Olofmeister a soulevé son 25ème trophée aux Blast Pro Series Copenhague sur CS:GO. Le joueur Olofmeister entre un peu plus encore dans la légende de l'esport de Counter Strike: Global Offensive.
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olofmeister : acte 25

En soulevant son 25ème trophée à la Blast Pro Series à Copenhague samedi dernier, olofmeister est entré un peu plus encore dans la légende de CS:GO. On vous explique comment.
Écrit par Dorian Costanzo
Temps de lecture estimé : 6 minutesPublished on
Un tournoi international remporté tous les 75 jours depuis un peu plus de cinq ans. C’est le rythme incroyable sur lequel s’inscrit le maestro suédois de 27 ans répondant au nom d’Olof “olofmeister” Kajbjer. Une moyenne qui fait désormais office de record historique depuis son 25ème succès, le week-end dernier, à l’occasion de la Blast Pro Series Copenhague. Il est désormais officiellement le joueur CS:GO le plus titré de la planète.
Et pourtant, le cours de l’histoire aurait pu prendre des tournants bien plus dramatiques pour la légende scandinave. Si le syndrome du canal carpien apparaît comme l’une des grandes phobies des joueurs professionnels, olofmeister, lui, a dû s’éloigner des serveurs de jeu durant près de trois mois en début d’année 2016 pour un problème musculaire au niveau du bras. Selon l’intéressé, les médecins n’ont jamais réellement compris la source de ses maux mais la douleur était bel et bien présente à chaque coup de souris. C’est avec cette anecdote que le Suédois a introduit son récit sur le célèbre site de témoignages, The Players’ Tribune, devenant ainsi la deuxième personnalité issue du sport électronique à y évoquer sa vie après Faker, icône de League of Legends. Excusez du peu.
En 2018, celui qui n’avait déjà plus rien à prouver a décidé de se retirer provisoirement du circuit pour raisons personnelles. Une longue absence de plusieurs semaines qui aurait sans doute été fatale à n’importe quel autre joueur. Mais pour le roi Olof, le trône est toujours disponible. C’est donc tout naturellement que lorsqu’il a décidé de revenir sur le devant de la scène, on a gentiment montré la porte de sortie à son remplaçant temporaire.
Le joueur suédois de Counter-Strike: Global Offensive olofmeister sous les couleurs de l'équipe esport fnatic en 2015.

olofmeister sous les couleurs de fnatic en 2015

© ESL

La success-story d’olofmeister a débuté relativement tard puisqu’il n’a remporté son premier titre qu’en août 2014 lors de la dixième saison de la StarLadder StarSeries. Une victoire qu’il doit à son arrivée dans l’écurie fnatic deux mois auparavant. Repéré entre 2013 et début 2014 pour ses performances sous les couleurs de LGB eSports, il intègre ainsi l’une des meilleures équipes du monde, dont le trio fondateur a notamment remporté le tout premier Major de l’histoire.
Sa carrière va alors décoller : trois mois après son premier titre, son palmarès compte déjà quatre lignes supplémentaires. Durant son passage chez fnatic, il soulèvera pas moins de 18 trophées dont plus de la moitié (10) sur la seule année 2015. Une période qui reste, et restera sans doute, l’apogée du joueur suédois, tant sur le plan individuel que collectif.
Bien que sa victoire au Pantamera Challenge en janvier 2015 ait été sa conquête la plus difficile, avec 13 rounds encaissés en moyenne lors de chaque carte, il réagira deux mois plus tard en remportant le premier de ses deux Majors à l’ESL One Katowice. C’est d’ailleurs lors de cet événement qu’il rendra certainement sa plus belle copie individuelle.
En frôlant les 1,4 de ratio frags/morts et en étant impeccable sur les neufs cartes jouées sur l’ensemble de la compétition, il sera logiquement couronné d’un titre de MVP à l’issue du sacre de fnatic. Le spécialiste du tec-9, dont la puissance a, par la suite, été réduite, ne se reposera pas vraiment sur ses lauriers comme beaucoup ont pu le faire après une victoire en Major. En fait, ce n’est que le début d’une année incroyable où fnatic remportera un deuxième Major à l’ESL One Cologne, devenant la première équipe de l’histoire à conserver le titre suprême sur deux événements avant d’entamer une série de 6 tournois internationaux remportés d’affilée entre 2015 et 2016.
Elu meilleur joueur de la planète en 2015 et nommé aux Game Awards de fin d’année en compagnie de légendes comme Faker (encore lui !), ppd, Suma1L et kennyS, il a marqué non seulement les esprits mais également l’histoire du jeu. Au sens littéral du terme. Deux actions mythiques lui valent désormais d’avoir deux inscriptions lui faisant directement référence sur la carte Overpass, ou plutôt Olofpass comme elle était surnommée à l’époque.
D’abord pour son désamorçage miraculeux dans les flammes d’une molotov ennemie en demi-finale de l’ESL One Cologne 2014, puis avec l’affaire du “boostgate” en quart de finale de la DreamHack Winter 2014 où il avait été le joueur choisi par son équipe pour exécuter cette fameuse tactique finalement jugée illicite. Deux moments forts de sa carrière dorénavant immortalisés par Valve. Un véritable honneur.
C’est après une année et demie très compliquée et sans succès notable, son transfert vers FaZe Clan, le Real Madrid de CS:GO, est officialisé à la fin de l’été 2017. Une “dreamteam” où le talent des joueurs n’a d’égal que leur égo. Un effectif de folie avec cinq des meilleurs joueurs de la planète et un rôle plus discret pour olofmeister, au service de ses nouveaux coéquipiers.
esport - CS:GO : Le joueur suédois Olofmeister avec son trophée.

