De la prison au triathlon Ironman, John McAvoy nous raconte son parcours hors du commun.
© John McAvoy
Fitness

L'ancien taulard devenu crack de l'Ironman

Passer d’un braquage à main armée à une carrière respectable de triathlète est un destin unique. John McAvoy nous raconte ici son parcours hors du commun. Une histoire de rédemption.
Écrit par Joe Ellison
Temps de lecture estimé : 8 minutesPublished on

13 minutes

John McAvoy : the Ironman set free

Alors qu’il séjournait en prison, quelque chose a changé la vie de John McAvoy et transformé son état d’esprit.

Français +8

Regardez l'incroyable histoire de John McAvoy, dans The Way of the Wildcard, sur Red Bull TV.
"La police m’a tiré deux fois dessus et j’ai été condamné à l’âge de 24 ans. On m’a placé dans une prison ultra-sécurisée. J’étais en contact avec certains des hommes les plus dangereux du pays, de véritables psychopathes. Quand je repense à ces moments, ce sont vraiment les pires années de ma vie."

Le Red Bull Original

Red Bull Energy Drink

Red Bull Energy Drink
Ce récit en dit long sur la force mentale que John McAvoy, qui était à l’époque un des hommes les plus recherchés de Grande-Bretagne. Agé de 34 ans, ce dernier a vécu ensuite un des moments les plus difficiles de sa vie quand il a couru son premier Ironman alors qu’il avait contracté un virus. "J’étais complètement vidé. Je n’avais plus rien au fond de moi. Je pensais valoir beaucoup mieux que ça et pourtant, j’avais échoué. Je me sentais humilié."
Condamné à une peine de prison à perpétuité à l’âge de 24 ans pour un vol à main armée, John McAvoy se découvre pourtant un talent pour l’endurance. Ce dernier brisera d’ailleurs plus tard deux records du monde d’aviron en salle en établissant la plus longue distance parcouru en 24 heures avec 100 kms. McAvoy trouve sa rédemption dans le sport. Sorti de prison en 2012, il prêche désormais la bonne parole, lui qui est aujourd’hui le seul triathlète sponsorisé par Nike.
A l’occasion de la sortie du dernier épisode de la série de Red Bull TV "The Way of the Wildcard", McAvoy nous raconte son histoire, de banni à athlète de haut niveau.

1. Le sport l’a ramené à la vie

"En prison, j’étais dans une aile du bâtiment de Belmarsh dans laquelle nous étions seulement huit prisonniers. Un des gars qui était avec moi et qui purgeait une peine de 25 ans de prison pour trafic de drogue m’a prévenu : 'Ici, tu ne vis plus, tu n’existes même pas.' Pourtant, quand je m’entraînais dans ma cellule, je me sentais redevenir un être humain. J'avais à nouveau le contrôle sur quelque chose. Je ne cherchais pas à développer mes muscles coute que coute, mais simplement à me sentir vivant. La sueur, le cœur qui bat fort… Quand je ne m'entraînais pas, je lisais des livres. J’ai d’ailleurs toujours retenu une citation du livre de Lance Armstrong : "La douleur est temporaire, mais le renoncement est là pour toujours." J’avais noté ça sur un petit bout de papier que j’avais juste en face de moi pendant que je ramais pendant des heures."

2. Une notion du temps déformée

"Si je tiens compte de mes précédents séjours en prison effectués dans ma jeunesse, j’ai passé une décennie de ma vie dans une prison. Ma perception du temps a été complètement déformée pendant ces années. Pour les sports d’endurance, c’est un atout car je ne perçois pas un Ironman ou une compétition qui dure huit ou neuf heures de la même manière que les autres. Je peux m’assoir sur un rameur et faire du sport pendant deux jours sans m’ennuyer. Quand vous êtes dans un endroit où vous ne pouvez pas vous échapper, vous êtes pris au piège et vous devez composer obligatoirement avec ça."

3. Maintenant, chaque seconde compte

Le triathlète John McAvoy avec le policier qui l'a poussé à faire de nouveaux records du monde

McAvoy avec le policier qui l'a poussé à faire de nouveaux records du monde

© John McAvoy

"Un évènement a changé beaucoup de choses dans ma vie. J’ai appris un jour que mon meilleur ami avait été tué lors d’une poursuite avec la police aux Pays-Bas. J’ai réalisé à cet instant-là que ma vie devant changer. Je me suis tourné vers le sport et je n’ai alors plus jamais regardé derrière moi. Quand je suis sorti de prison en 2012, juste après les Jeux Olympiques, j’étais déterminé à profiter pleinement du temps qui me restait. Je voulais tirer le meilleur parti de mon corps, enchaîner les triathlons. Aujourd’hui, je compte les secondes."

4. Des limites à repousser

Dans The Way of the Wildcard, John McAvoy raconte son parcours de la prison au triathlon Ironman.

