Le jeu vidéo de basket NBA Playgrounds est sorti sur Nintendo Switch, PlayStation 4, Xbox One et PC.
© Saber Interactive/Mad Dog
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NBA Playgrounds est-il le nouveau NBA Jam ?

Après des années d’absence, le jeu de basket arcade est enfin de retour avec NBA Playgrounds ! Pour le meilleur ou pour le pire ?
Écrit par Alexis Lebrun
Temps de lecture estimé : 8 minutesPublished on
Alors que les playoffs NBA viennent de se terminer avec la victoire écrasante en finale de Golden State sur Cleveland, le marché des jeux de basket est lui aussi dominé depuis 10 ans par la même franchise, à la manière de FIFA pour les jeux de foot. Mais même si la série NBA Live n’arrive pas à être une concurrente sérieuse, un petit nouveau pourrait bien changer la donne. Sorti assez discrètement au mois de mai, NBA Playgrounds fait souffler un vent nouveau sur un genre qui en avait bien besoin.
Car si vous n’êtes pas adepte des simulations pures, vous êtes forcément orphelin des mythiques séries NBA Jam et NBA Street qui ont régné sur les jeux de basket d’arcade dans les années 1990 et 2000. Le dernier NBA Jam est sorti en 2010 et le dernier NBA Street en 2007. Bref, NBA Playgrounds a un boulevard pour conquérir les fans de jeux de basket spectaculaires qui préfèrent les dunks complètement impossibles au réalisme. Mais ce titre prometteur est-il à la hauteur de ses glorieux aînés et peut-il s’installer durablement sur le marché des jeux de basket d’arcade ? C’est ce qu’on va voir.

Un concept addictif

Développé par Saber Interactive, NBA Playgrounds est donc un jeu de basket arcade où le joueur prend part à des matchs courts en 2vs2 en constituant des duos avec les meilleurs joueurs du championnat nord-américain. Le jeu a choisi un système de progression très intelligent pour rendre les joueurs accros : on débloque des joueurs aléatoirement dans des paquets de cartes. Ça vous rappelle FIFA Ultimate Team ? C’est normal ! Et c’est tant mieux, car on ressent le même frisson que l’on pouvait avoir en ouvrant un paquet de cartes à collectionner chez le marchand de journaux. Et très bonne nouvelle, il n’y a pas de micro-paiements au programme !
Quand vous lancez le jeu pour la première fois, vous obtenez quelques paquets de cartes pour débuter. Pour collectionner les joueurs, il faut gagner des niveaux avec votre profil et les joueurs que vous avez déjà. Votre profil et vos joueurs gagnent des points d’expérience en jouant (et en remportant) des matchs et des tournois. Si vous avez un double dans un paquet, il sera converti en points d’expérience pour le joueur concerné. Les joueurs sont classés en différentes catégories selon leurs stats (commun, épique, légende). Et comme dans d’autres jeux, il y a plusieurs types de paquets. Les classiques argentés sont accumulés soit en gagnant un niveau avec votre profil général, soit en passant un niveau avec un de vos joueurs. Les paquets dorés contiennent au moins un joueur légendaire, et on les obtient quand on remporte un tournoi pour la première fois, ou à chaque fois qu’on passe un niveau sur son profil après le niveau 50.

Des joueurs qui feront plaisir aux novices comme aux experts nostalgiques

NBA Playgrounds n’est pas un jeu exhaustif. On ne retrouve généralement que les joueurs les plus connus dans chaque équipe. Mais le jeu a eu la bonne idée d’intégrer de nombreuses légendes à la retraite aujourd’hui. Donc si vous avez envie d’associer Stephen Curry ou LeBron James avec Dikembe Mutombo ou Shaquille O’Neal, c’est possible ! Les français ne sont pas en reste puisqu’on trouve notamment Tony Parker, Nicolas Batum, Joakim Noah ou Rudy Gobert. Au total, on trouve plus de 250 joueurs dans NBA Playgrounds, et les développeurs en ajoutent régulièrement dans les patchs gratuits. Ce qui est une excellente chose. Actuellement, seules quelques légendes comme Michael Jordan et Kobe Bryant sont encore absentes parmi les joueurs vraiment attendus.
On trouve sur les cartes des joueurs leurs stats (parfois discutables) : dunk, 3 points, 2 points, interception, contre, vitesse, endurance et rebond, mais rien en dribble et en passe bizarrement. Chaque joueur a aussi droit à de petits éléments biographiques sympas. Enfin, le système de progression évoqué plus haut ne permet pas seulement de gagner de nouveaux joueurs. En passant de bronze à argent puis d’argent à or, les joueurs gagnent de nouveaux mouvements parfois uniques. De quoi enrichir le gameplay et donner plus d’identité aux joueurs mythiques.

