Sébastien Loeb sur la neuvième étape du Dakar 2022
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Rallye-raid

Sébastien Loeb : « S’accrocher jusqu’au bout »

En position de chasseur sur ce Dakar-2022, Sébastien Loeb a encore trois jours devant lui pour essayer de reprendre Nasser al-Attiyah. Cinquième chapitre : le repos avant la bataille finale.
Écrit par ASK
Temps de lecture estimé : 4 minutesPublié le
« Depuis la journée de repos, samedi à Riyad, j’attaque tous les jours à bloc. De toute façon, je n’ai pas le choix. Avec le retard accumulé en première semaine, il faut tout donner.
Sébastien Loeb et son copilote Fabian Lurquin roulent au volant de la voiture BRX Prodrive Hunter T1+ lors de la neuvième étape du Rallye Dakar 2022 près de Wadi Ad Dawasir en Arabie Saoudite.
Loeb sur la neuvième étape du Dakar 2022
Je grignote un peu de temps. Mais il y a toujours un petit grain de sable qui vient nous ralentir. Dimanche, c’était un problème de pression d’essence qui a flingué notre fin de spéciale. Avec Fabian (Lurquin), on était vraiment à l’aise, bien dans le rythme, quand le moteur s’est mis à ‘’ratatouiller’’. On signe quand même notre deuxième succès du rallye, c’est bien, mais on aurait pu réduire un peu plus la distance sur Nasser.
Lundi, il n’y avait plus aucun souci avec la voiture. Pareil, on a roulé fort dans les dunes mais on a perdu notre dernière roue de secours sans s’en apercevoir… A la neutralisation, quand on s’en est rendu compte, il restait encore 250 bornes à courir ! Sauf que là, tu n’as plus le droit à l’erreur, sinon tu te gares et tu attends le camion d’assistance. Il a donc fallu rouler cool pour éviter la crevaison.
Le pilote de rallye français Sébastien Loeb donne une interview après la neuvième étape du Dakar 2022 en Arabie Saoudite.
Sébastien Loeb donne une interview après la 9ème étape du Dakar 2022
Je dors plus qu’à la maison !
Et mardi, dans une spéciale très roulante, je n’ai pas levé le pied une seule fois. Au final, on ne signe que le cinquième temps. Peut-être qu’il il nous manque un peu de vitesse par rapport aux Toyota. On est en train de voir avec les ingénieurs s’il y a quelque chose à faire pour être plus constant, sachant que la vitesse ‘’max’’ est bridée pour tout le monde à 170 km/h. Mais on est toujours un poil en dessus…
Grignoter quelques minutes, ça ne fait pas beaucoup avancer. L’écart est encore important (34’05 mardi soir après une pénalité de 5 minutes infligée à Al-Attiyah) et les jours de courses se réduisent, avec plus que trois étapes jusqu’à l’arrivée. Forcément, ça devient compliqué, mais il faut s’accrocher jusqu’au bout.
Sébastien Loeb roule au volant de sa voiture BRX Prodrive Hunter T1+ pendant la neuvième étape du rallye-raid Dakar 2022 près de Wadi Ad Dawasir en Arabie Saoudite.
Loeb sur la neuvième étape du Dakar 2022
Physiquement, je me sens vraiment bien, frais et dispo. Normal, je dors plus qu’à la maison ! J’ai toujours mes sept à huit heures de sommeil par nuit, parfois plus. Le bivouac est très bruyant mais dans ma grotte, là derrière (le lit du camping-car), on se couche tôt avec ma compagne Laurène, on regarde un peu la télé et puis dodo…
La seule fois où j’ai mal dormi, c’était lors de la journée de repos. Normal, j’étais à l’hôtel sans mes bouchons d’oreilles et il n’y avait aucun bruit, c’était déstabilisant !
Le Français Sebastien Loeb du Bahrain Raid XTreme pilote sa voiture pendant la huitième étape du rallye Dakar 2022 entre Al Dawadimi et Wadi Dawasir en Arabie Saoudite.
Sébastien Loeb du Bahrain Raid XTreme sur la 8ème étape du Dakar 2022
Ce qui est usant, c’est d’être tout le temps concentré.
Demain (mercredi) on va aborder la dixième étape de course. Ça peut paraître long, mais au final, ce n’est pas trop fatigant. Il y a des endroits en spéciale où je pourrais tenir le volant avec deux doigts. Sur les grands plateaux, je ne transpire pas, c’est presque reposant.
Dans les secteurs plus techniques, plus rythmés, tu es mobilisé par l’attaque. Les dunes demandent beaucoup d’attention parce que tu peux vite te faire surprendre. A midi, quand le soleil est au zénith, tout se ressemble et tu ne vois pas le relief. Tout à l’heure, Fabian me dit : ‘’Tu peux y aller à fond’’. Mais à un moment, je devine un truc et je freine un grand coup : il y avait une cuvette qui aurait pu abimer l’auto…
Portrait du pilote de rallye français Sébastien Loeb du Bahrain Raid XTreme après la neuvième étape du rallye Dakar 2022 entre Wadi Dawasir et Wadi Dawasir en Arabie Saoudite.
Sébastien Loeb après la neuvième étape du Dakar 2022
Ce qui est usant sur le Dakar, c’est moins l’effort physique que le fait d’être tout le temps concentré. Entre le cap à tenir, les way-points à chercher, les cailloux à éviter, les bosses ou les cuvettes à bien négocier, il faut être hyper vigilant et réactif.
Quand je rentre au bivouac, je vais chez l’ostéo. Passé un certain âge, les cervicales et le dos sont en souffrance à force de prendre des chocs. Et là, je vais aller me coucher. Il reste trois jours de course et il faut s’accrocher jusqu’au bout. Parce que sur un Dakar, tu ne sais jamais ce qu’il peut arriver… »