Le rugbyman Romain Ntamack lors d'un entrainement.
© Grégory Hippolyte/Red Bull Content Pool
Rugby

Les questions que vous n'osez pas poser sur le rugby

La Coupe du monde de rugby, c’est dans quelques semaines. Tu ne connais pas grand-chose à ce sport ? Pas de panique, voici nos réponses, on t'explique tout.
Écrit par Red Bull France
Temps de lecture estimé : 8 minutesPublished on
Si tu t’es toujours demandé pourquoi on ne passait qu’en arrière au rugby, que tu es persuadé qu’une Chistera est un plat typique du Pays-Basque et que tu ne comprends pas en quoi consiste une mêlée, cet article est fait pour toi. Après ça, tu seras fin prêt pour supporter l’équipe de France de Romain Ntamack à la coupe du monde dès 8 septembre prochain.
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Pourquoi le rugby s’appelle-t-il “rugby” ?

On sait que c'est le milieu des vacances scolaires… Mais ce n’est pas une excuse pour ne pas se replonger dans les livres d’Histoire-Géo. Si le sport se nomme “rugby”, c’est tout simplement parce qu’il a été inventé dans la ville qui porte le même nom. Située près de Birmingham, elle est, en 1823, le théâtre d’un match de football entre deux équipes des lycées locaux.
La légende raconte qu’un certain William Webb Ellis (qui donnera son nom au trophée de la Coupe du monde) se mit à courir avec le ballon à la main avant de le poser dans le camp de l’équipe adverse. Le sport est né… Et gardera le nom de la ville qui l’a vu naître. Oui, ne pas respecter les règles, ça a parfois du bon.
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Pourquoi ne passe-t-on que vers l’arrière au rugby ?

À l’inverse de tous les autres sports collectifs, dans lesquels le ballon est envoyé vers l’avant, le rugby se démarque par ses passes exclusivement données vers l’arrière. Pourquoi ? Là aussi, il faut remonter un peu le temps. Au commencement, le rugby se rapproche plus d’une baston générale que d’un véritable sport. Tous les coups (ou presque) y sont permis et la seule manière d’avancer est de taper au pied dans le ballon. Les blessures (graves) sont donc légion et il faut l’intervention d’un étudiant du nom de Harry Vassall pour que tout change.
Le joueur de rugby Carlin Isles se prépare à passer le ballon lors d'un entrainement.

Le rugby va de l'avant

© Marv Watson/Red Bull Content Pool

Alors qu’il est en convalescence à la suite d’une grave blessure contractée en match, il joue aux échecs et a une illumination : dans le célèbre jeu de plateau, on a la possibilité de revenir en arrière afin d’aspirer son adversaire et d’ensuite le contrer. Pourquoi ne pas s’inspirer de ça pour le rugby ? En passant le ballon vers l’arrière, les attaquants forcent les défenseurs à se projeter… Et donc à s’exposer. Et voilà, la caractéristique phare du rugby est née.
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Pourquoi les poteaux de rugby ont-ils une forme de “H” ?

Les premiers matchs de rugby se jouent sur le “Big Side”, le terrain principal du campus de la ville de Rugby. À l’époque, pour marquer des points, aplatir le ballon derrière la ligne ne suffit pas. L’aplatissement ne vaut rien tant que cet “essai”, n’est pas validé en tirant au-dessus de la barre transversale du but. Problème : il est parfois difficile de savoir si le ballon est réellement passé entre les poteaux. Ces derniers sont donc élevés pour que la confusion ne règne plus… Et aussi pour protéger les spectateurs, souvent présents directement au bord du terrain (à l’époque, les tribunes n’existent pas).
Le joueur de rugby Romain Ntamack s'échauffe,

Toujours sur le terrain

© Grégory Hippolyte/Red Bull Content Pool

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Pourquoi le ballon est-il ovale ?

Non, le ballon de rugby n’est pas ovale pour maximiser sa prise en main… Mais pour aider à la transformation. Aux débuts du sport, le ballon a une forme ronde, comme celui que l’on trouve dans le football (après tout, les deux sports sont cousins). Seulement, cette forme n’est pas très pratique lorsqu’il s’agit de transformer un essai. Pourquoi ? La rondeur ne permet pas à l’objet de s’élever rapidement dans le ciel… et donc de passer entre les poteaux. Les étudiants de Rugby ont donc une idée : allonger la forme de la balle de façon à ce qu’elle prenne puisse être posée au sol et qu’elle prenne de la hauteur plus facilement.
Les meilleures images du tournoi de rugby Red Bull Ovalie 2015 à Bayonne.

Sous le soleil du pays basque

© Alex Laurel/Red Bull Content Pool

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Comment les numéros sont-ils attribués ?

Au football, les numéros sont aujourd’hui devenus assez arbitraires (sans mauvais jeu de mot). Un défenseur peut tout à fait porter le numéro 20, par exemple, et un attaquant le 38. Du côté du ballon ovale, c’est un peu différent : chaque joueur titulaire (cette notion est importante) se voit attribuer un numéro en fonction de son poste. On ne va pas tous les énumérer mais ces derniers vont de 1 à 15. Les huit premiers numéros sont attribués aux “avants”, et les sept derniers aux “arrières”. Romain Ntamack, en tant que demi d’ouverture, est par exemple assuré de débuter avec le numéro 10 sur le dos. La classe, non ?
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Pourquoi les rugbymen ont-ils les oreilles en chou-fleur ?

