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On dit que le vainqueur du Tour de France n'est pas forcément le coureur le plus fort, mais le mieux préparé. Des années d'entraînement, des mois de préparation et des semaines passées à peaufiner chaque détail, de la position sur le vélo aux protocoles de repos et de récupération, peuvent faire la différence entre décrocher le maillot jaune et finir sur la deuxième marche du podium à Paris.
Mais face au rythme infernal de trois semaines de course, un coureur ne peut se concentrer que sur la route devant lui, et compter sur le travail 24 h/24 d'une armée de membres du staff pour rester dans les meilleures conditions possibles. Des phases de récupération post-étape aux matelas personnalisés, voici comment les équipes du WorldTour ne laissent rien au hasard quand il s'agit de récupération et de performance.
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Les trois R
L'un des piliers de la récupération, c'est la nutrition : se réhydrater, refaire le plein d'énergie et reconstituer les tissus par la nourriture et la boisson font partie intégrante de la routine post-étape. Comme l'explique Justine Baileul, cheffe de l'équipe, dans la vidéo ci-dessous, chaque coureur de Red Bull - BORA - hansgrohe suit un plan personnalisé qui démarre dès qu'il franchit la ligne d'arrivée. Élaboré par le nutritionniste Stephen Smith selon son poids et ses besoins journaliers, le programme peut varier en fonction de l'intensité fournie, des conditions de course et du moment du Grand Tour, la lassitude gastrique due à l'ingestion constante de montagnes de glucides devenant un vrai sujet vers la fin de la troisième semaine.
La première chose qu'un membre du staff vous met dans la main, c'est une bouteille d'eau et un shot à la cerise du partenaire nutritionnel MNSTRY. L'eau amorce la réhydratation ; il est prouvé que le jus de cerise acide, lui, réduit l'inflammation et favorise la récupération musculaire. Les coureurs en reprennent une dose avant de se coucher pour prolonger le travail de récupération pendant leur sommeil.
Vient ensuite un smoothie de récupération riche en glucides, à boire dans les 60 minutes suivant la ligne d'arrivée pour reconstituer les réserves de glycogène de l'organisme, épuisées pendant l'étape malgré les ravitaillements constants en gels énergétiques et en snacks glucidiques comme les galettes de riz.
Au dîner, enfin, les coureurs se voient servir un plat riche en glucides et en protéines : riz et viande maigre accompagnés d'une belle assiette de légumes colorés pour les antioxydants. Les graisses sont réduites au minimum, car elles ne participent pas à la récupération et occupent des calories précieuses qui pourraient revenir aux glucides et aux protéines.
Si le transfert entre l'arrivée et l'hôtel est particulièrement long, un repas plus léger peut aussi être pris dans le bus de l'équipe, comme dans cette vidéo où Remco Evenepoel avale du poulet et des pâtes après la course.
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Maintenir la performance
Un massage post-étape par un soigneur est le rituel quotidien du cycliste pro. Mais aujourd'hui, les équipes multiplient les stratégies pour réduire l'inflammation musculaire et limiter la perte de performance au plus haut niveau sur trois semaines de Grand Tour.
Malgré cinq heures passées sur certains des terrains les plus exigeants de France, l'une des premières choses que font les coureurs en remontant dans le bus après l'étape, c'est de renfourcher un vélo pour un retour au calme sur home-trainer, comme le montre Jai Hindley dans cette vidéo. Intensité bien plus basse que celle du jour, durée limitée à 15-20 minutes : l'idée est d'évacuer l'acide lactique des muscles et de prévenir les problèmes liés à la fatigue, à commencer par les courbatures à retardement.
Les soigneurs distribueront des bidons et des musettes à mi-étape
© Maximilian Fries/Red Bull Content Pool
Ce travail se poursuit pendant le transfert vers l'hôtel grâce à des bottes de compression comme les Hyperice Normatec. Elles utilisent l'air comprimé pour stimuler la circulation sanguine avant que le soigneur ne prenne le relais.
Assez simplement, ce terme désigne ce membre du staff qui masse quotidiennement les coureurs, mais aussi celui qui distribue bidons et musettes depuis le bord de route à mi-étape, gère la logistique (charger les voitures d'équipe, préparer le kit de lavage) et joue un rôle de confident pour les athlètes.
Sans être quotidiens, les bains de glace font aussi partie de l'arsenal : sur les étapes très chaudes, comme celles du Tour de France de cette année, les coureurs y plongent dès l'arrivée pour faire baisser leur température corporelle (comme le montre Tim Van Dijke dans cette vidéo), tandis que l'équipe WorldTour Decathlon CMA CGM a même déployé une unité mobile de cryothérapie réglée à -120 °C pour accélérer le processus.
