Musique

Comment les rappeurs arrivent-ils encore à nous vendre des CD ?

© Red Bull
Écrit par Yérim Sar
De la pochette parlante de Niska aux 4 éditions différentes de l'album de Vald, petit tour d'horizon des astuces marketing employées par les rappeurs pour vendre leurs disques à l'heure du streaming
À moins d’avoir vécu dans une grotte depuis le début des années 2000, chacun sait que les ventes de musique en format physique ont chuté spectaculairement depuis le ras-de-marée Internet et toute la dématérialisation qui l'a accompagné. Si pour la première fois en 2018, le chiffre d'affaires généré par le streaming a dépassé celui des ventes physiques, la vente de disques continue d’être très intéressante financièrement. Certains rappeurs l'ont d'ailleurs très bien compris et ne cessent de redoubler d'inventivité pour booster ce secteur. La preuve par 8.

Niska, le boîtier à gimmick

Niska est indissociable des gimmicks qui ponctue la majorité de ses phrases sur tous ses morceaux. Parmi eux, l’un des plus populaires, est sa manière de beugler « méchant, méchant ! ». Avec son CD, il suffit d’ouvrir le boîtier pour l’entendre à la maison. Génial, non ?

Kekra, les vêtements

Pour son dernier album, Kekra n’a pas laissé le choix à ses auditeurs : il ne proposait que des packs sur un site dédié.
Kekra
Pour son dernier album en date, Kekra n’a pas laissé le choix à ses auditeurs : sur un site dédié, il ne proposait que des packs. C’est-à-dire que l’album s’accompagnait obligatoirement d’un T-shirt, d’un hoodie ou des deux, au nom de l'artiste et de son album. Ou comment transformer l'auditeur en homme sandwich à ses frais.

PNL / Vald, les versions multiples

Un grand classique vieux comme l'industrie musicale mais qui fonctionne toujours. PNL a sorti une version orange et une version rose de l’album « Dans la légende », avec un morceau bonus différent à chaque fois. Rebelote avec les versions blanche et noire de « Deux Frères ».
Vald a refait le coup en mode XXL avec une quadruple version (!) de son prochain album, toujours avec ce système du morceaux bonus qui changent sur chaque version du disque. La technique peut sembler grossière, surtout à l'heure du streaming où tout est accessible partout, tout le temps, mais elle stimule la fibre de collectionneur qui sommeille chez les fans véritables et qui n'ont d'autre choix que de sortir la CB. 4 fois, oui.

Booba, l'édition limitée

L’album « Trône » a été vendu à 50 000 exemplaires physiques numérotés. Peut-on vraiment parler d’édition limitée avec autant d’exemplaires ? Les 10 derniers ont été toutefois dédicacés par le rappeur et vendus à 250 euros. Pour les vrais ratpis.

PLK, la Mental Box

PLK a développé à fond l’esthétique autour du thème de sa mixtape en proposant une version box : en plus du CD, il y a un T-shirt, un billet numéroté et la pochette en forme de radiographie d’hôpital. Malin.

Nekfeu, le kit

Nekfeu a sorti dans un premier temps l’album « Étoiles Vagabondes » avec un étrange packaging : pochette plastifiée, sachet bulle et fourreau transparent. Plus étonnant encore, il restait de la place pour un second CD, pourtant introuvable. Deux semaines plus tard, la réédition « Expansion » sortait de nulle part et tout s’expliquait.

Joe Lucazz, les cadeaux

Double-album avec l’ajout d’un CD version instrumentale, un vrai livret de plus de quarante pages illustrées par Cebos Nalcakan, un poster, et un pion qui parodie Groot des Gardiens de la galaxie.
Joe Lucazz – Paris Dernière
Comme toujours avec le label indépendant Le Gouffre, l’objet est soigné. Le projet se change donc en double-album avec l’ajout d’un CD version instrumentale, un vrai livret digne de ce nom de plus de quarante pages illustrées par l’artiste photographe Cebos Nalcakan, un poster, et même un pion qui parodie Groot des Gardiens de la galaxie pour le jeu de société du Gouffre. Rien que ça.