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"Loïc m’a dit qu’il allait essayer de rouler vite pour voir si les gens sont aussi rapides que l’an dernier". Quand on interroge le team manager de Loïc Bruni sur les ambitions de son pilote sur ce Red Bull Campo 2022, Laurent Delorme est clair : le quintuple champion du monde n’est pas venu en touriste à Mandelieu-la-Napoule. "J’aimerais bien faire un top 20" confirme d’ailleurs Loïc Bruni, interrogé quelques minutes avant le départ.
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Les meilleurs moments de Red Bull Campo 2022
Le 1er octobre, Loïc Bruni affrontait 155 riders sur ses terres, à Mandelieu-la-Napoule. Et voilà les plus belles séquences de cette course folle !
Ce samedi 1er octobre, ils étaient plus de 150 à avoir répondu à l’appel du rider de l’US Cagnes. Le club qui a vu Loïc Bruni enfourcher ses premiers vélos, utilise d’ailleurs régulièrement cette piste pour l’entrainement : "C’est un secteur où l’on va souvent rouler" explique Jean-Pierre Bruni, père du champion et qui collectionne comme son fils les maillots arc-en-ciel (il a remporté dix titres de champion du monde Masters). Très impliqué dans le club et dans l’organisation de cet événement, le paternel cherche dans la boite à souvenirs quand on lui demande l’âge auquel Loïc a roulé la première fois sur la piste utilisée pour ce Red Bull Campo. "Il devait avoir 10 ou 12 ans. Quand il revient ici, il roule sur la DH qui est de l’autre côté. C’est un spot très fréquenté par les professionnels (la championne du monde en titre Valentina Höll y a par exemple déjà roulé). L’hiver, c’est un passage obligatoire pour les pilotes qui passent dans le coin."
Ce samedi, c’est même une marée de pilotes qui a envahi le centre historique de Mandelieu-la-Napoule. Les gros enduros sont de sortie et sont posés là où il y a de la place. La passerelle d’arrivée est impressionnante et la foule s’amasse sur la place Jeanne d’Arc alors que la Red Bull DJ truck met l’ambiance. Impossible de rater le Red Bull Campo si on passe dans le coin.
Côté participants, on retrouve tous les profils de pilotes. Éric et Greg ont 49 et 52 ans et sont là "pour se faire plaisir, sans se blesser sur une piste ultra poussiéreuse mais sur laquelle on voit qu’il y a eu du gros travail de fait". Juste à côté, Floryan Le Bronnec pourrait être leur fils. À 15 ans, ce dernier découvre le spot. "On n’y voit rien quand on suit quelqu’un de près alors j’imagine en finale quand on arrivera tous ensemble… Mais il y a quelques endroits où l’on peut dépasser donc il y aura moyen de s’amuser."
Quant à Hugo Marini, il se lance le challenge de partir dernier. "Histoire de s’amuser et de voir jusqu’où je pourrai remonter" explique le pilote du team Commençal Muc-Off et pensionnaire de l’US Cagnes qui connait l’endroit parfaitement. Lors de la finale, celui qui est plus habitué aux descentes de Coupe du Monde rattrapera d’ailleurs 114 concurrents pour terminer à une belle 41ème place (voir une partie de son run ci-dessous). De son côté avec son maillot arc-en-ciel, difficile pour Loïc Bruni de passer inaperçu mais le rider Specialized ne cherche pas à se cacher. Au contraire, il a un mot pour tout le monde, multiplie les selfies et s’arrête régulièrement pour parler ou saluer une connaissance. Ici, le champion est chez lui.
"Il est toujours sur son petit nuage des mondiaux" sourit Laurent Delorme quand on lui demande l’état d’esprit de son pilote alors que l’étape de Coupe du Monde de Val di Sole a clos la saison il y a moins d’un mois. "Il est venu pour doubler, se faire doubler, essayer d’aller vite comme toujours, mais surtout se faire plaisir. Pour lui, c’est un événement important sur le plan affectif. Il n’y a pas d’objectif de performance. On cherche à partager avec les gens. Aujourd’hui, Loïc, ce n’est pas uniquement quelqu’un qui gagne des courses. C’est aussi un pilote qui fait évoluer les vélos de la marque, qui développe une gamme de vêtements et qui est impliqué avec ses sponsors. C’est cohérent d’avoir Red Bull et Specialized qui se mobilisent avec lui sur un tel événement."