Un gameplay accessible mais exigeant

En tant que jeu d’arcade, NBA Playgrounds est facile à prendre en main. On sélectionne deux joueurs avec de bonnes stats et on se lance immédiatement dans un match d’exhibition qui dure trois minutes. Une fois en match, on prend immédiatement son pied en lâchant de gros dunks complètement surréalistes. Le jeu se caractérise par la jauge que possède chaque équipe et qui se charge à mesure qu’elle réalise des actions spectaculaires. La prime va donc au beau jeu, car les tirs à 3 points ne remplissent pas la jauge. Quand cette dernière est remplie, un bonus aléatoire et temporaire est donné à l’équipe et peut lui permettre de retourner un score mal engagé. Par exemple, le bonus le plus dingue double tous vos paniers marqués pendant quelques secondes. On vous laisse imaginer l’impact sur le score du match !
Mais attention, pour gagner contre une IA élevée ou sur le mode online, le jeu demande une maîtrise importante. Même si NBA Playgrounds n’a rien d’une simulation, il faut apprendre à gérer les contres, les rebonds, les interceptions et surtout le timing des tirs et des dunks. Ces derniers passent aussi par une jauge plus ou moins facile à appréhender en fonction du talent du joueur dans le domaine concerné. Et attention à l’endurance de vos joueurs ! Tenter des interceptions, des contres ou accélérer fera diminuer la jauge d’endurance, ce qui peut vous être fatal dans le money time.
NBA Playgrounds : Les joueurs de basket dans le jeu NBA Playgrounds sur PS4, XB1, Switch et PC.

La plupart des stars de la NBA sont dans le jeu

© Saber Interactive/Mad Dog

Des modes de jeu limités

Ici aussi, le plus important est la simplicité. On peut donc faire des matchs d’exhibition, des tournois, un entraînement ou jouer en ligne. Les tournois sont constitués de quatre tours à la difficulté de plus en plus élevée et accompagnés à chaque fois de défis bonus (comme réaliser tant d’interceptions ou de contres). Le jeu est gentil, car si vous êtes éliminé d’un tournoi, vous ne recommencez pas au début de ce dernier mais là où vous en étiez. Au début du jeu, un seul tournoi est disponible. À chaque fois que vous en gagnez un, vous en débloquez un autre. Et la difficulté est bien sûr exponentielle car vous affrontez des duos de plus en plus forts.
Mais il ne faut surtout pas oublier le multijoueur local très fun qui donne lieu à des matchs mémorables entre potes. Et le mode online est doté d’un système de classement classique avec différents rangs qui vont de bronze à diamant. Attention : ce mode multijoueur online n’est pas encore disponible sur Nintendo Switch. On regrette enfin l’absence d’un concours de dunks et de tirs à 3 points comme au All-Star Game. Et pourquoi pas un petit mode 5vs5 pour les puristes ? Peut-être dans une prochaine mise à jour !

Une ambiance perfectible

Situés aux quatre coins du monde, les terrains de NBA Playgrounds ont le mérite d’être variés. On prend plaisir à évoluer à Chicago, à Shanghaï ou à Paris avec des clins d’œil aux cultures locales. Le titre ne joue pas sur ses graphismes pour attirer les joueurs : l’ensemble est simple mais coloré et fun grâce aux têtes caricaturales des joueurs. Par contre, les bruits du public et les commentaires ne sont clairement pas à la hauteur de ceux des glorieux prédécesseurs de NBA Playgrounds. L’ensemble manque aussi d’interactions entre les joueurs, et la musique ne restera pas dans les annales. Mais tout ça n’est pas rédhibitoire selon nous.

Verdict

NBA Playgrounds est une bonne surprise que l’on peut conseiller à tout fan d’arcade et de NBA. Pour un prix raisonnable, on a un jeu avec un concept fun, des tonnes de joueurs connus d’hier et d’aujourd’hui, une très bonne durée de vie, et un gameplay plus profond qu’il n’en a l’air. Surtout, les développeurs réalisent des mises à jour régulières qui enrichissent grandement le contenu du jeu et qui corrigent les problèmes rencontrés. Au-delà des modes de jeu et de l’ambiance qui sont encore perfectibles, il reste deux problèmes importants aujourd’hui : le mode online encore absent sur Switch (même si le multijoueur local est déjà énorme) et les temps de chargement trop longs. NBA Playgrounds n’est donc ni NBA Jam ni NBA Street, mais un jeu qu’on a hâte de voir progresser à l’avenir.
NBA Playgrounds est disponible sur PS4, Xbox One, Switch et PC au prix de 19,99€.