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Surf

Tout ce que vous devez savoir sur le surf

De son lexique unique à ses figures les plus difficiles en passant par ses stars, on vous rappelle les bases du surf.
Écrit par Andrew Lewis
Temps de lecture estimé : 9 minutesPublié le
Grands lacs américains, Méditerranée, piscines à vagues : longtemps cantonné aux océans, le surf est aujourd’hui pratiqué partout, ou presque. Toujours plus populaire et en constante évolution, la discipline est portée par des athlètes qui lui font prendre, chaque année, une nouvelle dimension. Pourquoi ? Comment ? On vous dit tout.

Aux origines

Sachez-le : on ne sait pas vraiment où est né le surf. Si la plupart des chercheurs s'accordent pour dire qu’il originaire d'Hawaï, des enquêtes historiques ont révélé que d'autres peuples du Pacifique goûtaient à ses joies jadis, et pas uniquement sur des planches en bois.
Ce qui est sûr, en revanche, c'est que c’est bien à Hawaï, au début du XXe siècle, que le surf à commencé à faire parler de lui. Avant, quelques décennies plus tard, de s'exporter en Californie et en Australie pour mieux devenir un phénomène global, accoucher d'une industrie vestimentaire pesant des milliards de dollars et entraîner des millions de pratiquants à se jeter à l'eau. Une démocratisation à laquelle la professionnalisation de la discipline et la création du premier circuit mondial en 1976 (la World Surf League aujourd'hui) ne sont pas étrangères.

Comment ça marche, le monde du surf ?

Freesurfing
C'est le surf loisir, hors compétition. Mais attention, la pratique est tout de même extrêmement codifiée. Le problème ? Ces fameux codes ne sont écrits nulle part, et seule l'expérience vous permettra de les enregistrer.
Sachez, par exemple, que le surfeur qui est le plus à l'intérieur d'une vague est prioritaire au moment de la prendre. Les autres surfeurs, autour de lui, doivent donc arrêter de ramer pour le laisser faire. Une règle tacite qui, lorsqu'elle n'est pas respectée, donne lieu à de nombreux fights en pleine mer. Si les surfeurs aiment l'eau froide, ils ont le sang chaud. Mais malgré ces quelques querelles, l'ambiance est placée sous le signe du cool la majeure partie du temps.
Le surf de compèt’
Les compétitions de surf se déroulent en plusieurs manches éliminatoires (Ex: 1er tour, 2ème tour, 1/8ème de finale etc.) Chacune de ces manches dure un temps prédéfini et compte entre deux et quatre participants, en fonction du nombre de surfeurs engagés.
Ensuite, un jury de spécialistes est chargé de désigner le vainqueur de chaque manche. Le surfeur ayant le meilleur score (une addition des deux meilleures vagues) est qualifié pour le tour suivant. Tout simplement.
Le shortboard
C’est le style de planche le plus populaire. Elle mesure entre 5 et 6 pieds et demi (entre 1m70 et 1m80, pour les non-initiés). Ses avantages ? Sa vitesse et sa maniabilité, pour enchaîner le maximum de manœuvres.
Le longboard
C'est la planche historique des premiers surfeurs. Véritable paquebot, elle peut mesurer jusqu'à 12 pieds (environ 3m60). L'idée ? Gagner en stabilité, pour gagner en longueur de ride ce que l'on perd en vitesse.

Le surf tracté

Un style de surf relativement récent et réservé aux meilleurs surfeurs du monde (mais aussi aux plus courageux/courageuses). Inventé par Laird Hamilton à Hawaï au début des années 2000, il consiste à se faire tracter par un jet-ski pour mieux se caler sur la vitesse des vagues de plus de quinze mètres avant de rider ces montres longtemps restés inaccessibles. Et qui est la référence du genre en France ? La légende Justine Dupont, bien évidemment.

De quel matos ai-je besoin pour commencer ?

Pas grand-chose, pour être honnête. Tout ce dont vous avez besoin, c'est d'un maillot de bain ou d'une combinaison si vous êtes frileux, d'une planche en mousse (c'est l'idéal pour commencer) et d'un leash pour rester attaché à votre planche. Vous avez déjà vu Kelly Slater aller ramasser la sienne sur la plage ?
Ensuite, le mieux est de prendre des cours avant de vous lancer. Les autodidactes sont très rares en surf, et un prof vous permettra d’apprendre les bases pour progresser plus vite. Par ailleurs, si vous êtes débutant(e), n'achetez pas de planche tout de suite. La plupart des surfshops proposent des locations très abordables. Ensuite, les vagues sont à vous. Mais pensez à la priorité !

Le guide des manoeuvres

Le tube
C'est la manœuvre la plus impressionnante. Dans les faits, un tube (ou "barrel") se forme lorsque la crête d'une vague casse et crée un espace où le surfeur peut se tenir debout. Plus la vague est grosse, plus le tube est grand.
Notez qu'il est extrêmement difficile d'acquérir le timing, l'équilibre et la perception de l'espace nécessaires pour plonger dans ce genre de rouleaux et en sortir avec style. Mais c'est en forgeant qu'on devient forgeron !

