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Kayak

Nouria Newman, extrême Islande

D'une météo capricieuse à d'autres imprévus, la kayakiste Nouria Newman raconte comment un trip en Islande qui s'annonçait parfait l'a vite ramenée à la réalité de son sport.
Écrit par Red Bull France
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Nouria Newman

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Quand il s’agit de repousser les limites du kayak dans les spots les plus extrêmes de la planète, Nouria Newman n’est jamais bien loin. La crise sanitaire ayant compromis ses projets au Népal, la kayakiste s’est cette fois aventurée en Islande pour son dernier trip. Mais si elle en garde le souvenir d’une belle aventure, Nouria Newman n’imaginait pas que son séjour d’un mois en terre de glace se déroulerait ainsi.
La kayakiste français Nouria Newman fait du kayak entre deux icebergs pendant son voyage en Islande.
Se sentir petite
« Quand tu imagines un trip en Islande, tu imagines un trip de rêve », explique-t-elle. « C’est toujours très beau et tout à l’air facile. Là, c’était l’anti-trip de rêve. Ce n’était pas toujours très beau et encore moins facile. »
« C’était une période compliquée pour les voyages. Toute la saison a été chamboulée, voire annulée. Les voyages n’étaient plus possibles donc il a fallu s’adapter au maximum. On savait que ça n’était pas dangereux d’aller en Islande puisque les règles sanitaires étaient assez simples : un test Covid en arrivant, cinq jours de quarantaine obligatoires, et un autre test à la fin cette quarantaine. »
La Française Nouria Newman dévale une chute en kayak lors de son voyage en Islande, en octobre 2020.
La terre du kayak
Si le choix se porte vers l’Islande, c’est aussi pour la qualité de ses spots de kayak. « L’Islande est très réputée pour les chutes », explique la kayakiste. « Sa géologie est volcanique, du coup ce sont des roches qui sont propices aux cascades. Souvent dans ces zones-là, il y a des chutes et on a plus de chances d’avoir du fond que sur une géologie comme dans les Alpes où le rocher est souvent moins bon. »

Expectations vs Reality

Accompagnée d'Anup Gurung et Tiphaine Duperier, Nouria Newman entreprend donc un trip rêvé, encouragé par les nombreuses vidéos hallucinantes qui y sont produites chaque année.
La kayakiste française Nouria Newman affronte une chute en kayak, lors de son trip en Islande, en octobre 2020.
La ligne parfaite
« Il y a énormément d’images qui sont faites en Islande dans les sports outdoor parce que la lumière y est toujours bonne », explique-t-elle. « Ce qu’on y voit souvent, ce sont des images hyper quali où la beauté des paysages est toujours mise en avant. Mais dans notre discipline, on filme souvent avec des plus petits moyens et une qualité moindre puisqu’on a la complexité de notre milieu qui est l’eau, et qui est encore plus complexe si les conditions météo ne sont pas optimales. »
Et autant dire qu’elles ne le sont pas. En témoignent les températures glaciales auxquelles sont rapidement confrontés les trois aventuriers.
Nouria Newman dévale une chute en kayak, lors de son voyage en Islande, en octobre 2020.
Le grand saut
« La nuit sous la tente, ça atteignait les -15°C », se souvient Nouria Newman. « Nos chaussures gelaient, et le matin on les dégelait au réchaud parce qu’on ne pouvait plus défaire les lacets, ni même les enfiler. On s’attendait à ce qu’il fasse froid puisqu’on est arrivés assez tard dans la saison, mais pas aussi tôt dans le périple. Dès le deuxième jour, on était déjà sur des températures hivernales, ça été un choc. Sur plus d’un mois de périple, on avait bon espoir d’avoir au moins une semaine pour pouvoir faire des images sans avoir hyper froid, mais c’est arrivé d’entrée de jeu. »
Nouria Newman descend une chute en kayak lors de son voyage en Islande.
À pic
Pour couronner le tout, « Anup s’est blessé, donc on s’est retrouvées à deux, et Tiphaine devait donc assurer la partie vidéo et la partie sécurité, ce qui a encore plus compliqué les choses pour tourner. »
Quand elles y parviennent, Nouria Newman s’aperçoit rapidement que la réalité du kayak en Islande n’a rien à voir avec l’image que l’on peut s’en faire. « Les vidéos de kayak en Islande sont très formatées action-clip et on a toujours cette notion d’adrénaline et d’extrême », explique-t-elle. « Ce qu’on oublie, c’est qu’avant de se jeter dans une chute, on est très calme, parfois même en train de méditer, et on analyse chaque risque. C’est quelque chose qui est en rupture avec la représentation de notre sport et ce qu’il se passe réellement, d’où l’idée de jouer sur ce cliché-là. »
Jouer, mais aussi prévenir. « Je pense que c’est important de déconstruire cette image du kayak », conclut la kayakiste, « sans ça, le public pense juste qu’on est inconscients. »
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