Jonne Koski participe aux World Fitness Project Finals 2025 à Copenhague, au Danemark, le 18 décembre 2025.
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Fitness

World Fitness Project : transformer le fitness en sport professionnel

Le cofondateur du WFP, Will Moorad, expose la vision du World Fitness Project : transformer le fitness fonctionnel en sport professionnel avec une saison, des points, des contrats et de la continuité.
Écrit par Ed Cooper
Temps de lecture estimé : 7 minutesUpdated on
Pendant la majorité de son histoire, l’élite du fitness fonctionnel s’est construite autour de moments plutôt que de saisons. Les athlètes s’entraînaient toute l’année pour atteindre leur pic de forme sur un seul week-end, viser un podium, puis disparaître de nouveau dans leurs salles, et ainsi de suite. Les performances étaient impressionnantes, mais la structure restait éphémère. Il y avait peu de continuité, une sécurité limitée et quasiment aucun sentiment d’histoire globale que les fans pouvaient suivre au-delà de la compétition.
Le World Fitness Project (WFP) est en train de changer cela. En construisant une ligue professionnelle sur toute une saison, le WFP demande au fitness fonctionnel de tourner davantage comme un sport établi que comme une collection de compétitions isolées. L’annonce d’une rémunération significativement augmentée n’a fait que renforcer ce message, marquant un tournant par rapport à l’idée, bien ancrée depuis longtemps, que le haut niveau en fitness n’est qu’un « hobby coûteux », au profit de quelque chose qui ressemble beaucoup plus à une carrière.
La saison 2025 a servi de premier test à cette idée, avec une finale à Copenhague qui a offert à la fois du spectacle et du fond, portée notamment par la performance autoritaire de Laura Horváth. Plus important encore, elle a montré à quoi ce sport peut ressembler lorsque les résultats s’additionnent, que des histoires se construisent, et que les fans ont une raison de rester investis du début à la fin.
Alors que le circuit se prépare à revenir au Danemark pour le premier événement de la saison 2026, les attentes sont plus élevées, les écarts plus serrés et la vision à long terme plus claire – une réalité dont Will Moorad, cofondateur et directeur sportif du World Fitness Project, est pleinement conscient.

Que pensez-vous de la saison 2025 ? S’est-elle déroulée comme vous l’aviez imaginée ?

Will Moorad: La saison 2025 a globalement rempli l’objectif que nous nous étions fixé : prouver qu’une ligue professionnelle de fitness fonctionnel sur toute une saison n’est pas seulement viable, mais nécessaire. Nous avons mis en place des events cohérents et une structure compétitive sur laquelle les athlètes peuvent s’appuyer pour planifier leur saison.

Cela dit, cette toute première saison met en lumière des manques. Nous avons rapidement compris où nous devions simplifier, où nous devions monter en gamme et comment mieux soutenir les athlètes, les fans et les partenaires. 2025 a validé la vision et nous a donné une feuille de route claire pour nous améliorer.

Qu’est-ce que le World Fitness Project ?

Laura Horváth réalise un arraché avec haltère lors de la finale du World Fitness Project 2025 à Copenhague, au Danemark.

Laura Horváth est devenue la première championne féminine du WFP

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Une idée reçue fréquente, c’est que le WFP existerait pour remplacer autre chose. Cela n’a jamais été notre mission. Le WFP existe pour ajouter des opportunités, pas pour en retirer
Will Moorad, World Fitness Project co-founder
Passer ce cap demande de soigner les détails. Le WFP s’éloigne du côté brut et improvisé qui caractérisait les premiers events de fitness fonctionnel pour aller vers quelque chose de plus cohérent et fiable, autant pour les fans que pour les partenaires. Ce changement ne concerne pas les paillettes ou la taille de la scène, mais la façon dont la compétition se déroule concrètement : comment les athlètes se déplacent au fil du week-end, comment les épreuves s’enchaînent et à quel point le parcours est lisible pour des compétiteurs qui consacrent leur corps et leur carrière à un nouveau format.

Qu’avez-vous prévu de faire différemment en 2026 ?

2026 sera consacré au peaufinage du produit. Nous allons continuer à travailler sur la clarté, la cohérence et l’exécution au sein de notre équipe et de notre communauté. Cela passe par un resserrement des qualifications, une amélioration du déroulé compétitif sur les événements et une montée en gamme du niveau de présentation.

Sur quel point les critiques se trompent-ils à propos du WFP ?

Une idée reçue fréquente, c’est que le WFP existerait pour remplacer autre chose. Cela n’a jamais été notre mission. Le WFP existe pour ajouter des opportunités, pas pour en retirer. Nous construisons un segment professionnel sur lequel les athlètes peuvent compter. L’intention a toujours été de créer de la stabilité et de la longévité pour ce sport.

