Wintersports
Faits sur la piste de descente :
- Longueur : 4,5 km
- Dénivelé : 1028 hm
- Partie la plus raide : 41 Grad
- Vitesse moyenne: 106,33 km/h
- Record de vitesse : 161,9 km/h
- Temps total le plus rapide : 2’24.23’’
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Records sans fin
Avec un parcours de près de 4,5 kilomètres, la descente du Lauberhorn est la plus longue course de descente de Coupe du monde. Il faut aux skieurs environ 2 minutes et demie en position de l’œuf pour se disputer une place sur le podium avec, en toile de fond, les majestueux géants que sont l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau, et ce faisant franchir 1 028 mètres de dénivelé. Au passage le plus raide, ils sont aux prises avec une pente de 41 degrés. Pas étonnant qu’ils atteignent au Lauberhorn les vitesses les plus élevées de toutes les courses de Coupe du monde. C’est Kristian Ghedina (ITA) qui détient le record : en 1997, il a déboulé à une vitesse moyenne de 106,33 km/h pour son record de 2’24.23’’. Mais le record de vitesse va à quelqu’un d’autre : Johan Clarey (FRA) a atteint la vitesse la plus élevée enregistrée en Coupe du monde de ski alpin, 161,9 km/h, en 2013, au Hanneggschuss. À titre de comparaison : la célèbre Streif de Kitzbühel fait 3,3 kilomètres de long pour un dénivelé de 860 mètres, les skieurs vont jusqu’à 140 km/h et le record se situe à 1’51.58’’.
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Comment tout a commencé
En 1930, la planète naine Pluton est découverte, le ruban adhésif inventé, le premier dessin animé en couleur parlant projeté – et la première course du Lauberhorn organisée ! Les skieurs se mesurent sur le Lauberhorn, 2 472 mètres, à Wengen, dans le canton suisse de Berne, dans une descente, un slalom et un combiné alpin. Le principal fondateur de la course est Ernst Gertsch, de Wengen (né le 1er janvier 1900 !), qui entre aussi dans les annales comme le vainqueur du premier slalom. La course du Lauberhorn est donc l’un des plus anciens événements de ski encore organisés aujourd’hui. Depuis 1967, elle fait partie de la Coupe du monde de ski de la FIS – seules les courses à Adelboden et Kitzbühel y figurent depuis aussi longtemps sans interruption.
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La course en chiffres
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Le parcours jusqu’au Canadian Corner
Le terriblement long parcours du Lauberhorn est truffé de passages redoutables. Le départ se fait à 2 315 mètres et conduit d’abord à une partie plate où les capacités de glisse des skieurs sont mises à contribution. Puis ça se corse au saut de Russi où les skieurs font un vol de 40 à 50 mètres. Le Traversenschuss qui suit leur fait atteindre pour la première fois une vitesse excédant les 130 km/h. Traverse et virage panoramique mènent au Hundschopf (Tête de chien), un saut spectaculaire dans un passage exigu entre deux rochers qui les conduit 15 mètres plus bas. Un virage à gauche est suivi de la Minsch-Kante, un autre saut. Le Canadian Corner pose un défi de plus, un virage serré au niveau du dévers vers la gauche de l’Alpweg.
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La deuxième moitié du parcours jusqu’à l’arrivée
Le passage glissant de l’Alpweg est suivi du S de Kernen, qualifié par la star suisse du ski Bernhard Russi comme « la chicane la plus dingue du circuit de la Coupe du monde ». À la Wasserstation, un étroit tunnel constitue une autre particularité du parcours. La longue partie de glisse de Langentrejen est suivie du fameux Hanneggschuss, une pente raide et sombre en pleine forêt où les skieurs ne touchent plus le sol que tous les 10 mètres et peuvent aller jusqu’à 160 km/h – un record en Coupe du monde ! Les descendeurs passent par le Silberhornsprung, la Wegscheide et le Österreicherloch avant d’atteindre le S final : une combinaison droite/gauche très exigeante où la course se décide souvent. Elle amène les skieurs au schuss final extrêmement raide et finalement à l’arrivée à Innerwengen. À 100 km/h, se relever de la position de l’œuf et freiner dans l’étroite zone d’arrivée est le dernier défi pour les athlètes. Ouf – c’est fait !