John McAvoy est le seul triathlète sponsorisé par Nike

© John McAvoy

"Si vous observez précisément mes courses sur ces dernières années, vous constaterez que je suis un des plus rapides à pieds. J’adore descendre du vélo et enchaîner sur la course. C’est dans mon ADN. J’ai vite constaté que j’étais capable de résister longtemps à la souffrance quand je courrais. Certains triathlètes sont meilleurs que moi en course, mais j’apprécie vraiment cette transition entre le vélo et la course à pieds. C’est là où je vais pousser mes limites encore plus loin."

5. La solitude, une allié

John McAvoy dans la série "The Way of the Wildcard"

John McAvoy dans la série "The Way of the Wildcard"

© Red Bull

"Quand on est enfermé 24 heures sur 24 dans une cellule, on n’a que la lecture et l’exercice physique pour passer le temps. Personne n’est là pour vous aider à faire en sorte que ça se passe mieux. Il faut s’adapter pour pouvoir affronter ces moments passés dans un endroit aussi confiné. Aujourd’hui, je me suis habitué à cette solitude. Je m’entraîne seul, que ce soit en course, sur le vélo ou dans l’eau. Je respecte la façon dont les autres s’entraine, mais pour moi, cela passe par un effort solitaire."

6. De la motivation partout

"Un des moments que je retiens de mon arrestation est quand l’officier de police m’a dit que j’allais passer le restant de mes jours derrière les barreaux. À cet instant-là, je regrettais déjà ce que j’avais fait par le passé et qui m’avait amené là. Je me sentais tellement nul. Quand j’ai tenté mon record du monde de rameur sur 24 heures, j’ai repensé à ce moment-là. Je voulais prouver le contraire à cet officier de police et me prouver aussi à moi-même que j’étais capable d’accomplir de belles choses dans ma vie."

7. Une découverte personnelle à travers le sport

Sorti de prison en 2012, John McAvoy a trouvé sa rédemption dans le sport, comme le triathlon.

McAvoy s'entraîne la plupart du temps seul

© Red Bull Content Pool

"Je ne vais pas jusqu’à dire que j’ai grandi comme les enfants dans la série Les Sopranos, mais j’ai côtoyé beaucoup de personnes dangereuses. Mon beau-père était un criminel infâme et ses amis ne valaient pas mieux. Ils étaient arrogants, ne voulant jamais montrer une seule faiblesse. Il ne fallait pas pleurer, toujours prouver à quel point on était fort. J’ai été élevé comme ça jusqu’à mes années en prison et c’est là, grâce au sport, que j’ai découvert que je valais mieux que ça."

8. Un fou de l’entraînement

"Je fais énormément de vélo d’intérieur. Je peux rouler pendant cinq ou six heures comme ça. J’ai même des amis qui ont participé aux Jeux Olympiques qui ne comprennent pas comment on peut rester assis aussi longtemps sur la selle d’un vélo d’intérieur. Quand je roule longtemps, je suis en transe."

9. Une question d’héritage

"Quand vous êtes dans une cellule, entouré de quatre murs, vous sentez le temps passer très lentement. Je crois fermement au sens de l’héritage. Quand je vais dans les écoles raconter mon histoire, les enfants ont parfois du mal à comprendre le sens de mes records du monde. Mais quand je leur explique que je suis sponsorisé par Nike, ça leur parle tout de suite davantage. Je peux alors leur dire droit dans les yeux que malgré ma condamnation en prison, c’est le travail qui m’a permis d’arriver jusque-là."

Le futur

L’étonnant destin de McAvoy continue avec la création récente de sa fondation, qui a pour but de venir en aide aux jeunes en difficulté. McAvoy a également été le témoin l’année dernière d’une attaque terroriste, ce qui l’a conforté encore davantage dans l’idée de continuer à transmettre son message.
"Le jour de l’attentat sur le pont de Westminster, j’étais justement au Parlement pour une rencontre avec le ministre des Sports. En me garant sur le parking, j’ai entendu les cris et j’ai vu le terroriste se précipiter vers les policiers. Ces derniers criaient pour lui dire de s’arrêter. Comme il ne le faisait pas, ils ont tiré et j’ai entendu trois coups de feu. C’est difficile de réagir à ce que vous voyez à ce moment-là. J’étais avec mon ami Mike, qui dirige des écoles de rugby dans les prisons, et il m’a dit dans l’instant de nous cacher derrière une voiture. Mike est un ancien infirmier militaire qui s’est rendu plusieurs fois au front. Il s’est précipité auprès du policier qui avait été poignardé, mais c’était trop tard."
"Cette tragédie a été provoqué par un homme qui avait, comme moi, été privé de ses droits civiques à un moment de sa vie. J’avais choisi moi-aussi de me rebeller contre le système avec des vols à main armée. Le terroriste a choisi de tuer au nom de l'extrémisme islamique. Il faut pouvoir parler à ces gens avant qu’ils deviennent adultes. Quand ils sont adolescents, ils n’ont pas encore toute cette haine contre le système, et c’est peut-être à ce moment-là qu’on est le plus susceptible de pouvoir les aider."

Fait partie de cet article

The Way of the Wildcard

Suivez les incroyables histoires d’athlètes qui ont surmonté les épreuves pour se faire un nom.

2 Saisons · 6 épisodes
Voir tous les épisodes