Timothée Chalamet, lauréat d'un Golden Globe
© Neil Mockford/WireImage via Getty Images
Tennis de table

Timothée Chalamet en pro du ping-pong dans « Marty Supreme »

Dans « Marty Supreme », l’acteur franco-américain campe un pongiste prêt à tout pour conquérir le monde. Il s’est entraîné 6 ans durant afin de devenir un as du tennis de table et du sport en général.
Écrit par Mariam Schaghaghi
Temps de lecture estimé : 5 minutesPublished on
Focus

Naissance

en 1995 à New York

Fan

de l’équipe de football AS Saint-Étienne

1/4
Un vrai pongiste, qui sautille autour de la table, les yeux rivés sur la balle, qui renvoie avec une nonchalance déconcertante les coups les plus rapides de son adversaire, balles hautes et autres flips, rien ne lui échappe – on dirait qu’il a fait ça toute sa vie. Une performance qui est effectivement le fruit d’années de préparation : pour incarner « Marty Supreme », Timothée Chalamet a dû tâter de la raquette.
L’acteur franco-américain n’a pas tenu à se faire doubler : son dernier film, sorti au mois de février, est inspiré de l’histoire vraie de Marty Reisman, un « artiste atypique » comme il se définissait lui-même, un hurluberlu au destin inclassable, né à New York et devenu figure légendaire du tennis de table dans les années 50. Surnommé « l’Aiguille » pour son côté gringalet, il a voulu convaincre le monde entier qu’il était un roi – le roi des pongistes. Un athlète qui n’avait vraiment pas l’air d’en être un – jusqu’à ce qu’on le voie à l’œuvre. Sa raquette en main, il devenait invincible. On a voulu savoir comment Chalamet a fait pour devenir Marty le sportif.
« Ça a été un boulot de dingue, avoue l’acteur lors d’une conférence de presse. Sans compter toutes les fois où je devais apprendre des coups ou un échange de balle par cœur. » Six ans au total, dont cinq avec des gourous de la discipline comme le Suisse Diego Schaaf, qui avait déjà entraîné Tom Hanks pour ses scènes de ping-pong dans « Forrest Gump ». Quant à l’aspect historique et technique, les enchaînements et autres détails, c’est auprès de l’épouse de Schaaf, Wei Wang – une ancienne championne olympique – qu’il a étudié. Un seul objectif : faire rentrer le tennis de table dans son quotidien. Même sur les tournages de « Wonka » et de « Dune 2 », chez lui, à Los Angeles ou en déplacement : il devait toujours y avoir une table à disposition pour s’entraîner.

Itinéraire d’un enfant borné

Depuis le film qui l’a révélé au grand public en 2017, « Call Me by Your Name », Timothée Chalamet a enchaîné tellement de succès qu’on serait tenté de croire qu’il possède une espèce de don inné, un talent inexplicable qui lui permettrait de jouer n’importe quoi sans aucun effort. Grosse erreur : le jeune acteur est au contraire un forcené de boulot, un adepte du travail d’acteur « à l’ancienne ».
Dans un secteur où le rejet est permanent, je ne me suis jamais satisfait d’un non comme réponse.
Timothée Chalamet
Pour « Call Me by Your Name », il s’est mis à l’italien, au piano et à la guitare ; pour « Dune », il a travaillé à fond sur sa forme physique. Et pour camper le chanteur folk Bob Dylan dans « Un parfait inconnu », il a pris des cours de chant et d’harmonica. Son succès à l’écran, il le doit à cette volonté de maîtriser un jeu à la perfection, au point que tout semble couler de source, où l’acteur disparaît derrière le génie qu’il incarne.
Timmy Chalamet arrive ce jour-là à la conférence de presse avec son nouveau look : exit les bouclettes et le regard de braise, c’est en vrai nerd – cheveux courts et binocles démodées, chemise proprette et cravate, sans oublier la petite moustache clairsemée de post-ado – que celui qui incarne Marty à l’écran se présente devant le parterre de journalistes. Petite correction : il s’agit là de son ancien look de « Dune 3 », explique-t-il en riant. Concernant sa popularité aussi internationale qu’inattendue, l’acteur a une réponse aussi courte que pertinente : « Je le dis sans ironie, j’étais exactement comme Marty au début de ma carrière. » Depuis qu’il a 10 ans, ce New-Yorkais d’origine savait qu’il voulait devenir acteur et s’est accroché à son rêve, enchaînant les castings jusqu’à ce qu’il décroche, à 18 ans, son premier rôle important dans « Interstellar » de Christopher Nolan. Il a toujours su où il allait : « Je n’ai jamais accepté un non comme réponse – et ce, dans un secteur où l’on se prend tellement de portes dans la figure. »

Learning by doing

Après neuf ans passés sous les feux de la rampe, Chalamet a non seulement fait preuve de ténacité, mais a surtout prouvé qu’il était capable de tout jouer. Plus jeune acteur à être nominé pour l’Oscar du premier rôle (« Call Me by Your Name »), il est ensuite nominé en 2025 pour son rôle de Bob Dylan. Avec Marty Supreme, Chalamet est de nouveau pressenti pour les Oscars. Son « Marty » lui a déjà valu son premier Golden Globe du meilleur acteur – qui sait s’il remportera la statuette dorée le 15 mars prochain ? Ce serait la consécration ultime d’un jeune acteur qui vient de fêter ses 30 ans.
Chalamet a désormais pris l’habitude, lors d’un tournage, d’éliminer tout ce qui peut le distraire, même son smartphone, parce qu’il veut « incarner le personnage pendant deux mois. Avoir la chance de jouer à ce niveau, c’est le plus beau cadeau de ma vie ».
Atteindre un tel niveau de crédibilité peut être comparé à la ténacité de Marty lorsqu’il a voulu forcer son destin. Pour lui, ce film est bien plus qu’un simple projet « de plus », c’est une révélation : celle d’un cinéma qui célèbre l’effort et la volonté.