Tim Débauché
Skateboard

Young Guns : rencontre avec les champions de demain

© Teddy Morellec/Red Bull Content Pool
Ils ont 20 ans, font du skate, du wakeboard ou du motocross, et s'appellent Tim Débauché, Jules Charraud et Tom Vialle. Eux ce sont les jeunes prodiges de Red Bull, et on fait les présentations.
Écrit par Red Bull FrancePublié le

Tom Vialle

Portrait du pilote de motocross Tom Vialle, champion du monde de MX2.
Tom Vialle
S'il a encore une longue carrière qui l'attend, le pilote de motocross Tom Vialle a déjà l'étoffe d'un grand. Pas étonnant quand on sait que son père, Frédéric Vialle, reste l'un des pilotes les plus doués et les plus populaires de sa génération. Mais à la différence d'un certain nombre de "fils de" bercés aux exploits de leurs parents, Tom Vialle n'a jamais réellement souffert d'une quelconque pression assimilée à son nom. "Étant plus jeune, vers 10-12 ans, mon père était assez connu sur les circuits, j’étais donc plus au centre de l’attention que les autres jeunes pilotes mais quand j’ai grandi, avec l’habitude, c’est passé. Ça ne m’a pas vraiment bouleversé", confie-t-il.
Tom Vialle fréquente les circuits depuis son plus jeune âge. "J’ai commencé vers 3 ou 4 ans. J’ai eu ma première moto assez jeune, une Yamaha PW 50. J’ai fait mes premières courses vers 7 ans, en 50 KTM sur un circuit pas loin de chez moi, près d'Avignon, et c’était parti." En 2010, à l'âge de 10 ans, le pilote participe à ses premières course en championnat de France, en 65 KTM. Un an plus tard, il devient champion de France dans cette même catégorie.
À partir de là, les choses s'enchaînent. "Jusqu’à 16 ans, je restais un ado normal, j’allais tous les jours à l’école, puis quand je suis arrivé en 250 KTM, j’ai commencé à suivre des cours par correspondance puisque les courses durent 4 jours, généralement du jeudi au lundi."
Puis vient la saison 2017-2018, période charnière dans la carrière de Tom Vialle. "À partir de ces années-là, j'ai décidé de me consacrer à 100% à la moto". Tom Vialle part s'installer en Belgique, capitale européenne de la discipline. "C’est un grand pas, puisque tu perds le lien avec tes amis, mais c’est un choix que je ne regrette absolument pas", explique-t-il. On le comprend. Fin 2018, Tom Vialle signe chez son premier team officiel : Red Bull KTM.
Tom Vialle à Pietramurata, en Italie, le 4 novembre 2020 lors des championnats du monde de motocross FIM MXGP.
Tom Vialle, à l'horizontale
"Je me suis rendu compte que c’était une chance que peu de pilotes pouvaient avoir et c’est là que les choses ont réellement commencé. À partir de là, j’ai dû travailler encore plus dur pour y arriver. Je suis passé de semi-pro à professionnel, on m’a attribué un mécanicien et un entraîneur qui me suivent partout."
Pour autant, Tom Vialle parvient une fois de plus à gérer cette pression et fait les choses étape par étape. "Quand je suis arrivé, Jorge Prado était champion du monde. Pendant ma première année, le team était donc basé sur lui, pour essayer de conserver le titre. Moi je devais faire de mon mieux et prendre de l’expérience. Ça m’a beaucoup aidé, je n’avais pas spécialement de pression, j’ai pu analyser et progresser petit à petit".
En 2019, Tom Vialle réalise "une belle saison avec des hauts et des bas, ce qui est normal pour un début", raconte-t-il modestement. Le pilote termine, cette année-là, 4ème du championnat, grimpe sur quelques podiums et gagne même un Grand Prix.
"J’ai ensuite passé l’hiver à me préparer pour la saison 2020. On a fait les deux premières courses, une en Angleterre et une en Hollande, que j'ai gagnée. Je me suis donc retrouvé leader du championnat." Puis, la crise sanitaire a paralysé le monde. "J’ai passé deux mois sans faire de moto, la reprise n'a pas été facile", admet-il. Mais Tom Vialle ne lâche rien et parvient à réaliser son rêve, en décrochant à la fin de la saison, son premier titre de champion du monde de MX2. "C’était déjà difficile et ça va être encore plus difficile de conserver le titre", affirme-t-il. On est prêt à parier que ça ne le sera pas tant que ça...