Une ligue professionnelle de fitness fonctionnel sur toute une saison n’est pas seulement viable, mais nécessaire
Will Moorad
Comme l’explique Moorad, le cœur de la philosophie du WFP, c’est le système de points. Dans un sport qui récompense souvent « le meilleur du jour », le WFP veut transformer cette notion en meilleur de l’année. Cela exige un niveau de résilience que peu d’autres disciplines peuvent égaler. En récompensant la régularité sur plusieurs events, la ligue s’assure que ses champions ne sont pas seulement des spécialistes qui ont bénéficié d’un biais de programmation particulier, mais qu’ils sont véritablement les humains les plus polyvalents de la planète. Cette continuité structurelle est ce qui permet à de vraies rivalités de naître et, surtout, aux fans de rester engagés pendant des mois, plutôt que seulement quelques jours.
Lucy Procter encourage les compétiteurs lors des World Fitness Project Finals 2025 à Copenhague, au Danemark, le 19 décembre 2025.

Faire des athlètes de véritables stars et fédérer une communauté de fans

© Esben Zøllner Olesen/Red Bull Content Pool

Pourquoi le fitness fonctionnel a-t-il besoin maintenant d’une structure de ligue professionnelle plutôt que d’une compétition de plus, isolée, avec un trophée à la clé ?

Une structure de ligue crée de la continuité, des histoires, des rankings, des rivalités et de la responsabilité. Elle permet aux fans de suivre une saison, aux sponsors d’investir en confiance et aux athlètes de planifier leur année comme des professionnels dans n’importe quel autre sport.

Comment le système de points du WFP récompense-t-il la régularité sur l’ensemble d’une saison ?

Notre système de points est conçu pour favoriser les athlètes qui sont présents et performent à haut niveau de manière répétée. Un seul grand week-end ne suffit pas à porter une saison entière. La régularité, la résilience et la capacité d’adaptation sur plusieurs events sont ce qui définit un champion. Le système de points reflète cette réalité.

Pendant trop longtemps, le récit autour des athlètes de fitness fonctionnel a été celui du sacrifice financier. Même au plus haut niveau, beaucoup des meilleurs au monde ont dû payer eux-mêmes leurs déplacements et leur récupération, en misant sur un podium qui couvrirait peut-être leurs frais. Comme le souligne Moorad, le WFP bouscule cet état de fait en proposant des contrats pros garantis. Dans sa forme la plus simple, cette mesure vise à élever le niveau général, car lorsqu’un athlète sait que ses revenus sont sécurisés, il peut se permettre de s’entraîner plus intelligemment et de mieux récupérer. En théorie, le niveau de base de la compétition s’en trouve renforcé.
Une structure de ligue crée de la continuité, des histoires, des rankings, des rivalités et de la responsabilité
Will Moorad

En quoi des contrats pros garantis changent-ils la donne pour des athlètes qui ont passé des années à payer de leur poche pour concourir ?

Les contrats garantis renversent l’équation. Au lieu que les athlètes assument seuls tout le risque, la ligue le partage avec eux. Cette validation est importante. Elle permet aux athlètes de s’entraîner plus intelligemment, de récupérer correctement et de considérer la compétition comme une profession, pas comme un hobby. Cela envoie aussi un message clair : la régularité dans la performance et le professionnalisme sont des valeurs reconnues et récompensées au WFP.

Jonne Koski participe aux World Fitness Project Finals 2025 à Copenhague, au Danemark, le 20 décembre 2025.

Le WFP veut plus de régularité

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Laura Horváth (g.) et Aimee Cringle (d.) en compétition lors des World Fitness Project Finals 2025 à Copenhague, au Danemark, le 21 décembre 2025.

Les contrats des athlètes sont une nouveauté pour le WFP

© Esben Zøllner Olesen/Red Bull Content Pool

Quel manque précis sur le marché vous a fait comprendre que ce projet devait voir le jour ?

Le manque, c’était la continuité. Les athlètes s’entraînaient toute l’année pour des moments isolés, sans garanties, et avec très peu de stabilité. Les fans, eux, n’avaient aucun récit cohérent à suivre. Le WFP existe pour résoudre ce problème en apportant structure, opportunités et parcours lisible. Une fois que vous voyez cette faille, il devient impossible de l’ignorer.

Le retour à Copenhague cette année n’est que le début d’un voyage bien plus vaste. Le WFP ne réfléchit pas seulement à la saison suivante, mais à la prochaine décennie. À mesure que la ligue étend sa présence à l’international, l’objectif reste le même : la légitimité.

Où voyez-vous le World Fitness Project dans cinq ans et à quoi ressemble, selon vous, une réussite à l’échelle mondiale ?

Dans cinq ans, le WFP sera une ligue professionnelle reconnue à l’échelle mondiale, avec des divisions claires, des events internationaux et des athlètes qui sont des noms connus de tous au sein de la discipline. Le succès global ne se résume pas à une question de géographie, c’est une question de légitimité. Ce sont des athlètes qui gagnent réellement leur vie, des fans qui suivent une saison complète et des partenaires qui considèrent le fitness fonctionnel comme un sport stable dans lequel il vaut la peine d’investir.

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