Triathlon ironman
Etienne Ca : être à la hauteur
Du haut de ses 2,08 m et 95 kilos, Etienne Ca s’est lancé un défi de taille : boucler son tout premier Ironman.
La création de contenus, il connaît. L’image, il maîtrise. Mais aujourd’hui, avec ses 2,6 millions d’abonné·e·s sur TikTok, Etienne Ca troque likes et vues contre kilomètres et courbatures. Le 29 juin à Nice, il se frottera à l’une des épreuves les plus redoutables de la planète : l’Ironman. Pour se préparer à affronter les plus grands défis comme celui-ci, il a décidé d’aller chercher l’excellence à la source.
Depuis juillet 2024, il anime The Elevate House, une émission-podcast disponible sur Youtube et Spotify dans laquelle il reçoit des pointures de tous horizons pour décrypter leurs routines et les secrets de leurs disciplines respectives. Son objectif : comprendre comment repousser ses propres limites.
Face à lui, on retrouve des invité·e·s, aussi inspirant·e·s qu’exigeant·e·s, comme le danseur Salif Gueye, l’entraîneur de Serena Williams, Patrick Mouratoglou, ou encore Cyril Benzaquen, six fois champion du monde de kick-boxing.
« J’ai toujours aimé en savoir plus sur les gens. » Mais aujourd’hui, c’est nous qui souhaitons en savoir plus sur lui. Il se livre pour The Red Bulletin.
Une bénédiction
Le sport, Etienne baigne dedans depuis son plus jeune âge. Tennis, judo, natation, le natif d’Écully, ville en périphérie de Lyon, a un peu touché à tout dans sa jeunesse. Et ce n’est pas un hasard. « Mes parents ont toujours été sportifs. Mon père a beaucoup joué au foot. Ma mère a été alpiniste pendant longtemps. Elle a fait pas mal de sommets. Mais elle a arrêté quand mon frère et moi sommes nés parce que c’était trop dangereux. Mes parents nous ont toujours poussés à faire du sport. »
Mais par sa taille, un sport s’impose comme une évidence, recommandé par son ancien prof de collège : le basket. C’est à 15 ans que cette discipline lui tombe dessus un peu par hasard. « Je n’avais pas spécialement pour objectif de jouer en pro. »
Et pourtant, au vu de ses performances sur le parquet, le club d’Élan Chalon va le contacter pour rejoindre le centre de formation. Mais après trois saisons au club et une aux Sharks d’Antibes, un événement va tout bouleverser : une blessure au poignet qui va mettre un terme à sa carrière professionnelle. Un mal pour un bien qu’il interprète même comme une bénédiction. « La liberté que j’ai maintenant est beaucoup plus précieuse que la liberté que je sacrifiais pour le basket. »
Il y a plein de choses qu’on pense impossibles.
Des micros-trottoirs aux paddocks de F1
Etienne délaisse le maillot de basket pour se consacrer pleinement à la création de contenus. Il commencera à connaître le succès avec des vidéos humoristiques jouant sur sa taille. Mais rapidement, il va se tourner vers un autre domaine qui fera sa renommée : les micros-trottoirs.
« J’ai commencé les micros-trottoirs parce que j’étais très timide et je voulais me forcer à parler à des inconnu·e·s dans la rue pour surmonter ce handicap. »
De Lyon à Paris, il transforme sa timidité en véritable moteur. Les vues explosent, les abonné·e·s affluent et donc les portes s’ouvrent. Et pas des moindres puisqu’il sera invité aussi bien au Festival de Cannes que dans les paddocks de Formule 1 en passant par des avant-premières aux quatre coins du monde.
« C’est ça qui est fou avec les réseaux sociaux aujourd’hui. En deux ans, ils peuvent changer ta vie. »
Pourtant, derrière les paillettes, Etienne est en quête d’autre chose. Quelque chose qui se situe dans le dur, dans le corps, dans le mental : l’endurance.
226 kilomètres
« En 2023, j’ai commencé à m’intéresser aux sports d’endurance, à commencer par la course à pied. Et là j’ai vu tout de suite que c’était difficile pour moi parce que je n’avais pas forcément le physique adapté à ce genre de sport. J’en ai alors fait un défi et un nouvel objectif à atteindre. »
C’est alors qu’Etienne est contacté par Sam Laidlow, le plus jeune champion du monde d’Ironman, pour le convaincre de faire son premier Ironman. Ne manquant pas d’audace, Etienne a accepté ce défi complètement fou : 3,8 kilomètres à la nage, 180 en vélo, et un marathon, soit au total, 226 km à avaler, sans flancher.
Alors, en novembre 2024, ils partent pour Marbella avec comme objectif un half Ironman, histoire d’avoir un aperçu de ce qui l’attend. « L’expérience avec Sam m’a montré à quel point ce sport est exigeant. Parce qu’il ne suffit pas d’enchaîner trois sports. Il s’agit de les pratiquer à un niveau de grosse intensité, c’est là qu’est la vraie difficulté. »
C’est à ce moment-là qu’Etienne tire ses premières leçons : l’entraînement en solo, aussi rude soit-il, n’a rien à voir avec l’énergie chaotique du jour J.
« Nager en eau libre entouré de dizaines de personnes, c’est se retrouver sur une autre planète. Ça pousse, ça bouscule, tu peux paniquer ou vouloir accélérer juste parce qu’il y a du monde. Pareil en vélo : tu veux doubler, tu vas trop vite, tu te crames. Et sur la course à pied, la foule peut t’éloigner de toi-même. C’est là que tu dois apprendre à rester connecté, à ne pas te perdre. »
L’histoire dira s’il franchira la ligne d’arrivée. En tout cas, il aura appris une chose : la capacité à déverrouiller ses propres barrières. « Il y a plein de choses qu’on pense impossibles, alors qu’elles sont juste là, devant nous. Il suffit d’y aller. »
Focus
Les défis d’Etienne
- Juillet 2023 - Les 10 km du Paris-St-Germain en 44min33
- Août 2024 - Marathon pour tous à Paris en 3h41
- Novembre 2024 - Ironman 70.3 de Marbella (Espagne) en 6h20
- Juin 2025 - Ironman de Nice
Instagram : @iamdaetienne