Il n'y a (presque) pas d'âge pour débuter en DH
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VTT

New Kids on the Bike

Matériel, cours, sécurité... Avant de lancer vos enfants en DH, voici les conseils de spécialistes afin de les mettre dans les meilleures conditions pour leurs premiers tours de roue en VTT.
Écrit par Vincent Girard
Publié le
Alors que vous êtes planté devant une étape de la Coupe du Monde de VTT descente, Eva se pose à côté de vous dans le canapé et ne quitte plus l’écran des yeux. Avant de lâcher cinq minutes plus tard : "Moi je veux faire comme elles !" Aie… Voilà que la petite dernière s’est mise en tête de devenir la future Myriam Nicole et d’assumer à elle seule l’avenir du VTT tricolore. Difficile de lui faire comprendre que les roulettes sont toujours bien en place sur son vélo et qu’il faudra encore patienter un peu avant d’enchaîner les road gaps et les pierriers défoncés.
Et pourtant, les Rachel Atherton, Valentina Höll et autres Marine Cabirou ont bien débuté par-là. Alors pourquoi ne pas filer lui acheter son premier VTT et commencer par lâcher les roulettes ? En attendant de la retrouver en haut de la feuille des temps, voici quelques conseils pour qu’elle gère au mieux ses premiers pas dans la discipline. En mode plaisir avant tout.
Si vous roulez en VTT en station et que vous y êtes en famille, l’envie de descendre les pistes avec votre enfant vous viendra probablement à l’esprit.
Les kids prennent les devants !

La draisienne plutôt que le tricycle

Commencer par la draisienne permet à un enfant de maîtriser d’abord l’équilibre. Et contrairement au tricycle, qui ralentit l'apprentissage de cette notion d’équilibre, la draisienne fait prendre conscience à l’enfant que le vélo ne tient pas forcément droit tout seul. Pour encore mieux l’encadrer, la FFC (Fédération Française de Cyclisme) a créé depuis quelques années une catégorie "Baby vélo" pour les 2-4 ans dans laquelle les bambins sont tous en draisienne. Une fois bien maîtrisé son premier vélo, l’enfant peut passer aux pédales.
Mais avant le VTT, l’idéal est de le faire progresser en BMX. "C’est une discipline qui permet d’acquérir de très bonnes bases pour le VTT" confirme Sabrina Jonnier, double championne du monde de DH en 2006 et 2007. "J’ai moi-même commencé par là. En gardant en tête que toutes les disciplines du cyclisme sont transversales, le BMX est l’idéal si on prévoit ensuite de faire passer l’enfant sur le VTT."

"Le laisser aller s’il en montre l’envie"

Si vous roulez cet été en station et que vous y êtes en famille, l’envie de descendre les pistes avec votre enfant vous viendra probablement à l’esprit. Mais avant de vous poser avec lui sur les remontées mécaniques, initiez-le à la discipline auprès d’un moniteur certifié. "Pour des personnes qui sont là en vacances et qui nous laissent leur gamin, on va déjà le tester sur le plat et évaluer son niveau" explique Damien Chaudron, responsable de l’école VTT MCF des Gets. "S’il a du retard par rapport à son âge, on va le prendre en cours particulier pour lui faire acquérir un minimum d’autonomie avant qu’il rejoigne ensuite un cours collectif. L’objectif est qu’il parvienne à se mettre debout et soit capable de freiner sur 300 mètres de dénivelé."
C’est l’envie et la volonté de l’enfant d’en faire plus et d’aller rouler sur de vraies pistes VTT qui décident de la suite comme le confirme Sabrina Jonnier qui a passé son brevet d'état à la fin de sa carrière pour devenir monitrice : "J’ai une petite fille de sept ans et malgré mon passé de descendeuse, on ne l’a jamais forcée. Depuis l’âge de cinq ans, elle va sur des pistes vertes. Mais ce n’est pas forcément le cas de tous les enfants. Il y en a qui sont plus casse-cou que d’autres. Il faut les laisser aller s’ils en montrent l’envie. C’est comme ça que je travaille avec eux. S’ils sont motivés, on peut aller plus loin, mais s’ils ont de l’appréhension, on reste sur de la maniabilité et du jeu."
"C’est l’envie et la volonté de l’enfant d’en faire plus et d’aller rouler sur de vraies pistes VTT qui décident de la suite" explique Sabrina Jonnier double championne du monde de DH en 2006 et 2007.
Premiers sentiments de liberté

Sur le bike park, "bien connaître les zones pour savoir où les emmener".

