Escalade : Le grimpeur français Mickaël Mawem est qualifiés aux Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l’été 2021.
© Dimitri Tosidis
Escalade

Mickaël Mawem, grimpeur total

Premier des deux Français qualifiés aux Jeux olympiques de Tokyo, reportés à l’été 2021, Mickaël Mawem a fait de cette échéance le plus grand objectif d’une carrière déjà bien remplie. Portrait.
Écrit par Dorian Costanzo
Temps de lecture estimé : 5 minutesPublished on
Si vous connaissez le nom de Mickaël Mawem, vous savez qu'il est impossible de le citer sans évoquer également son grand frère de six ans son aîné, Bassa, avec qui il forme le plus célèbre duo du circuit. Dans la capitale nipponne, les frères Mawem seront les deux seuls représentants tricolores au milieu de dix-huit autres grimpeurs masculins parmi les meilleurs au monde. Les espoirs de tout un pays reposent donc sur ces deux personnages qui s’avèrent être bien plus que de simples grimpeurs : Mickaël et Bassa Mawem sont de véritables bulldozers de la résine.
Bassa (à gauche) et Mickaël (à droite) Mawem, les musculatures les plus impressionnantes du circuit.

Bassa et Micka, les musculatures les plus impressionnantes du circuit

© Facebook

S’ils s’affichent régulièrement ensemble sur leurs divers réseaux sociaux à succès, les deux frères s’entraînent la plupart du temps chacun de leur côté. Quand Bassa, devenu directeur technique régional d’escalade en Nouvelle-Calédonie, répète inlassablement ses gammes à l’autre bout du monde, Mickaël s’entraîne au Pôle France de Voiron, une petite ville à quelques encablures de Grenoble où sont concentrées toutes les infrastructures correspondantes aux trois disciplines du combiné olympique : la vitesse, le bloc et la difficulté.
Son frère Bassa s’est spécialisé dans l’escalade de vitesse. À trente-cinq ans, ce dernier possède déjà trois victoires en Coupe du Monde au compteur ainsi qu’un nombre incalculable de podiums et une médaille d’argent au Championnat du monde 2018. De l’autre côté, Mickaël mise sur la polyvalence pour tirer son épingle du jeu. Faisant déjà partie des meilleurs grimpeurs de blocs de la planète avec plusieurs finales mondiales sous le pied et un titre de champion d’Europe acquis en 2019, il a décidé de progresser dans l’épreuve de vitesse. L’objectif pour lui est de devenir le grimpeur le plus rapide parmi les non-spécialistes. Et il est bien parti pour.

Un an pour devenir le plus complet possible

Le Français Mickaël Mawem a décidé de progresser dans l’escalade de vitesse. L’objectif pour lui est de devenir le grimpeur le plus rapide parmi les non-spécialistes. Et il est bien parti pour.

Micka Mawem dans une épreuve de vitesse en 2019

© FFME

Pour espérer gagner l’une des trois premières médailles olympiques de l’histoire de l’escalade, la polyvalence est une stratégie délicate que peu d’athlètes peuvent se permettre d’adopter. C’est en tout cas celle qui a permis à Mickaël Mawem de décrocher son ticket lors des derniers championnats du monde où seuls les sept meilleurs ont remporté le précieux sésame.
Qui dit grimpeur complet, dit effort décuplé. Ces trois disciplines sollicitent des muscles différents et requièrent des techniques qui leur sont propres. Dès lors, progresser dans chacune d’entre elles est un défi physique monumental. Qui de mieux placer que Mickaël Mawem pour le relever ? S’il est bien sûr un grimpeur hors pairs, le natif de Nîmes est avant tout un accro à la sueur. “Quand on me demande ce que je fais, je dis que je fais du sport de haut niveau, pas de l’escalade de haut niveau” résume-t-il. Ses coachs varient de William Belle, ancien membre du célèbre collectif de freeruners Yamakasi à Michaël Fuselier, vétéran du circuit devenu entraîneur de l’équipe de France d’escalade. Tous ont un point commun : il faut redoubler d’imagination dans l’élaboration d’exercices pour satisfaire sa soif de performances.

Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort

Mickaël Mawem fait partie des meilleurs grimpeurs de blocs de la planète avec plusieurs finales mondiales sous le pied et un titre de champion d’Europe acquis en 2019.

Micka Mawem en plein bloc lors de la saison 2019

© Dimitri Tosidis

Le style Mawem est facilement identifiable. Dans le jargon, on dirait qu’il bourrine un max. Il faut écouter Bassa expliquer leurs débuts de grimpeurs afin de mieux saisir ce qui fait leur singularité : “L’escalade était une discipline gracieuse, il fallait être souple et grimper lentement, bien respirer, nous, quand on a commencé, on a sauté toutes ces étapes”. Préférant faire des tractions plutôt que des exercices de souplesse, le style de grimpe des deux frères s’est vite centré autour de leur puissance plutôt qu’une technicité irréprochable.
Lorsque Micka Mawem passe les portes du Pôle France chaque matin, il sait qu’un entraînement extrême l’attend. Quand d’autres se lèveraient la boule au ventre, lui, au contraire débute sa journée avec un grand sourire. Quatre à cinq séances différentes quotidiennes avec des répétitions d’exercices se comptant par dizaines. Le but est ici d’accroître toujours un peu plus la puissance du dos, des bras et des doigts tout en augmentant leur endurance musculaire. Aux Jeux olympiques, l’épreuve du combiné d’escalade sera en effet un vrai marathon où les vingt participants enchaîneront vitesse, difficulté et bloc en l’espace de quelques heures seulement.

Le nouveau visage de l’escalade française

Aux Jeux olympiques, le combiné d’escalade auquel participera Micka Mawem sera un vrai marathon où les participants enchaîneront vitesse, difficulté et bloc en l’espace de quelques heures seulement.

Micka Mawem aura-t-il le sourire après les JO ?

© Julien Crosnier

Ce régime commando que Micka Mawem s’impose, tout comme son frère sur son île du Pacifique, le public peut le suivre au jour le jour sur les réseaux sociaux du binôme. Les amoureux des réglettes et de musculation apprécieront les petits défis lancés régulièrement par les deux frangins. Les codes de la nouvelle génération, ils connaissent. Ils connaissent d’ailleurs si bien qu’une fois sorti de l’entraînement, le plus jeune des deux troque ses chaussons pour son ordinateur et débute une journée, ou plutôt une soirée, de community manager : montages vidéo et réponses aux sollicitations des sponsors sont de mise. À l’instar du regretté Patrick Edlinger, visage de l’escalade en France dans les années 80, les frères Mawem sont devenus au fil du temps de véritables ambassadeurs de l’escalade en France. Un nouveau genre d’escalade bien plus axé sur l’indoor certes, mais de l’escalade quand même. Si aujourd’hui, la pratique, notamment en salle de blocs, explose dans l’Hexagone, les frères Mawem n’y sont certainement pas étrangers.
Reste à voir désormais si leur sens unique de l’effort pourra les mener jusqu’au sacre suprême. Avant ça, il faudra encore serrer dents et prises pendant encore un peu plus d’un an.
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21 minutes

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11 Saisons · 71 épisodes
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