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Le Battle Of The Year International, de retour en France

Le Battle Of The Year, l’un des événements historiques du breakdance, a débarqué à Montpellier pour sa grande finale internationale 2018. Retour sur cette 29ème édition.
Écrit par Elsa Ducas
Temps de lecture estimé : 8 minutesPublished on
Déjà organisée dans l'hexagone de 2010 à 2012, la finale internationale faisait son retour dans le Sud de la France, à Montpellier, le 17 novembre dernier. Un rendez-vous précédé par une semaine de masterclasses, de rencontres, de laboratoires chorégraphiques ou encore de Battles 1vs1.

Préparation pour la finale : rencontre avec les bleus

Vainqueur de la qualification française en mai dernier, le crew Vagabond portait donc les couleurs bleu blanc rouge pour cette finale à domicile.

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Et le crew s’était lancé un double challenge : performer à nouveau avec des jeunes issus du Vagabond Lab (créé en 2013, le Lab a pour objectif de former des danseurs débutants, pour les emmener au niveau international), et avec un live band. Une première dans l’histoire du BOTY.

Coup d’oeil sur leur préparation

Technique, dépassement de soi, humour et créativité, Vagabond est le seul crew à avoir remporté 3 fois la compétition. Mais quel est le secret de leur prépa ?
Au sein du crew, qui réunit à ce jour plus d’une vingtaine de bboys, chacun a sa propre personnalité ; seule la ligne directrice est donnée par le “leader”. Mais les danseurs sont libres de s’approprier les idées, et de développer leur créativité. Tous issus d’univers et de générations différentes, ils constituent la richesse et la diversité du Vagabond Crew.
Préparer un Battle Of The Year, c’est avant tout de l’anticipation : il faut accorder les plannings de chacun, et être prêt à faire des sacrifices personnels. Aujourd’hui, le crew compte des étudiants, des pères de famille ou encore des entrepreneurs. Les profils ont évolué, et l’organisation est d’autant plus compliquée.
Menés entre autres par Mounir et Lil Kev - évoluant tous les deux dans une carrière solo intense - les jeunes du Vagabond Lab, reçoivent les conseils et l’expérience de leurs aînés. “On prend des jeunes débutants, avec l’objectif d’en faire des champions : donc ça prend plus de temps, de sacrifices, de travail.” précise ainsi Mounir. "L’important c’est qu’ils comprennent qu’il faut être performant sur la longévité”
Mounir développe HWE, projet basé sur le développement personnel (physique et psychologique) et tient à montrer qu’à 34 ans, il est toujours présent sur scène, au meilleur de sa forme. Rien n’est imposé à personne, mais Vagabond veut démontrer par l’exemple.
Le retour de la finale internationale à Montpellier avait un goût tout particulier pour le crew français, passé tout proche d’un nouveau titre en 2017. Ils revenaient donc avec une envie décuplée, même s’ils savaient que la concurrence serait rude, avec notamment le come-back de crews historiques dans la compétition, comme les sud-coréens Jinjo.

La finale du BOTY 2017 :

Dernières répétitions le jour J pour Vagabond : le crew était venu tôt - à 9 heures du matin - pour s’imprégner du lieu, de l’atmosphère de la salle pour y retrouver les émotions de 2011 et 2012. Mais il voulait également conserver le mystère autour de son show. Même si d’un point de vue chorégraphique, Vagabond n’avait pas tablé sur du totalement inédit, l’ajout d’un live band était une première historique au BOTY. Particulièrement l'accent placé sur la valorisation mutuelle entre la musique live et les danseurs. Bref, un vrai défi.

La compétition est lancée !

Vendredi, coup d’envoi de la compétition : solo Bboy et Bgirl, Battle Crew Kids, puis Battle Crew le lendemain, la Ville de Montpellier accueillait des danseurs et crews du monde entier à l’occasion du championnat. C’est près de 400 danseurs, d’une vingtaine de nationalités différentes qui s’étaient donnés rendez-vous à la Sud de France Arena pour la grande finale du samedi.
Chaque crew avait donc 6 minutes pour convaincre avec un show chorégraphique. Une fois départagés, les 8 crews les mieux classés devaient s'affronter en battle.

12 minutes

Battle for 3rd place

Top Coalition se mesure à Adaman Crew dans une bataille pour la troisième place du BOTY 2018 de Montpellier.

