Vincent Matheron au bowl de Marseille
© Hadrien Picard/Red Bull Content Pool
Skateboard
"Ce bowl, c'est ma deuxième maison. Il est même tatoué sur mon bras."
Premiers souvenirs marseillais, dernières ambitions, Jeux Olympiques : l’enfant du Prado Vincent Matheron se livre à l’approche du Red Bull Bowl Rippers.
Écrit par François Blet
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Red Bull Bowl Rippers 2020

France

Vincent Matheron

L'année dernière, tu t'étais cassé la clavicule une semaine avant le Bowl Rippers. Tu dois donc avoir particulièrement faim cette année non ?
Oui c'était très frustrant de voir tout le monde skater et de rester sur la touche. Surtout chez moi, à Marseille. Je suis donc hyper motivé. En plus, on revient toujours dix fois plus fort après être tombé. Là, je suis en tournée à Berlin, mais je compte trouver un moment pour me reposer et aborder cette compèt dans les meilleures conditions possibles. La dernière fois que j'ai participé, en plus, j’étais à moitié blessé, j’avais mal à la hanche et j’avais fini 7ème.
Donc tu arrives en forme à Marseille pour la première fois...
J’espère ! J’ai encore une compèt à Barcelone, donc on va voir, mais je croise les doigts.
Tu es en train de réaliser la saison de ta vie. Une victoire aux internationaux de Nankin en avril, une autre à La Kantera en juin, le titre de champion de France...Comment tu expliques cette belle série ?
Je ne sais pas trop comment l'expliquer. Je n'ai pas forcément l'impression d'avoir progressé sur des points précis, mais disons que je me sens juste très à l'aise sur mon skate en ce moment. Ça n'est finalement pas plus compliqué que ça.
Le skate, ça ne se prépare pas. Il faut être pris par un flow.
Vincent Matheron
Tu te prépares toujours en faisant quatre heures de skate par jour ?
Je skate tous les jours. Où que je sois. Ça n’a jamais changé. Et je ne compte pas les heures. Pour moi, c’est un plaisir avant tout.
D'accord mais comment se conditionner pour un évènement comme le Bowl Rippers ? En visualisant ses futurs runs ?
Non, le skate, ça ne se prépare pas. Je vais rouler comme tous les jours, me donner à fond…Mais je vais pas imaginer des lignes précises. Il faut être pris par un flow quoi. Moi je suis un mec qui fait les choses à l’instinct. J’essaie de ne pas gamberger.
Quels sont tes premiers souvenirs du bowl du Prado ?
Les compèts Bowlriders quand j’étais minot, parce qu’il y avait des grosses affiches avec des américains…et notamment John Cardiel, mon skater préféré. Mais sinon, mes premiers souvenirs du Prado, ce sont surtout mes premiers souvenirs de skate tout court. Mon père m'a fait monter sur une planche à 4 ans, on allait skater le bowl à trois avec mon oncle, puis j'ai continué avec mes potes. 
Oui, donc tu l'as vraiment dans la peau...
Ouais. Littéralement en plus, puisqu’il est tatoué sur mon bras. C’est ma deuxième maison. C’est vraiment là où j'ai grandi. Là où j'ai rentré mes premiers tricks. Tout ça est gravé en moi. Je ne l'oublierai jamais
Beaucoup disent que c'est le meilleur bowl du monde. Tu dois penser la même chose, mais es-tu bien objectif ?
Très sincèrement, pour moi, il n'y a pas mieux. C'est un bowl qui permet de faire des gros slides, des belles lignes...en fait c'est un peu comme une vague artificielle. Il a beaucoup de flow.
Tu as évidemment dû le tester depuis sa rénovation. Qu'en penses-tu ?
Oui bien sûr, je l’ai déjà beaucoup skaté. Je suis à Marseille tout l’hiver donc j’en profite pour y aller. Globalement c’est très bien, même il y a quelques petits défauts, comme une bosse qui est maintenant un peu trop raide. Mais ça me change, c’est bien. Après, ça reste fondamentalement mon bowl hein. Je le connais par coeur. 
Le bowl du Prado de Marseille, lieu iconique du skateboard, photographié au coucher du soleil.
Le coucher de soleil sur le bowl du Prado à Marseille
Ce qui te donne forcément un avantage en compèt...
Oui c'est sûr mais après j'ai encore beaucoup à apprendre et il y aura beaucoup de très bons skateurs au Bowl Rippers. Et je suis d'ailleurs toujours ravi de les voir skater chez moi.
En parlant des autres skateurs, les français sont vraiment en train de bousculer l'hégémonie américaine sur la discipline non ?
Oui c’est clair, il y a une vraie montée en puissance. En street on a Vincent Milou et Aurélien Giraud qui sont très chauds en ce moment. On essaie d'observer les autres, de progresser…on sait qu’on a le potentiel donc on essaie d’en faire quelque chose. 
Et toi, finalement, tu as grandi en skatant comme un californien...
Oui, j'ai appris à lire les lignes très tôt, comme un vrai skateur de bowl. C'est dans mon ADN.
Vincent Matheron en skateboard dans le bowl de l'hotel Hi Adventure à Florianopolis.
Vincent Matheron : frontside hurricane
Quelles sont les principales différences entre le street et le bowl ?
Disons qu'en bowl, on recherche plus d'amplitude, de rythme et de hauteur. Le street, c'est plus technique. Après, certains mecs qui font du bowl sont très techniques aussi hein, ça ne veut pas dire grand chose. Mais ce sont quand même deux trucs assez différents.
Skateboard · 1 minutes
Vincent Matheron dépouille les spots de Californie
Le skate sera au programme des JO en 2020 et ça divise pas mal le milieu. Certains estiment que ça risque de nuire à sa liberté. Qu'en penses-tu ?
Les JO, c'est quelque chose d'incroyable, et j'aimerais les faire, c'est sur. Mais franchement, pour moi, ce sera une compèt comme toutes les autres. Enfin ce que je veux dire, c'est que ça ne changera pas le skate. Bref, j'espère être sélectionné, mais je ne me prends pas plus la tête que ça.
Le skate est un plaisir à la base, et doit le rester. On le pratique pour être libres.
Vincent Matheron
Greg Poissonnier disait l'année dernière que ton désir de voyager faisait de toi un skater assez unique à Marseille...
Mon oncle et mon père voyagent énormément depuis qu’ils sont minots, et j'ai attrapé le virus. J’ai envie de visiter tous les parks du monde, de skater partout. Pas de rester à Marseille toute l'année. L’été, je n’y suis jamais d’ailleurs. En plus, je te raconte pas le décalage horaire quand je repasse par chez moi entre deux trips...
Tu as une destination rêvée en tête d'ailleurs ?
J’ai déjà fait tous les spots que je voulais skater, à part peut-être l’Oregon. Il y a plein de bowls là-bas, mais il faut y aller l’été. Parce que le reste du temps, il pleut.
Quels sont tes projets, au-delà de ça ?
Toujours progresser, rouler avec les américains…mais le but, ce n’est pas d’être tout le temps dans la compétition. Encore une fois, le skate est un plaisir à la base, et doit le rester. On le pratique pour être libres. Et c’est en prenant du plaisir qu'on fait des progrès.
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