Les oreilles des rugbymen, c’est un sujet qui fascine autant qu’il ne dégoûte. Pourtant, il n’y a (vraiment) pas de quoi s’inquiéter. Le gonflement caractéristique des oreilles est tout simplement dû aux nombreux chocs, frottements et autres pressions qu’elles subissent durant les matchs et particulièrement les mêlées. Cette accumulation pousse le sang des oreilles à s’intercaler entre le cartilage et la peau, formant ainsi un hématome. Au fur et à mesure des micro hémorragies au sein de l’oreille, cette dernière se gonfle et s’épaissit… Prenant la forme d’un chou. Cette pathologie a un nom : la périchondrite. Et elle peut être évitée en se bandant les oreilles, en ponctionnant le sang à l’aide d’une petite seringue, ou ayant recours à la chirurgie esthétique (surtout en fin de carrière).
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La mêlée, ça sert à quoi, au juste ?

C’est l’une des phases de jeu les plus caractéristiques du rugby. La mêlée est une phase de jeu venant sanctionner une faute mineure. Dans ce cas de figure précis, huit joueurs de chaque équipe se font face et s’emboîtent épaule contre épaule. Le but ? Récupérer le ballon introduit par le demi de mêlée en le talonnant. Tout ce joyeux foutoir est chorégraphié d’une main de maître par l'arbitre, au son de ses fameux “Crouch, bind, set !” (“Flexion, lier, jeu !” en VF).
L'équipe de rugby d'Angleterre tire un camion sur une plage dans le cadre du Red Bull Stress Test.

S'accrocher

© Red Bull

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Bon dieu, mais c’est quoi une Chistera ?

Ce terme, tout droit issu de la langue basque, est l’un des gestes techniques les plus iconiques du rugby. Le principe ? Passer le ballon à un coéquipier en effectuant un mouvement de bras derrière son dos. C’est un peu l’équivalent d’une passe dans le dos au basket ou d’une talonnade au foot. Bien réalisée, une Chistera est tout simplement dévastatrice et peut mettre dans le vent une défense entière. Si de nombreux joueurs la tentent (et la réussissent) régulièrement, aucun ne la maîtrise mieux que l’Italo-argentin Sergio Parisse. C’est tout simplement l’expert ultime en la matière.
Le rugby un jeu basé sur la vitesse au Red Bull Ovalie 2014.

Un jeu basé sur la vitesse

© Julien Poupart

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Pourquoi les Néo-Zélandais sont-ils aussi forts au rugby ?

Trois Coupes du monde, des joueurs de légende, une passion inégalable… Le rugby en Nouvelle-Zélande, c’est quelque chose. Mais pourquoi, au juste ? Pour le comprendre, il faut remonter à son introduction sur l’archipel en 1870 par Charles John Monro. À l’époque, les Maoris jouent déjà depuis plusieurs siècles à un sport rappelant étrangement le rugby que l’on connaît aujourd’hui, le ki-o-rahi.
Les scientifiques de la station néozélandaise en Antarctique font un Haka d'avant-match de rugby.

Le Haka des chercheurs néozélandais en Antarctique

© Chaz Firestone

Lorsque Monro introduit le sport, ce dernier rencontre tout de suite un franc succès auprès des populations Maoris. Ces derniers, avec leur sport local, maîtrisent déjà les bases… Et ont le physique parfait pour allier force, vitesse et puissance. Au point de rapidement surpasser le niveau des colons blancs venus s’installer sur l’île. Pourtant, au lieu de diviser, le sport va justement créer des liens très solides entre les différentes communautés et faire partie intégrante de la culture du pays. Pas étonnant, donc, que l’équipe nationale soit la meilleure du monde.
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Pourquoi joue-t-on beaucoup au rugby dans le Sud Ouest de la France ?

Quand on pense au rugby, en France, on pense généralement à Toulouse, Biarritz ou bien Albi… Moins à Lille, Paris ou bien Lyon. C’est sans appel : la zone dans laquelle le rugby est le plus implanté, c’est le Sud Ouest. Si le sport est bel et bien arrivé en France par le nord et notamment le Havre par l’intermédiaire de commerçants anglais (habitant juste de l’autre côté de la Manche), c’est au sud de Bordeaux qu’il s’est largement et durablement imposé.
Du Rugby dans les arènes de Bayonne !

Du Rugby dans les arènes de Bayonne !

© Julien Poupart /Red Bull Content Pool

La raison ? Il y en a en fait plusieurs. Selon certains, cela serait dû à la forte présence de notables britanniques dans la région à la fin du XXIème siècle. Pour d’autres (et c’est la thèse qui est généralement retenue), c’est principalement le climat doux de la région qui a favorisé son implantation, ainsi qu’une culture locale prédisposée à accueillir le rugby (valorisation de la force dans certaines coutumes locales, au Pays-Basque notamment). Bon, évidemment, cela n’empêche pas les villes “du Nord” de posséder de bonnes équipes, hein.