FWT : Un skieur freeride dans la poudreuse lors d'une étape du Swatch Freeride World Tour 2013.
© ©DR
Ski

Dis-nous tout, photographe de freeride

Avant la finale du Freeride World Tour, nous avons demandé au photographe Jérémy Bernard de raconter les dangers de son métier et ses secrets pour réaliser les plus beaux clichés.
Écrit par Cyril Coantiec
Temps de lecture estimé : 4 minutesPublished on
Depuis maintenant sept ans, Jérémy Bernardest l'un des photographes officiels du la compétition mondiale de ski et snow freeride, le Freeride World Tour. Grâce à son travail, les amateurs de ride se peuvent admirer les meilleurs athlètes descendre des lignes vertigineuses. Présent pour la grande finale à Verbier, à suivre sur Red Bull TV, le photographe a accepté de revenir sur son métier, aussi intense qu'une descente de Xavier de le Rue en snow.
Que faut-il pour faire une photo parfaite de freeride ?
Jérémy Bernard : Avant d’être un bon photographe, il faut être un bon skieur. Les bons spots où prendre les clichés se trouvent parfois dans des endroits difficilement accessibles. La pente est très raide et le temps est compté. Quand l’organisation accepte que vous bougiez, il faut être rapide sur ses skis, une minute maximum. Il faut également bien savoir gérer la pression. Dès que l’épreuve commence, tout va très très vite. Et il n'y a aucun droit à l'erreur.
Quels sont les éléments indispensables que tu emmènes avec toi ?
La sécurité est primordiale sur le Freeride World Tour. Et l’organisation fait le maximum pour que tout se passe bien pendant l'épreuve. À chaque étape, toutes les consignes de sécurité sont rappelées durant un long briefing. C'est pour cela qu'en plus des skis et du matériel pour l’appareil photo, j'ai, avec moi, un baudrier, une corde et des crampons. J’ai également un talkie-walkie pour communiquer avec tous les membres du staff. Je suis habillé avec des vêtements très chauds pour ne pas subir lors des moments où je reste immobile, soit pendant plusieurs heures. Il ne faut surtout pas oublier de l’eau et de la nourriture. La journée est longue. Si vous n’avez pas de quoi vous ressourcer, ça devient un véritable calvaire.
Quelle est l’ambiance sur le Freeride World Tour ?
Ça fait sept ans que je travaille pour le FWT et nous formons une vraie petite famille. C’est un plaisir de se retrouver tous ensemble pendant un peu plus de trois mois. On crée des liens avec tout le monde. Et chaque membre est un maillon essentiel de la chaîne. Lorsque la météo est capricieuse, nous avons du temps pour nous balader, visiter, partager des moments avec les riders, échanger avec eux sur la pratique du ski, sur la montagne. Je me sens vraiment privilégié .
Le photographe Jérémy Bernard est l'un des photographes officiels du Freeride World Tour.

Jeremy Bernard

© Julien Régnier

Combien de photos prends-tu pendant une étape du Freeride World Tour ?
Sur chaque étape, je prends entre 1 500 à 2 000 photos. Il est facile de rater quelque chose vu que tout se passe très vite pendant l’épreuve. Le plus gros du travail se passe après l'épreuve. Il faut faire le tri dans les clichés, sélectionner les meilleures qui apparaîtront sur le site officiel et les réseaux sociaux. Tout ça en seulement deux ou trois heures, avec quelques retouches. Je vous assure que c’est du sport !
Quels sont les clichés les plus difficiles à réaliser ?
Sûrement les photos dans l’hélicoptère. Pour chaque étape, il y a un vidéaste et un photographe dans un hélico qui survole le domaine. Cela paraît sympa sur le papier mais dans les faits, c’est vraiment difficile. Prendre des photos dans un hélico revient à ne pas regarder la route quand vous êtes dans une voiture. Vous pouvez rapidement vous sentir mal et quand cela dure plus de trois heures, c'est loin d'être une partie de plaisir.
Quel est ton pire souvenir sur le FWT ? Et ton meilleur souvenir ?
Un jour, lors d’une étape, ma carte mémoire a buggé. J’ai  tout tenté pour redémarrer ma carte mémoire, je n'ai jamais rien pu faire, toutes mes photos étaient perdues. Heureusement que le deuxième photographe n’a pas connu le même problème que moi. Mon meilleur souvenir, c'est le titre de champion du Français, Léo Slemett, obtenu l’an dernier. On se connait depuis tout petit. Lors de la dernière étape, je stressais vraiment pour lui. Mais il a vraiment géré. C’était un bonheur de pouvoir vivre ça en direct et de fêter ça avec lui après l'épreuve.
Retrouvez les photos de Jeremy Bernard sur sa page Facebook.