Avant même que ne débute la première séance d’essais, le chef mécanicien doit anticiper le « set up » de ses deux motos. En fonction des données enregistrées les saisons précédentes, mais aussi en tenant compte de la configuration du circuit qui va exiger un centre de gravité plus ou moins haut, des ressorts de suspensions plus ou moins durs, d’une hydraulique plus ou moins libre, d’une moto et d’une chasse plus ou moins courtes, de freins plus ou moins longs à monter en température… le chef mécanicien établit une base avec laquelle le pilote et l’équipe vont pouvoir commencer à travailler lors de la première séance libre du vendredi matin. Avec l’aide des vitesses de passage en courbe et en ligne droite enregistrées l’année précédente, mais aussi en tenant compte des spécificités moteur du moment (plage d’utilisation, régime maxi, couple constant…) et des pneus, il définit une boîte de vitesses qu’il s’agira ensuite de peaufiner.
Avant que ne débutent les essais, le chef mécanicien anticipe par ailleurs différents plans de travail pour faire face à d’éventuels problèmes : suspensions, géométrie, boîte de vitesses… Selon les circuits, les deux motos du pilote sont réglées de la même façon ou différemment s’il y a des évolutions moteur ou châssis à tester.
Le chef mécanicien débute en tenant compte des données des précédents Grands Prix sur les débattements maxi et mini qui permettent de voir si les suspensions travaillent sur les bonnes plages. La gestion moteur est affinée au fils des tours (cartographie essence, anti-patinage, contrôle des wheelies, frein moteur…). « La FP2 nous sert à commencer à préparer la course car elle se déroule à l’heure où sera donné le départ du Grand Prix, poursuit Nicolas Goyon. Et le samedi après-midi nous avons aussi à gérer la qualification… Le vendredi après-midi, on va pouvoir cibler les bons pneus et commencer à affiner nos réglages. » Au soir de la première journée d’essais, l’équipe technique analyse l’ensemble des données recueillies lors des deux heures d’essais libres afin de préparer les motos pour la journée de samedi.
Le pilote de MotoGP Iker Lecuona pendant une journée de tests à Doha
© Gold & Goose/Red Bull Content Pool
Durant la FP3, l’équipe affine la mise au point pour la course sans perdre de vue tout en consacrant le dernier quart d’heure à la chasse chrono, les dix premiers pilotes au cumul des trois premières séances libres étant directement admis en Q2. Pour les autres il faudra passer par la Q1 en espérant terminer aux deux premières places pour avoir droit à participer à cette fameuse Q2. Une bonne place sur la grille de départ est devenue capitale en MotoGP. Avant la qualification, une dernière séance libre de trente minutes offre une dernière occasion aux équipes de travailler pour la course.
« La FP4 est la seule séance où on n’a pas besoin de se focaliser sur le chrono, note Nicolas Goyon. Les pilotes sont libérés et ils peuvent faire de longs runs pour voir quelle option pneumatique fonctionne le mieux. On peut alors vraiment bosser sur le rythme de course avant la chasse au chrono des qualifications. » Samedi soir, les deux motos sont démontées et entièrement vérifiées. Les mécaniciens montent sur la moto de course les pièces ayant le moins de kilomètres (échappement, radiateur, pièces électriques et parfois moteur). Le préposé à l’acquisition de données vérifie tous les canaux pour s’assurer que tout fonctionne correctement. Le warm up sert de dernier contrôle avant la course. Les modifications en termes de réglages sont minimes à ce moment-là, à moins que l’équipe n’ait rencontré des problèmes insolubles durant les deux journées d’essais. Dernier contrôle général après le warm up, et puis c’est la course…
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