Gaming
Monter les échelons
Noly apparaît pour la première fois en compétition en 2019, à ses 17 ans. Il fait ses premières armes sur des compétitions ouvertes d’amateurs, comme les tournois hebdomadaires de Gfinity. C’est ainsi qu’il monte les échelons petit à petit, en intégrant de nouvelles équipes qui parviennent à se qualifier aux ligues officielles du développeur Psyonix. Il lui faut moins d’un an pour parvenir à se qualifier dans la seconde division de la ligue européenne de Rocket League, les Rival Series (RLRS), en saison 7.
C’est quelques mois plus tard qu’il rejoint l’équipe qui marque le premier temps fort de sa carrière : Singularity. Il y reste moins d’un an (de fin 2019 à l’été 2020), mais sur cette période, il entre dans la cour des grands en se qualifiant dans la ligue européenne (RLCS) à la loyale, par les Playoffs de Promotion. Dans cette saison 9, Noly gagne beaucoup d’expérience et bien que l’équipe ne remporte aucun titre, il gagne deux fois le titre de MVP. Noly est alors considéré comme l’un des talents à suivre de près dans la ligue. Tout semble aller au mieux pour lui ; jusqu’ici, il n’a connu qu’une courbe ascendante.
Et pourtant, l’année suivante sera teintée de doutes. En juin 2020, toute son équipe est transférée dans le club britannique Guild Esports. De grandes ambitions pèsent sur les épaules des joueurs : son coéquipier Scrub affirme vouloir gagner tous les matchs de la saison et atteindre le sommet mondial de la scène. Elle entre dans la saison 10 comme l’une des équipes qui peut créer la surprise ; mais elle stagne en milieu de tableau. Son joueur-star, Scrub Killa, quitte le club quelques mois plus tard. Il n’y a qu’une semaine où elle obtient des résultats prometteurs, avec une seconde place à la fin du segment. L’équipe tente de faire des changements presque à chaque segment pour remonter la pente, mais elle reste en milieu de tableau sur toute la saison, jusqu’à celle de 2022.
Cette année, Noly ne s’attendait pas à terminer son Split avec une équipe différente. La saison compétitive se divise en trois segments, et c’est la fin de la fenêtre de transferts quand le second segment se termine (période de mercato). C’est au dernier moment que son club lui annonce qu’il a une chance de faire des essais avec la Karmine Corp. À ce moment-là, son équipe fait des résultats en demi-teinte. Mais la KC a décelé un potentiel chez le joueur britannique.
“Sur le papier, si tu regardes ses résultats, ce n'est pas très attrayant. C’est dur de voir la performance d’un joueur quand l’équipe ne performe pas”, raconte le coach de l’équipe en interview, Benjamin “Eversax” Wagner. “Mais quand je suis allé voir ses replays, j’ai été surpris, je l’ai trouvé trop fort.” Convaincus, les recruteurs lui font rapidement passer des tests avec les joueurs de l’équipe, Aztral et Itachi. “Ça s’est très bien passé. Il avait une good vibe, aucune toxicité.” Et depuis, le coach ne regrette pas son choix. “Il porte les gens vers l’avant, il est ouvert et a envie de travailler. Je ne sais pas comment il peut être aussi serein en défense ! Et c’est un joueur actuel, le genre de profils qui sait tout faire.” Noly est donc le genre de joueurs qui doit s’adapter à ses coéquipiers pour faire briller son équipe. Il impressionne en défense, mais sait aussi surprendre en attaque. Il devient la pierre angulaire de l’équipe.
L’opportunité Karmine
Quand il rejoint la Karmine Corp, Noly est une autre personne : plus mature, plus discrète. Il commence sa collaboration avec le club français sur la retenue, et pour cause. “Je me sentais comme un imposteur au début,” avoue-t-il en interview. “J’avais l’impression de ne pas mériter mes coéquipiers, qui m’ont carry pendant le Split.” En termes de résultats, les améliorations sont néanmoins instantanément visibles : l’équipe gagne une place à son premier tournoi par rapport au précédent (la Dacia Spring Cup, début mai), puis se place sur la troisième marche du podium à son second tournoi (Tour de Rocket League, fin mai). Mais pour Noly, il lui faudra plus de temps pour gagner plus de confiance. C’est le Major de Londres qui accélèrera ce processus, début juillet.
Quand la Karmine Corp arrive au Major de Londres, elle est vue par les experts comme une équipe outsider : manque d’expérience sur scène, début du Split laborieux, nouvelle formation à peaufiner avec l’arrivée encore récente de Noly… elle a tout à prouver dans cet événement. Mais eux y croient. Grâce au britannique, l’équipe profite d’un nouveau souffle pour aller plus loin. Et enfin, la confiance s’installe pour Noly. La Karmine upset Furia et atteint les playoffs, où elle peut jouer pour la première fois devant un public. Le Blue Wall est présent dans la foule, et les commentateurs anglophones s’amusent à interagir avec les fans selon leurs codes : “what’s the color ?” La Karmine transcende les frontières.
L’équipe arrive jusqu’en quarts et crée la surprise, mais n’arrive pas à remonter le lower bracket, où elle perd contre les futurs champions de Moist Esports. La défaite est difficile : Noly affiche un visage fermé et quitte la scène en exprimant sa déception à ses coéquipiers. Mais la Karmine l’a fait : elle s’est qualifiée à l’étape Wildcard du mondial. Noly est au plus haut point de sa carrière, mais il est loin d’avoir montré toute l’étendue de son potentiel sur Rocket League.
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