Certains amoureux des vinyles sont des collectionneurs comme les autres. Quand un de leurs disques préférés sort sous une forme originale (ou chelou), ils se ruent obligatoirement dessus. À l'approche du Disquaire Day (le 22 avril, notez la date), on a décidé de lister tous les vinyles les plus weirds sortis ces dernières années !
Le vinyle qui ressemble à un CD
Au milieu des années 2000, avant le retour de hype du vinyle, certains artistes et labels ont tenté de maquiller des CD en simili-vinyles pour contrer le MP3 et redonner de l'intérêt aux supports physiques. Sans succès. En 2012, Erol Alkan et son label Phantasy ont alors tenté la manoeuvre inverse : produire des vinyles qui ressemblaient à des CD gravés. Certains acheteurs ont dû raser les murs en sortant de leur disquaire avec ce genre d'objet sous le bras.
Le Triple Decker Record de Jack White
Avec son label Third Man Records, Jack White aime expérimenter des tas de choses. Sur certains disques, des intros sont cachées et trouvables en plaçant le bras de sa platine à un endroit bien précis du vinyle. Mais ils ont frappé un grand coup avec le Triple Decker Record : l'album Blue Blood Blues de The Dead Weather, pressé sur un 33 tours, pouvait s'ouvrir en deux pour donner accès à un 45 tours.
Les vinyles pour vampires
Meredith Graves, du groupe Perfect Pussy, a eu l'idée un peu bizarre de faire infuser les vinyles de l'album Say Yes To Love dans son propre sang. Une opération heureusement limitée à 300 exemplaires. Les Flaming Lips sont allés encore plus loin dans le délire avec les vinyles de leur album Heady Fwends. 10 d'entre eux contenaient en effet quelques centilitres de sang d'artistes tels que Chris Martin de Coldplay, Kesha, Justin Vernon ou encore Sean Lennon. Chaque disque coutait tout de même 2500 dollars, la somme étant destinée à être reversée à des oeuvres de charité.
Le vinyle qui imite le zootrope
Mais b*rdel, c'est quoi le zootrope ? C'était un objet du XIXème siècle qui permettait de donner l'illusion de mouvement d'un personnage animé. En clair, une technique d'animation datant d'une époque où les films n'existaient pas encore. En 2014, le duo londonien Sculpture a réutilisé le principe de cet objet tombé dans l'oubli sur le vinyle de leur single Plastic Infinite. Et il faut bien dire que le résultat était plutôt réussi.
Le plus petit vinyle du monde
L'un des principes du punk est de jouer très vite et de réduire les morceaux au strict minimum. Le fanzine PEA BRAIN a ainsi décidé de sortir une compilation des meilleurs titres de six groupes originaires de Southampton et de Portsmouth. À un détail près : aucun morceau ne dure plus de 10 secondes. Résultat : le seul vinyle au monde qu'on peut transporter sans problème dans la poche de son jean slim.
Le vinyle parfumé
Les stickers à gratter odorants existant déjà, il était plutôt logique qu'un vinyle parfumé finisse par sortir un jour. Ce qui devait arriver arriva : à l'occasion des 30 ans du film, la réédition de la BO de Ghostbusters, signée Ray Parker Jr, est sortie dans un très beau vinyle blanc qui sentait le marshmallow, en l'honneur de l'énorme bibendum. Third Man Records a aussi sorti des vinyles de Karen Elson qui sentaient la pêche.
Le vinyle en réalité augmentée
Reflection, le dernier album de Brian Eno, est un cas intéressant. En vinyle, c'est un disque d'ambiance de 54 minutes. Mais sa version digitale, à écouter à l'aide d'une appli, propose des versions différentes de l'album, qui changent selon le moment de la journée où on l'écoute. Déjà en 2014, Eno et le label Warp Records avaient demandé à Lukasz Karluk et son studio Toby and Pete de construire une appli en réalité augmentée pour accompagner la version vinyle de Someday World, l'album co-signé avec Karl Hyde d'Underworld. Jetez un oeil au résultat :
Le vinyle holographique
Attention, on ne parle pas des simples hologrammes, qu'on pouvait retrouver dès les années 1980 sur les pochettes des disques de Pink Floyd, Slayer ou UB40. Non, on parle là du travail de Tristan Duke, un vrai sorcier des images holographiques. En 2014, il a aidé Jack White à incorporer un hologramme gravé à la main dans le vinyle de son album Lazaretto. Mais en 2016, il est allé encore plus loin avec la version vinyle de la BO de Star Wars : Le Réveil de la Force. Quand le disque tourne, apparaissent des hologrammes 3D d'un TIE Figther et du Faucon Millenium. Sans doute le vinyle le plus nerd de tous les temps.
Le vinyle vraiment crado
Il est possible de presser des vinyles avec tout et n'importe quoi de nos jours. Et les artistes ne se privent pas. Cendres, poussière d'astéroïde, feuilles d'arbres : tout y est passé ou presque. Le groupé psyché Eohippus est allé chercher moins loin sa matière première pour le vinyle de son single Getting Your Hair Wet With Pee. Le disque a en effet été pressé à base d'urine et de cheveux sales. Charmant.
Le vinyle radiographique
En Union Soviétique, les musiques occidentales étaient interdites. Pour pouvoir écouter du rock, les kids du bloc de l'Est ont donc développé un réseau de distribution illégal plutôt malin : les disques étaient pressés sur des radios. Et le trou du milieu était réalisé avec une cigarette.
Les vinyles en forme de tout et n'importe quoi
On a vu Toto sortir son single Africa sur un vinyle ayant la forme du continent du même nom. On a même vu le Fat Larry's Band sortir Kind of Fellow sur un vinyle ayant la forme de Fat Larry lui-même. Mais notre préféré reste ce vinyle de Living In Another World de Talk Talk. Est-ce un papillon ? Un tigre ? Les frontières du bon goût ont-elles été abolies à tout jamais ?