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Le nom des passages
Bon nombre des passages les plus difficiles de la descente du Lauberhorn ont été rebaptisés au fil du temps et des chutes spectaculaires. Exception faite du saut de Russi qui doit son nom à Bernhard Russi. Le champion olympique y a construit un tremplin en neige pour une émission de TV, une idée que le directeur de course Fredy Fuchs trouve tellement bonne qu’il la reprend pour la course en 1988. La Minsch-Kante en revanche doit son nom au Suisse Josef « Jos » Minsch qui, en 1965, vole trop loin et fait une chute lors de l’entraînement. Le nom de Canadian Corner vient des « Crazy Canucks » Dave Irwin et Ken Read qui s’y crashent en 1976. Le S de Kernen, S de Brüggli à l’origine, a pris son nouveau nom en 2007 après le retrait de la compétition du Suisse Bruno Kernen qui y est sorti presque indemne d’une grave chute 10 ans auparavant. L’Österreicherloch ou Trou des Autrichiens s’est vu attribuer son titre en 1954, après l’échec au même endroit des Autrichiens Toni Sailer, Anderl Molterer et Walter Schuster.
À recommander vivement : séance de gymnastique pour le ski avec Bernhard Russi datant de 1986 où on peut refaire tout le parcours en position de l’œuf !
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Les athlètes ayant gagné le plus
Le détenteur du record de victoires en descente est le Wengenois Karl Molitor (SUI), qui a célébré 7 victoires entre 1939 et 1947. Toni Sailer (AUT) quant à lui a gagné 4 fois de suite de 1955 à 1958, et son compatriote Karl Schranz 4 fois lui aussi entre 1959 et 1969. Beat Feuz, encore en activité, est monté 3 fois sur la plus haute marche du podium du Lauberhorn, tout comme Rudolf Graf (SUI) et Franz Klammer (AUT), à savoir en 2012, 2018 et 2020 – et il a en plus gagné la course ayant remplacé à Kitzbühel la descente du Lauberhorn annulée en raison de la pandémie de Covid-19.
Beat Feuz, Dominik Paris, Thomas Dressen lors de la Coupe du monde à Wengen
© Erich Spiess / ASP / Red Bull Content Pool
Nom
Victoires
Karl Molitor (1939, 1940, 1942, 1943, 1945, 1947)
6
Toni Sailer (1955, 1956, 1957, 1958);
4
Karl Schranz (1959, 1963, 1966, 1969)
4
Rudolf Graf (1941, 1944, 1949)
3
Franz Klammer (1975, 1976, 1977)
3
Beat Feuz (2012, 2018, 2020)
3
Heinz von Allmen (1937, 1938)
2
Bode Miller (2007, 2008)
2
Othmar Schneider (1951, 1952)
2
Fritz Steuri (1931, 1932)
2
Stephan Eberharter (2002, 2003)
2
Marc Girardelli (20. und 21. Januar 1989)
2
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Curiosité : le roublard prend un raccourci
Son secret, il ne l’a avoué qu’à un âge avancé : lors du premier de ses 6 triomphes au Lauberhorn, en 1939, le détenteur du record de victoires Karl Molitor a profité de l’avantage que lui offrait le fait d’être en terrain familier de manière inhabituelle, et cela seulement parce qu’à l’époque, il n’y avait pas de caméras et peu de spectateurs le long du parcours. La veille de la course, l’instituteur du village prend le jeune de 18 ans à part et lui explique qu’avec ses élèves, il allait creuser dans la neige profonde un raccourci de 150 mètres entre 2 portes. À cet endroit, la piste faisait en fait faire un virage à droite tandis que le raccourci menait en ligne droite à la porte suivante. « J’ai trouvé l’endroit pendant la course, se souvient Karl Molitor bien des années plus tard. Mais le problème, c’est que ma piste privée n’avait qu’une longueur de ski de large. »
Je pouvais à peine freiner et j’allais tellement vite que j’ai fait une chute terrible en revenant sur la piste.
Mais Karl Molitor a eu de la chance : il a pu continuer et atteindre l’arrivée en quelques coups de bâton – vainqueur avec 9 secondes d’avance !
Les billets pour la course de cette année sont disponibles sur www.lauberhorn.ch


