Le joueur de tennis Matteo Berrettini habillé en blanc et Sinna lors du tournage de la saison 1 de « One Day Like », à Barcelone, en Espagne, le 19 décembre 2022.
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Tennis

Pourquoi les joueurs doivent-ils s’habiller en blanc à Wimbledon ?

À l’approche de Wimbledon 2026, décryptage d’une règle culte du tennis : pourquoi les joueurs doivent-ils porter du blanc sur le gazon londonien ?
Écrit par Damien Devos
Temps de lecture estimé : 5 minutesPublished on
Sur le circuit, chaque tournoi possède son décor. Roland-Garros a sa terre battue ocre. L’US Open a ses sessions de nuit électriques. L’Open d’Australie a sa lumière dure et son ambiance de plein été. Wimbledon, lui, a le blanc.
Sur le gazon du All England Club, la couleur de la tenue de Matteo Berrettini n’est pas qu'une question de style. Elle fait partie du règlement, du paysage et du mythe. Polos, robes, shorts, jupes, casquettes, bandeaux, chaussettes, chaussures : à Wimbledon, presque tout doit rester blanc. Pas gris, pas cyan, pas saumon : BLANC.

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À première vue, cette règle peut sembler anachronique dans un sport devenu ultra-moderne, où les équipementiers travaillent chaque détail comme une bête de course textile. Pourtant, elle reste l’un des marqueurs les plus puissants du tournoi.
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Un dress code parmi les plus strictes du sport

Le règlement de Wimbledon ne laisse que très peu de place à l’interprétation. Les joueurs doivent porter une tenue de tennis presque entièrement blanche dès leur entrée sur les abords du court.
Les détails de couleur sont tolérés uniquement à la marge, notamment sous forme de bandes colorées (un centimètre maximum), et restent très encadrés. Même les accessoires sont soumis à ces règles : bandeaux, poignets, chaussettes, casquettes et chaussures sont concernés.
Cette précision réglementaire fait de Wimbledon un cas à part dans le tennis professionnel. Ailleurs, les joueurs disposent d’une liberté beaucoup plus large pour exprimer leur style ou celui de leur équipementier. À Londres, l’institution reprend le contrôle.
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Depuis quand Wimbledon impose-t-il une tenue entièrement blanche ?

Pour comprendre la règle du blanc, il faut revenir aux origines sociales du tennis. À la fin du XIXe siècle, le sport se pratique dans des clubs privés, sur gazon, au sein d’un environnement fortement codifié.
Le blanc s’impose alors comme une couleur associée à l’élégance, à la discipline et à une certaine idée de la respectabilité. Il traduit une forme de retenue, très liée aux normes sociales de l’époque victorienne.
Mais la raison est aussi pratique. Le blanc permettait de rendre la transpiration moins visible que sur des vêtements colorés. Dans une société où l’effort physique devait rester discret, cette fonction comptait presque autant que l’élégance elle-même. Ainsi, le blanc des tenues permettait d'allier la performance sportive et la propreté imposée par la haute société londonienne du XIXe siècle.
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S'habiller en blanc : une signature visuelle devenue mondiale

Avec le temps, cette contrainte est devenue un atout d’image considérable. Le blanc sur gazon vert constitue aujourd’hui l’une des identités visuelles les plus fortes du sport. Il suffit d’un plan large du Centre Court pour reconnaître Wimbledon. Les lignes blanches, la pelouse et les silhouettes immaculées composent un langage visuel iconique.
Dans un environnement sportif saturé de couleurs, de logos et de collections spéciales, Wimbledon choisit la simplicité. Cette sobriété crée aussi un contraste très fort avec l’intensité du jeu moderne. Les joueurs apparaissent dans une tenue héritée d’un autre siècle, mais frappent avec la puissance, la vitesse et la précision du tennis actuel. C’est là que le tournoi se démarque : il oppose le calme du décor à la violence contrôlée de la performance.
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Un moyen de placer le jeu au centre

La règle du blanc sert aussi une idée simple : à Wimbledon, le spectacle doit venir du tennis avant de venir de la tenue. En uniformisant fortement l’apparence des joueurs, le tournoi limite les distractions visuelles. La personnalité ne disparaît pas, mais elle doit s’exprimer ailleurs : dans la gestuelle, les choix tactiques, la gestion des moments chauds et la capacité à dompter le gazon.
Cette logique correspond parfaitement à l’identité du tournoi. Wimbledon se présente comme un lieu où le cadre précède l’individu, où la tradition impose une forme de discipline, où chaque détail rappelle que l’on entre dans une histoire plus grande que soi.
Pour les champions, cette contrainte devient presque un test supplémentaire. Gagner à Wimbledon, ce n’est pas seulement maîtriser les rebonds bas, les appuis glissants et la pression du Centre Court. C’est aussi accepter les codes du tournoi, puis réussir à exister pleinement à l’intérieur de ce cadre.
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Une tradition stricte, mais pas totalement figée

La règle du blanc a longtemps été perçue comme l’un des symboles les plus rigides de Wimbledon. Elle continue de l’être, mais elle a aussi connu une évolution importante. Depuis 2023, les joueuses sont autorisées à porter un shorty de couleur moyenne ou sombre sous leur tenue blanche. Cette modification répond à une préoccupation concrète : réduire l’anxiété liée aux règles et améliorer le confort des athlètes en compétition.
L’évolution est significative. Elle montre que Wimbledon peut adapter ses traditions lorsque l’enjeu touche directement à la performance et au bien-être des athlètes.Le tournoi conserve donc son identité, mais accepte une nuance essentielle. La tradition reste forte. Elle n’est pas intouchable.
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Pourquoi cette règle reste si puissante avant Wimbledon 2026

À l’approche de Wimbledon 2026, la règle du blanc conserve toute sa force parce qu’elle raconte le tournoi en une seule image. Elle dit la tradition, le contrôle, la précision et la singularité. Elle permet à Wimbledon de se distinguer des autres Grands Chelems sans avoir besoin de surenchérir et, transforme chaque match en tableau bien connu.
Elle crée aussi un paradoxe rare dans le sport moderne : un cadre extrêmement codé pour des athlètes qui cherchent, point après point, à produire de l’imprévisible. C’est cette tension qui rend Wimbledon unique. Tout semble ordonné avant l’échange. Puis la balle part, les appuis glissent, les amorties tombent, les passings claquent, et le décor sage devient un terrain de jeu impitoyable.
Vous pourrez suivre Matteo Berrettini sur le gazon de Wimbledon du 29 juin au 12 juillet 2026. Finaliste en 2021, l’Italien connaît déjà le chemin du Centre Court. Et avec son service de feu, son coup droit massif et son jeu taillé pour l’herbe, il aura une carte à jouer à Londres.