La première remontée mécanique peut être un coup d’adrénaline positif ou de stress pour un enfant qui se retrouve entouré presque uniquement de riders adultes. "On commence tranquillement en passant aussi par des sections de pelouse" rassure Damien Chaudron. "On apprend la position de base et le freinage. Petit à petit on récupère des bouts de vertes faciles et on monte en puissance tranquillement dans la semaine en passant sur des bleues. C’est là tout le travail du moniteur. Il faut percevoir le niveau du gamin pour savoir exactement où l’emmener. Il faut donc bien connaître les pistes et les modifications qu’il y a eu entre deux saisons pour ne pas être surpris."
Les bike parks s’adaptent aussi à cette jeune clientèle en proposant des zones spécifiques comme la "Easy Practice" aux 2 Alpes. "C’est un espace où les enfants peuvent aller dès qu’ils savent pédaler" précise Thierry Turc, responsable des bike patrols de la station qui ajoute qu’au niveau des pistes vertes, "l’entretien est fait beaucoup plus souvent pour faire profiter en permanence des meilleures conditions à ceux qui débutent dans le VTT."
VTT descente : Les bike parks s’adaptent aux enfants en proposant des zones spécifiques comme la "Easy Practice" aux 2 Alpes.
Sur les sentiers des 2 Alpes
Pour Sabrina Jonnier, le passage sur le bike park est conditionné par la maîtrise des trois bases du cyclisme : le pilotage, l’équilibre et la propulsion. "Avec ça, ils tiennent suffisamment bien leur vélo, ils sont costauds dessus et ils peuvent anticiper s’il y a un obstacle ou autre." Mais quoi qu’il arrive, débuter avec un moniteur permet de mettre l’enfant dans les meilleures dispositions.
"Sur un bike park, tu as 80 à 90% des riders adultes qui auraient besoin de prendre des cours" ajoute Damien Chaudron. "Alors donner des bonnes bases à un enfant, c’est essentiel pour la suite. J’ai par exemple des 7-9 ans qui ont commencé tôt et maîtrisent parfaitement la technique des virages. Avec eux, tu peux vite enchaîner au niveau supérieur et ils seront bien meilleurs en grandissant. Contrairement à beaucoup d’adultes, ils ne seront pas obligés de découvrir cet univers tout seul."

Equipement : "Il y quatre ou cinq ans, c’était encore n’importe quoi"

Avec une qualité qui a explosé ces 20 dernières années, les VTT pour adultes ont vu leurs prix suivre la même courbe ascendante. Longtemps ignoré par les marques, le marché du VTT pour enfant commence lui aussi à décoller. "Il y a sept ou huit ans, on ne trouvait même pas de 20 pouces" se rappelle Damien Chaudron. Désormais, des marques de référence comme Specialized, Cube, Kona ou Commencal ont misé sur le créneau.
"Au niveau de l’équipement, quatre ou cinq ans en arrière, c’était encore n’importe quoi avec des protections en plastique trop dures pour eux. Aujourd’hui, le matériel est performant pour les gamins." Au point de retrouver des tout suspendu enfin adaptés aux gabarits des enfants que certains maîtrisent à la perfection à l’image des jeunes riders soutenus par Commencal (vidéo ci-dessous).
"Il y a un temps, on disait : pas de tout suspendu avant 16 ans ! Ça n’a absolument plus lieu d’être dans les stations où ces VTT performants apportent un vrai plus aux enfants notamment pour leurs articulations" ajoute le moniteur. Il faut dire que les marques ont bossé et proposent désormais des vélos qui ne sont pas seulement des versions XXS des vélos pour adultes. "On a travaillé la géométrie par rapport à leur taille de jambes et de bras" confirme Max Commencal, dont la marque qui porte son nom propose deux gammes pour les kids et plusieurs modèles tout suspendu. "Ça commence à être un créneau qui pèse chez nous."
Les marques de VTT proposent désormais des vélos de descente pour enfants qui ne sont pas seulement des versions XXS des vélos pour adultes.
Tout en maîtrise

Tarifs : "Quand on présente le prix aux parents, il y en a qui partent faire du rafting"

S’il existe désormais des VTT spécifiquement destinés aux enfants, les prix restent un frein pour de nombreux parents. Commencal propose ainsi des VTT rigide 20’’ à 400 euros mais les tarifs s’envolent en tout suspendu jusqu’à 2 500 euros par exemple pour le Clash 20’’. "Ces prix s’expliquent parce qu’il y une technologie spécifique créée pour les enfants" précise Max Commencal. "La suspension par exemple doit fonctionner avec un poids VTT/rider qui n’a rien à voir avec le rapport que l’on trouve chez les adultes. Par ailleurs, quand une marque parle de coût et de prix de revient sur le segment des VTT pour enfants, c’est plus cher que pour les VTT adultes car il y a moins de quantité écoulée. Voilà pourquoi les prix sont aussi élevés. Mais en occasion, ce sont des vélos qui se revendent très bien. Le coût réel reste raisonnable pour des parents qui achètent un VTT pour un ou deux ans et doivent ensuite le changer car le gamin a grandi."
Pour Sabrina Jonnier, mieux vaut bien équiper son enfant avec le matériel adéquat pour le mettre dans les meilleures conditions. "Ma fille roule sur un vélo léger, avec des freins à disque et une suspension à l’avant". En station, il faut compter 100 euros en moyenne pour une journée avec un moniteur, location du vélo et forfait inclus. "Oui, c'est un sport de "riche", élitiste ou en tout cas d’ultra passionnés" reconnaît Damien Chaudron. "Quand on présente le prix aux parents, il y en a qui partent faire du rafting (rires). Ce qui nous aide, ce sont les parents qui pratiquent déjà et qui connaissent les spécificités de la discipline et ce que ça implique."
Les prix des VTT pour enfants, restent un frein pour de nombreux parents. Commencal propose des VTT rigide 20’’ à 400 euros mais les tarifs s’envolent en tout suspendu jusqu’à 2 500 euros.
Certains ont plus de facilités que d'autres...
Et si l’exemple peut venir de la figure maternelle ou paternelle, il peut aussi l’être des idoles de jeunesse, découvertes à l’écran comme Sabrina Jonnier avec la nonuple championne du monde Anne-Caroline Chausson : "À l’adolescence, je l’ai vue à la télé et j’ai voulu faire comme elle. J’ai alors découvert la descente et je m’y suis mise à l'âge de 14 ans." 11 ans plus tard, la Française enfilait le maillot arc-en-ciel à Rotorua en Nouvelle-Zélande et succédait à... Anne-Caroline Chausson, sacrée l'année d'avant.
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