Le bottom turn

La manoeuvre de base du surf moderne. Elle consiste, après s'être levé, à effectuer un virage en bas de vague avant de pivoter à l'horizontale pour transférer l'énergie gagnée pendant la descente. Voyez-ça comme une sorte de pédale d'accélérateur.
Le roller
Le roller (ou top turn) consiste à ramener sa planche en direction de la crête à la verticale, de façon à ce que la pointe sorte de l'eau, puis à mettre un coup de hanche qui va faire tourner la board et la remettre dans l’axe de la vague. Quand il est bien fait, le roller crée une belle gerbe d'eau au-dessus de la vague. Alors, si vous avez un pote photographe, demandez-lui de vous shooter en pleine action, votre Insta vous remerciera.
Le floater
Les vagues ne déferlent pas toujours parfaitement. Alors, quand un surfeur rencontre une vague trop longue sur laquelle il ne peut pas faire de bottom turn, il doit utiliser sa vitesse pour flotter sur sa lèvre. C'est aussi simple que ça.
L'aerial
Les surfeurs des années 90 ont donné une autre dimension à la discipline en se servant des vagues comme tremplins pour s'élever dans les airs et enchaîner les figures. 360, 540, backflips : tout est possible, si vous avez les skills nécessaires.

Les noms à surveiller

  • Kai Lenny – Le nouveau Laird Hamilton : au cours des deux dernières années, il a choqué le monde du surf en affrontant certaines des plus gros murs d'eaux du monde et en enchaînant les aerials comme sur des vaguelettes. Un monstre.
  • Carissa Moore – La quadruple championne du monde a propulsé le surf féminin vers de nouveaux sommets au cours de la dernière décennie. Combinant puissance et style, Moore est tout simplement l'une des meilleures surfeuses de l'histoire du sport, hommes et femmes confondus.
  • Caroline Marks – En 2018, à l'âge de 16 ans, Marks est devenue la plus jeune surfeuse à se qualifier pour le Championship Tour féminin, avant de remporter le titre de Rookie of the Year. Une pépite qui ne cesse de progresser.
  • Kanoa Igarashi – Igarashi est de loin le meilleur surfeur japonais. À 23 ans, il est déjà l'une des forces tranquilles du CT et a notamment remporté le Corona Bali Protected Pro 2019. Un homme pressé.
  • Jordy Smith – Fort de nombreuses victoires sur le CT, ce Sud-Africain affiche une rare combinaison de puissance et de finesse. Malgré ses 33 ans, l'homme qui s'adapte à toutes les vagues reste l'un des meilleurs surfeurs au monde.
  • Mick Fanning – Le surnom du triple champion du monde ? "White Lightning", en référence à sa toison d'or et sa faculté à dépasser la vitesse du son (ou presque) dans l'eau. Aujourd'hui retraité, il explore la planète en quête de spots prometteurs mais pas encore exploités.
  • Lucas 'Chumbo' Chianca – Chumbo est le meilleur surfeur de gros du monde avec Kai Lenny. À la fois smooth et solide, il est capable d'envoyer des aerials improbables sur des monstres d'eau jugés insurfables il y a peu.
  • Eli Hanneman – La jeune star hawaïenne est totalement bluffante lorsqu'il s'agit de s'envoler au-dessus des vagues et fera bientôt parler d'elle sur la scène internationale.
  • Justine Dupont - Polyvalente mais spécialiste du bigwave et capable de se payer les plus gros murs d'eau jamais ridés, la bordelaise expatriée à Nazaré n'a pas fini d'ajouter de nouveaux chapitres à sa légende.
  • Molly Picklum – Préparez-vous : cette Australienne au talent fou progresse chaque jour et s'apprête à faire résonner son nom aux quatre coins de la planète surf.
  • Julian Wilson - l'Australien secoue le monde depuis ses plus jeunes années et en a encore sous la pédale. Enfin, sous la planche. Bref, vous avez compris.
  • Kolohe Andino – Tout comme Julian Wilson, Andino est sous le feu des projecteurs depuis ses débuts californiens. Et l'histoire n'est pas terminée.
Évènements :
  • Pipe Masters : l'événement le plus emblématique du surf professionnel se déroule depuis 1970 à Banzai Pipeline sur la côte nord d'Oahu, à Hawaï. Et sachez-le : on parle sûrement de la vague la plus dangereuse et la plus difficile au monde.
  • Finales WSL, Lower Trestles Californie : suite à un remaniement de son calendrier, la WSL a décidé d'organiser le dernier event de son tour sur ce break de renommée mondiale.
  • Surf Ranch Pro, Lemoore, Californie : la seule étape du tour disputée directement sur une vague artificielle et dans le jardin de la légende Kelly Slater. Et oui, tout est vrai dans cette phrase.
  • Nazaré Tow Surfing Challenge, Portugal : Nazaré est la Mecque du surf de gros, et cet évènement le plus prestigieux de la discipline. À suivre si vous aimez voir les meilleurs surfeurs de la planète se payer des titans aquatiques.
  • Triple Crown of Surfing : outre les Pipe Masters, le North Shore d'Oahu, à Hawaï, accueille également deux autres événements emblématiques du surf professionnel, à Haleiwa et Sunset Beach. Ensemble, ces trois événements constituent la prestigieuse Triple Crown of Surfing, l'un des plus grands titres qu'un pro puisse décrocher.
  • Jaws Big Wave Championships : Jaws (ou "mâchoires" en français) est l'une des plus grosses vagues du monde, et c'est pourquoi l'élite du big wave se retrouve à Hawaï chaque année pour se jeter dans la gueule du loup.
  • Red Bull Cape Fear : le seul évènement au monde qui, de Sydney à la Tasmanie, propose aux surfeurs de gros de s'affronter sur des slabs, qui explosent littéralement sous le niveau de la mer. Une folie.
  • International Surfing Association World Surfing Games : si gagner une étape du CT reste le Graal du surf individuel, une victoire sur les World Surfing Games - qui accueillent plus d'une centaines d'équipes venus de pays différents - est celui du surf collectif.