À moins de 30 minutes du départ, Loïc explique les détails d’une piste de 5,2 km qu’il a lui aussi travaillée en aidant les shapers locaux. "La première partie est fun avec des jumps, puis ça part en singletracks avec plein de virages avant d’enchainer sur un secteur plus physique. Et ça peut surprendre car quand tu arrives aux trois-quarts de la piste, tu es mort, notamment quand tu attaques cette partie DFCI (Défense des Forêts contre l’Incendie : des pistes larges pour permettre aux véhicules de lutte contre les incendies de forêt de passer à l’intérieur des massifs). C’est un faux-plat descendant qu’il faut prendre à fond car tu peux doubler du monde à partir de cet endroit-là. Sur le reste, il y a eu un gros travail de fait avec plusieurs secteurs plus ouverts pour qu’on puisse dépasser au mieux. Mais on n’a pas eu de chance, c’était super sec ces derniers jours donc ce n’est pas vraiment tassé. Du coup, ça soulève plein de poussière et c’est assez mou. Mais bon, il vaut mieux des conditions comme ça qu’une pluie infernale…"
Au départ, le quintuple champion du monde avale rapidement une bonne partie des coureurs en profitant de la largeur de la piste. Il poursuit son effort jusqu’au bout sur une course qui n’a pas vraiment de règle, si ce n’est d’arriver en bas avant lui. Dans l’aire d’arrivée, le premier rider apparaît et sans surprise, il ne porte pas de maillot arc-en-ciel. Arnaud Garanger l’emporte pour 12 secondes devant Gaetan Vigé et Rafael Pelletier. "Au départ, je suis sorti deuxième derrière Gaétan" explique le vainqueur du jour. "Et je l’ai doublé dans la relance où j’ai mis tous les watts. Après, j’ai tenté de voir si on me suivait et avec les encouragements et le vent, j’avais du mal à vraiment savoir si un autre rider était proche ou non. Finalement, je l’emporte. Pourtant, les courses en mass start, ce n’est pas forcément mon truc car je suis pas mal stressé au départ. Mais au niveau ambiance, c’est plus fun que l’enduro classique."
En 32ème position et un peu moins de deux minutes après le vainqueur de ce Red Bull Campo, le maillot de champion du monde termine son run et soulève la clameur de la foule. "Je pense honnêtement que c’est impossible de rattraper tout le monde" avait reconnu Loïc avant de monter sur son enduro. "Les mecs qui roulent devant, j’ai peut-être 20 secondes de marge sur eux sur cette piste. Sachant que je pars 10 secondes après tout le monde et qu’en plus je me retrouve immédiatement dans le paquet, c’est mort pour revenir sur les premiers. Sur mon run de finale, j’ai déraillé au milieu du parcours. J’ai dû m’arrêter et remettre la chaine. J’ai perdu du temps et les mecs roulaient vraiment bien. À la fin, je n’arrivais plus à doubler. Mais je me suis régalé c’était vraiment le feu. L’essentiel c’est qu’il n’y ait pas eu de gros crash et que tout le monde ait pris du plaisir. On espère pouvoir prolonger l’événement l’année prochaine."
Quant à Marylin Bisson, l’unique femme engagée cette année sur le Red Bull Campo, elle termine 132ème et reçoit une belle ovation du public et des 154 hommes qui l’ont accompagnée sur cette épreuve : "On était un peu en mode boite de sardines au début" explique cette rideuse de 64 ans, multiple championne du monde de DH master. "Ceux que j’ai pu rattraper m’ont bien laissé passer, et j’ai fait la même chose avec ceux qui étaient plus rapides que moi. La piste était bien arrangée, même si le facteur poussière n’était pas facile. En tout cas, j’encourage les filles à venir participer à ce genre d’événement." À 64 ans, elle a déjà prévu d’être au départ l’année prochaine.
Retrouvez l’ensemble des résultats du Red Bull Campo à cette adresse.
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