La rappeuse Brö chante au Red Bull Studio pendant Red Bull Spinner.
© Apolline Cornuet
Musique

Rencontre avec Brö

Red Bull Spinner : quatre jeunes artistes vous emmènent dans leur spirale musicale.
Écrit par Genono
Temps de lecture estimé : 6 minutesPublished on
Le rap français vit une ère particulièrement riche depuis cinq ans : certifications en pagaille, stades remplis, artistes ultra-populaires… Si la concurrence est rude, le nombre d’auditeurs en constante augmentation permet aux artistes de se faire connaître. Pour pousser ces profils prometteurs à émerger, Red Bull agit comme un levier en organisant une rencontre humaine et artistique entre quatre d’entre eux : Red Bull Spinner.
Brö, Volts Face, Slimka et Bambino ont tous des profils très différents, mais partagent en commun l’amour de la musique et un certain talent pour se démarquer. Réuni au Red Bull Studio, le quatuor a enregistré un titre énergique et puissant, sur une production pressante du beatmaker Ethan Jackson.

Présentation

  • Pseudo : Brö
  • Explication du nom : Son nom de famille, Brolli, était déjà pris par le super Saiyan légendaire, elle a donc réduit à « Bro » et ajouté un tréma pour « le côté nordique » en hommage à sa « dégaine de viking »
  • Âge : 25 ans
  • Localisation : Paris (actuellement du côté de Belleville)
La rappeuse Brö pour Red Bull Spinner.

Brö pour SPINNER

© Apolline Cornuet

Les débuts

L’origin-story de Brö commence tôt, vraiment très tôt : « chanter, c’est un rêve de gosse. Depuis que j’ai 4-5 ans, je veux être chanteuse ». Si elle ne devient pas enfant-star comme Jordy, Ilona ou Priscilla, l’idée de faire de la musique ne quitte jamais vraiment son esprit : « je n’ai jamais arrêté, j’en ai toujours fait à côté du travail ou des études. C’est un truc qui s’est quand même un peu évaporé avec le temps parce que la vie, la réalité, font que t’as envie de construire des projets plus sérieux ». En 2018, elle remporte un concours de musiques urbaines, STRI-IT, et se professionnalise, motivée à l’idée de vivre son rêve, et surtout libérée de certaines barrières mentales : « c’est revenu sur le tard, il y a 3-4 ans. Je me suis dit en vrai c’est bon, je suis grande, je fais ce que je veux (rires). Je m’y suis remise plus sérieusement, je suis prête désormais ».

Ses influences

La liste des différents artistes cités par Brö en interview est un véritable kamoulox : de Barbara à Kalash Criminel en passant par Gainsbourg, Britney Spears et Kid Cudi, il est franchement difficile de définir une ligne directrice dans ses influences. Malgré cette playlist très éclectique, elle est capable de définir assez précisément ce qui définit son univers artistique aujourd’hui : « un de mes beatmakers a trouvé le sigle « Urban Succulence » : c’est du rap, mais avec une touche de glamour, d’élégance, de jazz. C’est l’idée d’une musique hybride avec suffisamment de subtilité ».
À mi-chemin entre rap et RnB, Brö se sent à son aise sur la scène française, au milieu d’artistes capables de recouper diverses influences : « aujourd’hui, en France, il y a des choses qui se passent et qui me donnent envie de faire ce que je n’osais pas forcément faire avant. Je pense par exemple à Ichon ou à Tayc qui a un peu rouvert la voie aux artistes RnB français, ça m’a inspirée ». Parvenir à l’équilibre entre les genres n’est pas une chose aisée mais en s’inspirant de grands artistes anglophones (elle trouve encore le moyen d’ajouter de nouveaux noms à sa liste : Kendrick Lamar, Stevie Wonder, H.E.R.), la chanteuse parvient au bon dosage : « j’aime bien faire du rap mais j’ai l’impression que dans ce que je fais, il y a toujours une goutte de RnB ».

Son morceau-phare

Le dernier single en date de Brö, intitulé « Le pire c’est que je comprends », est une excellente porte d’entrée dans l’univers de la chanteuse. Elle approuve immédiatement le choix de la présenter aux lecteurs de Red Bull par le biais de ce titre : « c’est le bon équilibre entre tout ce que j’aime faire, c’est le morceau parfait pour me résumer. C’est le bon entre-deux ». Un titre ouvert et rythmé, plus chanté que rappé, avec une belle dose d’humour : « j’arrive pas croire que j’me fais larguer par un mec qui sait pas rapper dans les temps ». L’ambiance est ambivalente : plutôt lumineuses, les sonorités contrastent avec certains éléments du texte, assez sombres (« j’ai appris à être seule mais j’peux plus respirer / j’envoie des messages sordides pour me justifier »). Ce single clippé permet surtout à Brö de teaser la suite, ses prochains morceaux étant « aussi dans ce délire un peu soul-funk ».
La rappeuse Brö en plein freestyle au Red Bull Studio.

Brö en pleine performance au Red Bull Studio

© Apolline Cornuet

Le freestyle

Confrontée à trois hommes pour ce quatrième épisode de Red Bull Spinner, Brö se présente suffisamment confiante à son arrivée en studio, bien aidée par son passif avec l’un des participants : « je connaissais Bambino parce que la première fois que je suis allée en studio, j’avais 17 ans, et c’était chez lui. C’est la première fois qu’on a l’occasion de se recroiser ». L’ambiance entre les quatre artistes devient donc rapidement amicale, même si la chanteuse avoue qu’elle ne connaissait pas du tout Volts Face avant l’enregistrement du freestyle. « Slimka, en revanche, je l’avais déjà écouté ».
Bloody, notre beatmaker du jour, compose un instrumental qui pousse Brö à sortir de sa zone de confort : « en entendant la prod la première fois, je me suis dit qu’elle était difficile à appréhender pour moi. C’est pas du tout dans mes habitudes de poser sur ce type d’instru ». Pourtant, la jeune artiste ne se démonte pas : « je voulais relever le défi… je me revendique rappeuse, je vais pas faire la baltringue dès qu’il y a un truc trop difficile qui se présente (rires) ». La difficulté pousse Brö à s’adapter, en particulier sur le plan du texte : « j’ai gratté un truc, je suis assez contente du résultat. C’est vrai que ça a été assez difficile, c’est pas venu naturellement. J’ai l’habitude d’être sur des trucs plus organiques, avec des instruments de musique. Là c’est de la pure trap analogique, c’est pas du tout dans mes habitudes ». Finalement, l’expérience est positive et prouve que travailler contre ses intuitions naturelles a parfois du bon : « j’ai dû m’adapter, c’était pas facile, mais j’ai trouvé ça trop bien ».

La suite

En plein développement, Brö a dépassé il y a quelques semaines le compteur symbolique des 100 000 vues pour l’un de ses clips sur YouTube, « Bonsoir ». Avant de penser à la suite, elle compte réussir à nouveau des chiffres encourageants en se concentrant sur l'exploitation de son dernier clip « Le Pire c’est que je comprends » : « je viens de sortir ce single, je vais déjà travailler là-dessus ». Extrait d’un prochain projet, ce titre prolonge la direction artistique prise par la chanteuse sur ses deux singles précédents : « Jupe » et « Mauvais rôle ». Mis ensemble, ces trois titres constitueront l’ossature de « Cassandre », un EP huit titres prévu en automne.