Shaun White passe du snowboard au skate et participera aux JO de 2020 et au Red Bull Bowl Rippers.
© Shaun White / Facebook
Skateboard

Le pari de Shaun White

Après avoir gagné cette année sa troisième médaille d’or olympique en snowboard, la légende projette de participer aux JO de 2020 sur un skate. À 33 ans. Mais est-ce si fou ?
Écrit par François Blet
Temps de lecture estimé : 4 minutesPublished on
La logique aurait voulu que Shaun White arrête les frais au sommet du podium olympique de Pyeongchang en février dernier, avec une troisième médaille d’or en poche et un titre d’empereur du snowboard sur le CV. Sauf que le californien, qui enchainait les tricks avant de savoir lire, n’a aucune intention de faire ses adieux aux half-pipes et nourrit même depuis peu un espoir encore plus fou : participer, à 33 ans, aux JO de 2020 sur un skate. Pas étonnant pour un surdoué qui a longtemps refusé de choisir entre les deux planches, et restera à jamais le premier terrien à avoir gagné à la fois aux X-Games d’été et d’hiver ? Un petit peu quand même, si l’on en croit Tony Hawk, son ex-mentor : « Je ne crois pas qu’il réalise ce que ça implique. Sortir des tricks de vert (vertical) dans un skatepark ne suffira pas pour être sélectionné confiait récemment la légende. Shaun était passionné, il skatait tout le temps, mais il a arrêté. Et je crois qu’il a fait le bon choix. » Alors, certes, il est vrai que le profil très street des futures épreuves de Tokyo désavantage d’emblée la « Tomate volante », qui a toujours préféré les rampes. Et, oui, White a claqué la porte du haut-niveau en skate il y a déjà quelques années. Mais rappelons-nous aussi qu’il réussit deux choses mieux que personne : les rotations et les comebacks.
Shaun White débarquera à Marseille pour le contest de skateboard Red Bull Bowl Rippers 2018 !

Shaun White sur sa deuxième planche de prédilection

© shaunwhite.com

Né avec une malformation cardiaque et opéré deux fois à cœur ouvert avant de souffler sa première bougie, l’homme de San Diego déjoue les pronostics (même vitaux) depuis 1986. Et sa dernière résurrection en date remonte précisément aux jeux de Pyeongchang. Rappel des faits : après avoir passé près de 15 ans à enquiller les titres, tourner avec son groupe de rock (The Bad Things), créer des fringues pour sa propre marque et même doubler des schtroumpfs au cinéma (Le « Clueless smurf », dans le deuxième film, c’est lui), White chute au sommet de sa gloire à Sotchi en 2014. Quatrième aux JO pour la première fois de sa carrière, celui que le milieu dit alors perdu (ou simplement trop vieux) pour la cause s’offre un break mais prépare rapidement un improbable retour. En février 2017, il annonce ainsi à NBC viser les jeux de Pyeongchang après avoir changé de coach, de préparateur physique, de sponsors « et même de coupe de cheveux ». En novembre, il chute à l’entraînement et se paie 62 points de suture au visage. Et en février 2018 ? Il sort deux 1440 consécutifs lors de son dernier run pour priver deux gamins (Ayumu Hirano, 19 ans, et Scotty James, 23) de l’or olympique à 31 ans.

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