Jules Charraud

Portrait du wakeboardeur Jules Charraud à La Source Wake Park, près de Toulouse en France, en septembre 2019.
Jules Charraud
À 21 ans, Jules Charraud connaît tout, ou presque, du wakeboard. Cette discipline, il la découvre quand il a 8 ans, à la base de loisirs de Cergy, sa ville natale, dans le Val d’Oise. Seul problème : "On ne pouvait pas faire en faire avant l’âge de 10 ans", se souvient-il. Pendant deux longues années, c’est donc en observant son père qu’il apprend les rudiments du wakeboard, avant de monter sur sa propre planche. "Quand je m’y suis mis, j’ai tout de suite accroché et je n’ai jamais arrêté."
À ses débuts, Jules Charraud ride seul ou avec des amis, mais très vite, il remporte les championnats de France et une coupe de France. À la suite de ces performances, il rejoint la vingtaine de riders que compte l’équipe de France de wakeboard. Il y reste quatre ans, de 2013 à 2017, période durant laquelle il finit troisième aux championnats d’Europe.
En parallèle, Jules Charraud découvre les contests comme le FISE (qu’il termine d’ailleurs deuxième en 2019) ou le Red Bull Wake of Steel, des contests diamétralement opposés aux compétitions fédérales. "Il existe deux disciplines différentes en wakeboard", explique Jules Charraud. "D’un côté le jib, qui consiste à faire des tricks sur des modules, et de l’autre le air tricks, une discipline où l’on fait des tricks uniquement à l’aide du téléski. Les compétitions fédérales sont très axées là-dessus, mais je préfère le wakeboard sur modules que je trouve beaucoup plus fun."
C’est décidé, Jules Charraud arrête les compétitions fédérales pour se concentrer sur les gros contests européens, qu’il pourra désormais rejoindre avec son petit camion. "J’ai eu mon permis l’année dernière, juste avant le confinement. Je me suis trouvé un vieux C25 de 1990 aménagé que j’ai retapé à ma sauce. Ça fait un an que je vis presque dedans, je m’en sers pour aller partout en Europe."
Jules Charraud s'entraîne sur son home spot de La Source Wake, près de Toulouse, en France, le 17 septembre 2019.
Jules Charraud, tout en douceur
Cette année, Jules Charraud prévoit de participer à plusieurs contests. Mais impossible d’être sûr qu’ils auront bien lieu. Dans tous les cas, le rider a largement de quoi s’occuper. "En parallèle des compétitions, ça fait maintenant deux ans que j’essaie de me concentrer sur la production de vidéos. J’aime pouvoir travailler sur plusieurs choses différentes. Travailler pour un contest, c’est super, mais pouvoir montrer le wakeboard d’une autre manière, et réfléchir à des choses nouvelles, je trouve ça très intéressant."
Car s’il y a bien une chose que Jules Charraud espère, c’est continuer de populariser sa discipline. "Aujourd’hui, le wakeboard se démocratise. C’est un sport qui est relativement jeune et quand on compare la discipline d’aujourd’hui à celle d’il y a cinq ans, ça n’a rien à voir, que ce soit au niveau du level, des événements ou de la communication. C’est un sport en plein boom et j’aimerais faire en sorte qu'il se démocratise encore plus."