Français +7

La France en demi-finale, et couronnée en 1vs1 Bboy

La France était présente dans les 3 catégories. Chez les Bboys, Dany, membre de Vagabond crew et seul français du TOP 16 s’est illustré jusqu’en finale, en battant successivement la Norvège, les États Unis, la Belgique et la Russie grâce avant tout à son expérience. Son style et son aisance sur scène ont clairement donné le ton : il était là pour l’emporter. Avec ses constructions qui mêlent Footwork, Powermoves et Freezes, il a mené la France jusqu’à la victoire.
Les crews participant au Battle Kids ont tous beaucoup impressionné par leur technique et le contrôle parfait de leurs mouvements. South Style Crew, les Français, originaires de la Seyne-sur-Mer, sont allés jusqu’en demi-finale avant de s’incliner face aux russes, Breakoniers.
Du côté des Bgirls, la française Playmo s’est frayée un chemin elle aussi jusqu’en demi-finale (elle s’incline face à la finlandaise Ramona.)

Vagabond entre dans l’arène

Malgré une belle préparation et un show très remarqué, Vagabond a été battu en demi-finale par les Japonais de Found Nation.
Le travail de fond que mène Vagabond depuis plusieurs années auprès de la jeunesse - notamment à Montpellier - a permis aux anciennes générations de revisiter d’anciens mouvements, de les exploiter davantage au goût du jour grâce à la créativité des plus jeunes. Vagabond s’est sûrement fait surprendre sur l’explosivité : les passages en groupe étaient certes propres et maîtrisés, mais certains passages solo manquaient de niaque, face à la rage de vaincre de leurs adversaires.

13 minutes

Battle for 4th place

Vagabonds se mesure à Zoologic Break Ninjaz dans une bataille pour la quatrième place du BOTY 2018 de Montpellier.

Français +7

L’ajout d’un live band a été une incroyable surprise pour le public et les autres crews et le secret a été gardé jusqu’à la dernière minute. C’était donc la première fois en plus de 25 ans d’histoire qu’un groupe proposait des musiciens live pour une performance de ce type. Vagabond repousse les limites et les difficultés. C’est une grosse prise de risque pour les Français, qui ne sont malheureusement pas allés jusqu’au bout, mais qui ont à nouveau marqué l’histoire du BOTY : par leur travail de transmission et leurs innovations créatives.
Si l’esprit de compétition les pousse toujours à viser la victoire, cette année ils souhaitaient surtout participer avec les autres groupes présents pour offrir le meilleur spectacle et contribuer à leur niveau à relancer les battles en groupe en France. Ce sont les 8 contre 8 qui ont à l’origine fait la renommée des crews français, et qui en ont fait des adversaires redoutables pour les compétiteurs du monde entier lors de battles groupe.

Double victoire pour les Sud-Coréens

On ne les arrête plus ! Les Sud-Coréens Jinjo, vainqueurs 2010, connaissent une année historique : rien qu’en 2018, ils ont gagné entre autres Freestyle Session et Silverback (avec Plan B)… Rien que ça !
Ils ont offert un show Made in Korea, tel qu’on a l’habitude d’en voir au BOTY : des combinaisons à couper le souffle, un choix musical très stratégique et de l’explosivité. Bref, la recette parfaite pour embarquer le public dès les premières secondes.
En Battle, Jinjo respirait l’esprit d’équipe et l’envie de vaincre ; répondant à chacun de leurs adversaires avec une grande originalité et précision, beaucoup de détails dans chaque moves, et des combinaisons plus que maîtrisées. Et c'est très logiquement lui qui a décroché le double titre : vainqueur du Battle Crew et meilleur show chorégraphique !
La Corée du Sud est une des nations historiques du BOTY International : c’est la huitième fois que les coréens remportent la compétition ; contre 6 pour les Français : les bleus sont bien sûr toujours dans le peloton de tête !

Meilleure vidéo

Côté vidéo, ce sont les sénégalais de Power Crew, triple champions du Sénégal, qui se sont démarqués cette année. Leurs images, simples mais vraies, reflètent parfaitement l’immense volonté et la détermination des bboys sénégalais. Cette victoire a une saveur toute particulière pour Power Crew, car jusqu’ici, ils avaient rencontrés de nombreux problèmes, notamment concernant leurs demandes de visa. Ils donc sont fiers de ramener une première victoire au BOTY pour l’Afrique.

Revivez la finale en intégralité ici :