MotoGP

Johann Zarco : « Une première qui fait du bien »

© Gold & Goose/Red Bull Content Pool
Écrit par Serge Lelièvre
Troisième de la séance de qualification sur le circuit de Brno, en République tchèque, le pilote français a offert à l’usine KTM sa première première ligne en MotoGP. Il raconte.
« Nous voilà de retour à la compétition, en ce début de mois d’août, après trois longues semaines de trêve estivale. La coupure m’a fait du bien. La première moitié du championnat ayant été difficile à plus d’un titre, j’ai pu remettre les compteurs à zéro. J’ai travaillé le physique avant de me concentrer sur le pilotage. On a bossé avec Jean-Michel Bayle en Flat Track, une discipline que je ne pratiquais pas jusque-là. Gérer la glisse sur la terre avec la poignée de gaz, trouver de nouveaux automatismes pour aller plus vite… On a aussi pas mal discuté sur cette nécessité de rester le plus professionnel possible dans les moments difficiles, ce besoin impérieux de gérer ses émotions quand les problèmes se posent. JMB m’a dit des mots importants : “Le changement n’apporte pas forcément des progrès, mais il n’y a pas de progrès sans changement."
En arrivant à Brno, j’ai récupéré une moto avec quelques nouveautés. Notamment des éléments de châssis, comme la nouvelle selle que j’avais pu essayer à Barcelone, et un caractère moteur un peu moins agressif. Avec les tests réalisés par Dani Pedrosa, les ingénieurs KTM ont travaillé pour rendre la moto plus stable en entrée de virage. Nous sommes toujours dans cette quête d’une moto qui tourne plus facilement, qui s’inscrit dans le virage en forçant moins. Si nous n’en sommes pas encore tout à fait là, je sens que la base est meilleure. Vendredi, la première journée d’essais a malgré tout été plus compliquée que ce que j’aurais aimé. Je m’attendais peut-être à faire un pas en avant plus important… Malgré tout, j’ai su garder la tête haute en ciblant mes besoins et la marche à suivre.
Samedi, la pluie a changé la donne. Sur une piste humide, on peut aller vite en prenant moins d’angle, on force moins pour faire tourner la moto. Cela m’a permis de me glisser pour la première fois de la saison en Q2 en assurant la deuxième place de la Q1. Mieux que ça, j’ai réussi à décrocher le troisième temps de cette Q2 pour retrouver la première ligne de la grille de départ, et tout le protocole qui va avec : parc fermé et conférence de presse. Une première pour KTM. Je suis vraiment heureux d’avoir pu offrir cette première ligne à Pit Beirer et à Stefan Pierer. Je sais que mes résultats n’ont pas été pour l’instant ce qu’ils attendent de moi, et attaquer la seconde moitié de la saison sur une bonne note a fait du bien à tout le monde.
Après cette jolie perf’, je pensais pouvoir me mettre en évidence en début de course. Les conditions mitigées auxquelles on a eu droit sur la grille ont compliqué mes plans. Le départ a été retardé car la piste séchait mais pas assez vite. Et ma place sur la grille était encore détrempée, ce qui m’a coûté pas mal de places quand nous nous sommes élancés. Quatorzième à l’arrivée, c’est loin de l’objectif que je m’étais fixé. Sur le moment, il y a eu de la déception. Mais après réflexion, je ne suis pas resté là-dessus. Cette quatorzième place, je l’ai obtenue en me battant jusqu’au bout avec Stefan Bradl. Battre le pilote que l’on a devant soi, c’est l’essence même de la course. J’ai également constaté ce week-end que lorsque mes sensations reviennent, je suis capable de répondre présent. Même si on reste en dedans sur le sec, je sais qu’à un moment donné on va mettre le doigt sur quelque chose et que cela va payer. Pourquoi pas le week-end prochain en Autriche, dans le jardin de KTM ? »