Un trophée proportionnel à un palmarès disproportionné

© HLTV.org

La lune de miel se déroulera à merveille. Trois titres viendront s’ajouter à sa collection avant la fin de l’année, dont le plus facile de sa carrière à l’ESL One New York, où FaZe ne perdra qu’un peu plus de cinq rounds par carte en moyenne. La suite sera nettement moins grandiose, due notamment à ses problèmes privés, mais FaZe grattera ici et là quelques titres, sept au total, sans jamais asseoir une domination quelconque.
25 titres dans la vitrine qui auraient pu être 37 si le Suédois avait réussi à inverser la tendance dans ses 12 finales perdues. 12 matchs dont deux sont sans doute restés en travers de sa gorge : cette finale à l’ESL One Cologne 2014 face aux NiP perdue 13-16 sur la carte décisive et, bien sûr, cet incroyable raté à l’ELEAGUE Boston Major, début 2018, où FaZe n’a pas réussi à convertir quatre petits rounds de match avant de se faire remonter et crucifier en prolongation par Cloud9.
Si aujourd’hui, olofmeister est le joueur le plus prolifique au monde, il est également le détenteur du plus grand nombre de participations consécutives aux play-offs de Majors (14). Une série qui a pris fin en septembre dernier au Starladder Major mais qui reste, pour le moment, loin d’être égalée.

Le palmarès record

2014
  • SLTV StarSeries Saison 10
  • FACEIT League Saison 2
  • ESWC 2014
  • Fragbite Masters Saison 3
  • ESEA Invite Saison 17
2015
  • Pantamera Challenge
  • ESL One Katowice 2015
  • DreamHack Open Tours
  • Gfinity Spring Masters 2
  • DreamHack Open Summer
  • ESL ESEA Pro League Saison 1
  • ESL One Cologne 2015
  • FACEIT League Saison 3
  • Fragbite Masters Saison 5
  • ESL ESEA Pro League Saison 2
2016
  • StarLadder i-League StarSeries Saison 14
  • ESL Barcelona Invitational
  • IEM Katowice
2017
  • ELEAGUE CS:GO Premier
  • ESL New York
  • ECS Saison 4
2018
  • EPICENTER Moscow
2019
  • ELEAGUE CS:GO Invitational
  • Blast Pro Series Miami
  • Blast Pro Series Copenhague
Quoi qu’il arrive, olofmeister demeurera une légende de CS:GO et démontre que le talent et la volonté sont l’apanage des grands joueurs, dont il est sans conteste un flamboyant exemple.