VTT

Olly Wilkins, le grand défenseur des vélos électriques

© George Milner/Focus Bikes
Le rider Olly Wilkins est un amoureux de la première heure des VTT électriques. Il nous explique ici les raisons qui font de son e-bike un outil indispensable pour se perfectionner.
Écrit par Ric McLaughlinPublié le
Difficile de trouver un sujet plus controversé que celui des vélos électriques dans le monde du VTT. Quels sont les changements induis par l’arrivée de l’électrique dans l’univers du VTT ? Annoncent-ils une nouvelle ère ?
Olly Wilkins est un des riders anglais les plus influents de la scène VTT. Il ride avec le style que l’on aimerait tous avoir et enchaîne les virages à une vitesse incroyable. Il nous éclaire ici sur ce fameux débat autour des VTT électriques.
Avant de monter sur un VTT électrique, quels étaient tes aprioris sur ces nouveaux vélos ?
Je dois l’avouer, j’avais effectivement moi-aussi quelques idées reçues sur le sujet. Le fait d’ajouter une batterie électrique à un vélo me faisait un peu peur. Je n’étais d’ailleurs pas très fan non plus du changement de vitesse électrique, apparu auparavant dans le monde du vélo. J’avais l’impression que cela entachait la "pureté" de notre sport, que l’on perdrait le simple fait de grimper à la pédale sur les montagnes. Je pensais que l’électrique était apparenté à de la triche, facilitant simplement le fait de grimper plus aisément en montée et de rendre les parties plates plus simples.
En fait, avant de monter sur un vélo électrique, je ne pensais pas que l’on puisse avoir autant la sensation de VTT "pur" à son guidon, ce qui est finalement le cas. N’imaginez pas que je dis par là que les vélos électriques vont remplacer les VTT traditionnels. Mais je mentirais si je ne disais pas que j’adore les VTT électriques. Et je mentirais également si je ne disais pas que ces machines ont mis à mal toutes mes idées préconçues sur le sujet.
Olly sur son Focus à Malaga
Olly sur son Focus à Malaga
Quand as-tu ridé pour la première fois avec un vélo électrique ? Quelles sont les sensations ?
Ma première fois, c’était sur le Nine Knights à Reschenpass. J’ai un peu ridé avec un vélo qui avait les freins à l’envers. À ce stade, j’avais juste apprécié le fait d’avoir l’aide moteur pour m’emmener plus loin. Mais la première fois où ma perception a vraiment changé, c’est quand j’ai pu avoir mon propre VTT électrique de chez Focus. Je suis parti sur un sentier très pentu et j’ai complètement oublié que je roulais sur un VTT propulsé à l’électrique. J’avais un rythme incroyable avec le vélo. Et les montées sont devenues de nouveaux challenges où je peux davantage travailler que lorsque j’utilise mon VTT classique. Je progresse donc d’une autre façon.
Le fait que certains de mes amis roulent également avec des VTT électriques a aussi changé ma perception des choses. Je roule avec mes potes de Coupe du monde pendant deux heures et on ne parle presque plus. On enchaîne les descentes et les jours de ride, alors qu’on aurait dû se reposer plus longtemps auparavant, étant donné que les pentes sont raides vers chez moi. On fait plus de descentes qu’avant, même si le principe d’enchaîner montées et descentes restent évidemment le même qu’avant.

Regardez Olly et son pote Joe Connell en pleine action sur leur VTT électrique :

Penses-tu que les VTT électriques sont un feu de paille ou ça peut durer ?
Ils sont là pour longtemps, ça ne fait aucun doute. La seule chose qui pourrait les stopper, ce serait d’édicter des lois qui vont à leur encontre. Je pense que c’est une erreur de les considérer comme des cyclomoteurs. Les VTT électriques se rapprochent d’ailleurs plus de la conception que l’on se fait d’un VTT classique qu’un gros vélo de descente sur lequel vous ne pédalez presque jamais. L’avantage donné par le moteur n’est pas aussi important que ce que l’on dit. Mais je ne pense pas pour autant que l’électrique signe la fin du VTT classique. Pour moi, ça ne le remplacera pas, même si ça peut être le cas pour certains. Si vous avez plus de 50 ans et que vous ne pouvez plus faire les efforts nécessaires en VTT classique, l’électrique représente forcément une option incontournable.
Olly Wilkins ride son Focus Jam²
Olly Wilkins ride son Focus Jam²
Tu es réputé pour ton style sur le vélo. Le poids supplémentaire lié à l’électrique affecte-t-il ta façon de rouler ?
Effectivement, le poids est nettement supérieur à celui de mon VTT classique. Ces kilos sont aussi placés sur la partie inférieure du vélo, ce qui le pousse plus en descente. Je grimpe plus facilement avec mon VTT électrique, mais son poids me pousse donc aussi à aller plus vite dans les descentes. Rien n’est théoriquement impossible sur un électrique, même si on s’amuse plus sur un VTT classique plus léger.
C’est pourquoi je ne pense pas que le VTT électrique puisse complètement remplacer les vélos classiques. C’est quelque chose de différent. Sur un jump, l’électrique est très stable, pas d’inquiétudes là-dessus. Mais une grosse stabilité peut aussi avoir ses inconvénients. Comme pour les vélos de descente, les VTT électriques demandent plus d’efforts pour être emmenés sur les pistes. Je règle souvent mes suspensions de façon plus souple sur l’électrique étant donné que je suis plus stable sur les trails.
Fier de son e-bike
Fier de son e-bike
Que voudrais-tu dire à ceux qui détestent les VTT électriques ?
La vérité est que de nombreux riders qui ont des aprioris sur l’électrique devraient les perdre au moment de monter sur un de ces VTT. Une fois que vous avez assimilé le fait que les VTT électriques ne prendront pas la place des VTT classiques, c’est une barrière en moins dans la compréhension de ce sport. Mais tout ça vient uniquement après en avoir essayé un. Ça a été le cas pour moi. Personnellement, je continue à rider sur les deux types de vélo. Tout n’est pas négatif dans l’électrique contrairement à ce que voudraient laisser croire certains.