiblement entre mer et montagne dans le petit village Mataiea, au sud de Tahiti. Avant d’envoyer sérieusement sur les spots, un peu comme tous ses potes, le Spartan se met en fait d’abord à fond dans le football. "J’étais un attaquant du genre super motivé", se souvient-il. Il enchaîne ensuite avec la pirogue pour faire comme papa, un champion local dans cette discipline : “J’ai choisi de tout arrêter à 14 ans pour ne faire que du surf. C'était beaucoup trop fort. En Polynésie, il fait nuit tôt et on finit l’école tard. Je n’avais plus le temps de surfer. Je n’avais pas encore commencé la compétition, mais l’envie d’aller loin était déjà très présente. Je voulais construire mon propre chemin.”

Passe ton bac d’abord...

Michel Bourez, enfant, à Tahiti.
Une jeunesse tahitienne
Quand l’ado rentre un jour à la maison en annonçant qu’il veut devenir surfeur professionnel, son paternel fronce les sourcils. En bon cartésien, le prof de math passe alors un deal avec son fils: “Il m’a obligé à passer mon bac. Ensuite, je pouvais faire ce que je voulais. Attention, pas une année sabbatique, mais j’avais le choix.” Le lycéen obtient son précieux sésame mais n’enverra jamais de demandes pour intégrer d’éventuelles facultés. Dans sa tête, son avenir est tracé. A 18 ans, il participe à sa première compétition en se rendant en Métropole et se donne alors 3 ans pour intégrer le World Tour. Tout s’enchaîne ensuite comme dans un film…

La légende du Spartan est née

Le surfeur Français Michel Bourez prend une vague sur le pot de surf de Banzai Pipeline.
Michel Bourez sur Pipeline
En 2007 à Hossegor, alors étape du circuit qualificatif WQS, Michel Bourez explose sur la scène mondiale en éliminant ses deux idoles, feu Andy Irons et Kelly Slater. Il ne dispose à l’époque que du statut de wild card. Le Spartan lance sa légende et gagne ensuite son ticket pour l’élite en remportant la plus prestigieuse épreuve hawaïenne de Haleiwa, le 23 novembre 2008. Il ne quittera plus le gratin du surf. Quelques années plus tard, il gagne le Pipe Masters en éliminant le grand favori John John Florence et devient l’un des quatre surfeurs de l’histoire à avoir remporté les 4 étapes de la Triple Crown. Au total, le Tahitien aligne 12 saisons d’affilée au sein de l’élite entre 2009 et 2021 avec pour point d’orgue une 5e place mondiale en 2014.
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Quand Michel Bourez se déconfinait à Tahiti

La famille comme clé de la réussite

L’une des clés de la longévité de Michel Bourez sur le circuit tient dans sa famille, qu’il place tout en haut de ses priorités. Presque en même temps que ses perfs explosent en 2008, il rencontre la femme de sa vie, Vaimiti Laurens. Aujourd’hui avec elle, le Spartan est marié et papa de deux garçons, Kaoriki et Nikaea, 9 et 4 ans: “J’ai essayé de brancher le grand au surf, mais ça ne l’intéresse pas. Il préfère le bodyboard... Le 2e par contre veut tout faire comme moi. Il dit: “je veux faire des tubes!” Il ne sait pas encore nager.”
Michel Bourez carve dans le tube à Tahiti le 18 janvier 2014
Michel Bourez carve dans le tube à Tahiti

Teahupo’o comme objectif ultime

A 35 ans, le père de famille regarde maintenant le circuit et sa carrière avec du recul: “J’ai consacré toute ma vie à la compétition. J’ai connu de grands moments de joie”. Certes, le championnat du monde ne le “stimule plus autant qu’à ses débuts”, mais Michel Bourez focalise encore sa motivation sur un objectif ultime : les Jeux Olympiques en 2024 sur Teahupo’o. “Participer aux JO chez moi sur la plus belle vague du monde est un rêve qui peut se réaliser. Je me sens obligé de rester compétitif pour me qualifier. La forme est là. Je pense avoir encore trois grosses années de compétition devant moi.”
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