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L'outil de récupération numéro un
Malgré tous les progrès accomplis ces dernières années en matière d'entraînement et de nutrition, le sommeil reste l'outil de récupération numéro un du coureur entre deux étapes, avec un objectif de huit à neuf heures par nuit (et même davantage les https://www.redbull.com/ca-fr/tour-de-france-jour-repos). Les équipes cherchent malgré tout à optimiser la quantité et la qualité du sommeil de chaque athlète, à coups d'objets connectés et de coachs du sommeil pour tirer le meilleur parti de chaque minute de repos.
Les spécialistes dans le sommeil ne constituent qu'une partie de l'équipe
© Maximilian Fries/Red Bull Content Pool
Vingt-et-un jours de course signifient vingt-et-un hôtels différents sur un Grand Tour de trois semaines. Et ce ne sont pas les équipes qui choisissent. Pour garantir un peu d'équité dans le peloton, ASO, l'organisateur du Tour de France, réserve environ 1 850 places par étape et évite ainsi que les formations les plus riches ne monopolisent les meilleurs hôtels. Résultat : l'hébergement tient parfois de la loterie, surtout dans les zones les plus reculées du pays. Puisqu'aucune chambre cinq étoiles n'est garantie, Red Bull - BORA - hansgrohe cherche à lisser cette variabilité en fournissant à chaque coureur son propre matelas et son propre jeu d'oreillers, acheminés d'hôtel en hôtel par une équipe logistique dédiée pour retrouver le même lit chaque soir — comme on le voit dans la vidéo en haut de page.
Cette même équipe fournit aussi des climatiseurs et veille à ce que chaque chambre soit adaptée à une bonne nuit. Une pratique désormais courante dans le peloton, y compris chez des équipes françaises comme Groupama-FDJ. L'équipe XRG de l'UAE Team Emirates de Tadej Pogačar est allée plus loin en s'associant à un dispositif connecté de régulation thermique du matelas baptisé Eight Sleep, capable de refroidir ou de réchauffer le matelas à la température souhaitée tout en surveillant des paramètres de santé comme la fréquence cardiaque et les phases du sommeil. Et ce n'est pas seulement la nuit que les coureurs cherchent à fermer les yeux : ils visent aussi une courte sieste après chaque étape pour amorcer le processus de récupération.
FAQ
Où vont dormir les coureurs du Tour de France ?
Les coureurs du Tour de France dorment dans des hôtels sélectionnés et répartis par ASO, l'organisateur de la course. Pour garantir l'équité entre les équipes, ASO réserve environ 1 850 places de couchage par étape selon un système de barème d'étoiles : à la fin des trois semaines, chaque formation doit avoir cumulé le même nombre d'étoiles d'hébergement. Résultat : la qualité varie considérablement d'une étape à l'autre, surtout dans les zones reculées comme le Massif Central. C'est précisément cette variabilité qui a conduit les équipes à prendre en main elles-mêmes les conditions de sommeil de leurs coureurs.
Pourquoi les équipes transportent-elles les matelas chaque soir ?
Les équipes transportent les matelas et sur-matelas de leurs coureurs d'hôtel en hôtel pour trois raisons principales :
- Qualité et constance du sommeil : en retrouvant chaque soir la même surface de couchage — souvent un surmatelas à mémoire de forme adapté à leur morphologie — les coureurs évitent torticolis, douleurs dorsales et réveils perturbés, quelle que soit la qualité de la literie fournie par l'hôtel.
- Hygiène et prévention des allergies : les matelas d'hôtel peuvent contenir acariens et bactéries. Certaines équipes complètent le changement de matelas par une désinfection complète de la chambre (spray bactéricide, fongicide, traitement des moquettes), notamment pour protéger les coureurs asthmatiques dont les défenses immunitaires s'affaiblissent au fil des étapes.
- Performance : les "marginal gains" du sommeil : sur 21 jours de course, chaque heure de sommeil réparateur compte. Le sommeil est l'outil de récupération numéro un du cycliste professionnel — bien au-dessus des massages ou de la nutrition.
Comment est organisé le sommeil des cyclistes sur le Tour ?
L'organisation du sommeil sur le Tour est une opération logistique à part entière. Dès la mi-journée, les assistants se rendent à l'hôtel pour inspecter les chambres, choisir les plus fraîches et les moins exposées au bruit, installer les matelas personnels des coureurs et mettre la climatisation en route (idéalement réglée à 17-18°C). Le soir, après l'étape, les coureurs enchaînent massage, dîner riche en glucides et protéines, puis un protocole de préparation au sommeil : luminosité réduite progressivement, pas d'écrans, parfois des séances de sophrologie ou du bruit blanc pour favoriser l'endormissement. L'objectif : 8 à 9 heures de sommeil par nuit, complétées par une courte sieste post-étape.
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