Tim Débauché

Tim Débauché, Place de la République, à Paris, le 30 octobre 2019.
Tim Débauché
Tim Débauché est un pur produit du Pays basque. Né à Biarritz, il y grandit entouré de son grand frère Matt et de son père, tous les deux skateurs et amateurs de sports de glisse en général. "J’ai moi aussi tout essayé, le surf, le snow, le ski, mais j’ai préféré me focaliser sur le skate, la discipline à laquelle j’ai le plus accroché", raconte Tim. Bref, c'est ce qu'on appelle un bon choix.
"Au début j’en faisais juste avec mes potes pour m’amuser." Schéma plutôt classique pour un rider. Ce qui l’est moins, c’est la vitesse fulgurante avec laquelle le jeune garçon progresse. "Mon premier grand souvenir de skate, c’est quand j’ai plaqué mon premier flip, à Los Angeles, avec mon père et mon frère", se souvient Tim, qui n'avait alors que 7 petites années.
Très vite, il découvre le monde des compétitions aux côtés des deux autres skateurs de la famille, et participe à son premier championnat de France en 2012. Puis, s’enchaîne une adolescence entre les skateparks d’Anglet (où il vit toujours) et Biarritz, les contests, et les cours. "Je n’ai pas toujours été très sérieux dans mes études, admet-il, "mais c’est passé, j’ai eu mon bac en 2020."
Côté planche, tout se passe mieux. En 2017, il remporte deux manches des championnats de France Espoirs et s’impose au Nike SB Barcelona AM, l’un des contests de street les plus prestigieux de la planète. "C’est la première fois que je remportait une aussi grosse compétition", raconte-t-il. Suite à ces performances remarquables (et remarquées), il intègre la première équipe de France de skate. "C’était un truc de fou mais on ne se rendait pas vraiment compte. On voyait ça comme une opportunité de faire des compétitions et de voyager mais c’était un peu flou. Aujourd’hui, tout le monde sait qu’il y a une équipe de France de skate et beaucoup de skateurs veulent en faire partie." Et on peut les comprendre : "On a fait des stages à Rio, au Canada, aux US… on skatait des spots de fou tous ensemble toute la journée, c’était trop bien."
Ces stages sont les premiers d’une longue lignée, et servent désormais à préparer les athlètes aux Jeux olympiques de Tokyo, où le skate fera son entrée, au grand regret d’une bonne partie de la communauté de skateurs. "Je le comprends tout à fait", explique Tim. "Le skate vient de la rue et beaucoup de skateurs ne le considèrent pas comme un sport et pensent donc que ça n’a rien à faire aux JO. Moi-même j’avais un peu cette vision-là, mais je me suis rendu compte que ça pouvait apporter énormément de choses à la discipline."
En 2018, sa jeune carrière est mise entre parenthèses. "J’ai grandi trop vite donc j’ai eu beaucoup de tendinites rotuliennes. C’était horrible", se souvient-il. "Le pire, c’est que tu ne peux pas savoir pour combien de temps tu en as avec ce genre de blessures, et mis à part du repos, on ne peut pas faire grand chose." Pendant plus d’un an, Tim Débauché ne peut plus monter sur une board. "J’appréhendais un peu la reprise", confie-t-il, "je pensais avoir perdu du niveau, mais pas tant que ça."
Tim Débauché joue à la Simple Session, à Tallinn, en Estonie, le 1er février 2019.
Tim s'envole
C’est le moins que l’on puisse dire. En 2019, année où il reprend les compétitions, Tim parvient à se qualifier pour la Street League - le principal circuit de compétitions en street - parmi 150 autres skateurs. "Ça m’a fait bizarre de me retrouver sur les bancs de la Street League avec tous les pros, j’avais l’impression de pas mériter d’être là", explique-t-il modestement. Il arrive jusqu’aux quarts de finales. Son secret ? "Je ne me mets pas trop la pression en compétition. Dès que je skate, je prends du plaisir, comme si c’était une simple session, et c’est tout."
Pendant cette année 2020 mise entre parenthèses (qu’il admet ne pas avoir trop mal vécue), Tim Débauché a découvert un autre aspect de la discipline : "Je viens de terminer une vidéo pour Thrasher qui devrait sortir dans quelques mois. Je kiffe vraiment ça et j’ai prévu d’en faire d’autres, dont une avec mon frère." On a hâte de voir ça.
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