Sur une piste de descente, un skieur peut atteindre 140 km/h. Sur toute la longueur d'une piste de super-G, deux concurrents peuvent finir séparés de quelques centièmes seulement. Malgré cela, derrière cette précision qui donne le vertige, un système d'un autre siècle continue de cohabiter avec les technologies les plus pointues du sport moderne pour établir les temps de Marco Odermatt. On vous explique tout, et si vous voulez creuser encore plus loin, découvrez notre guide complet de la Coupe du monde FIS.
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Pourquoi le chronométrage du ski alpin démarre encore avec une tige métallique
Paradoxe assez surprenant : en 2026, alors que le chronométrage officiel de la Coupe du monde est théoriquement capable de mesurer un temps au millionième de seconde, le déclenchement du chrono au départ, lui, repose toujours sur un dispositif purement mécanique : le fameux portillon. Concrètement, le skieur pousse sur une tige de métal avec sa chaussure ou son ski pour s'élancer, et c'est ce geste physique qui active une petite dynamo, laquelle génère l'impulsion électrique qui démarre le chrono. « On est bien obligé d'avoir quelque chose qui déclenche le temps du skieur. Pour l'instant, il n'y a rien de mieux ! », résume Pascal Rossier, responsable des opérations sportives chez Longines.
Ce système, en apparence archaïque au milieu d'un dispositif ultra-sophistiqué, n'a en réalité jamais été remplacé pour une raison simple : sa fiabilité absolue. Contrairement à un capteur électronique ou une cellule optique qui peuvent être perturbés par le froid extrême, la neige, la glace ou une défaillance technique en pleine montagne, un peu comme le vieil autoradio de votre grand-père, ce mécanisme purement mécanique ne tombe quasiment jamais en panne. Dans un sport où la moindre erreur de chronométrage peut invalider une course entière, cette vieillerie assumée reste, paradoxalement, l'un des maillons les plus solides de toute la chaîne.
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De 1914 à aujourd'hui : un siècle de précision du chronométrage
Bienvenue à l’époque des calèches, il est temps de revenir au siècle précédent. L'histoire du chronométrage en ski alpin démarre au même endroit que les Jeux Olympiques d'hiver eux-mêmes : à Chamonix, en 1924, lors de la Semaine internationale des sports d'hiver. Longines, déjà reconnue pour son savoir-faire en tant qu’horloger, fournit cette année-là l'équipement de chronométrage d'une course de ski organisée près de sa manufacture, à Saint-Imier. La marque n'a plus quitté les pistes depuis.
À l’époque, les progrès s'enchaînent à un rythme rapide : depuis 1914, la précision au dixième de seconde est atteinte, deux ans plus tard, on parle de centièmes. En 1937, une cellule photoélectrique fait son apparition sur la ligne d'arrivée du combiné descente des Championnats du monde, toujours à Chamonix. En 1951, la Chronocamera est introduite lors des Championnats suisses d'Adelboden, une innovation qui capture une image de chaque arrivée pour départager les skieurs au plus près. Une révolution.
Depuis, la précision technique a continué de grimper, jusqu'au millième de seconde grâce à des systèmes d'enregistrement automatique filmant à 100 images par seconde, atteignant ensuite les dix-millièmes dès le début des années 1970. Aujourd'hui, les skieurs sont entrés dans l'ère des données en temps réel : les chaussures des athlètes embarquent des capteurs mesurant en continu la vitesse, l'accélération, la décélération ou encore la hauteur des sauts.
Ces données ne transitent même pas par GPS, jugé trop imprécis dans les zones alpines isolées : le signal passe par des antennes installées tout le long du parcours, reliées par câble à un centre de chronométrage où une équipe d'une vingtaine d'experts surveille chaque passage en direct. Les épreuves sont surveillées par une intelligence aussi analytique qu'un centre de contrôle spatial, de quoi suivre course après course tout le calendrier de la Coupe du monde de ski alpin.
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Pourquoi le centième fait foi pour le chronométrage en ski
Voici le détail qui change tout : malgré cette précision technique qui dépasse largement le millième de seconde, la FIS ne retient officiellement que le centième de seconde comme résultat final, exactement comme en athlétisme. Un chronométreur pourrait techniquement départager deux skieurs à la microseconde près, mais la règle sportive s'arrête volontairement avant.
Cette limite n'est pas un manque de moyens techniques, bien au contraire : elle traduit un choix réglementaire assumé. Aller chercher plus de précision qu'un centième n'aurait plus vraiment de sens sportif, et introduirait même une forme d'incertitude supplémentaire tant les variables externes (le fartage des skis, la dureté de la neige, une microrafale de vent) peuvent influencer un résultat bien plus qu'un dix-millième de seconde. Bref, la nature a un droit de regard sur le résultat, et même Longines n'y peut rien.
Le centième reste donc la limite où la précision du chronométrage rencontre le bon sens sportif : suffisamment fin pour départager les meilleurs skieurs du monde, mais pas au point de transformer chaque course en loterie statistique. Cet équilibre si finement dosé, c'est celui qui permet d'écrire, saison après saison, les records du ski et le palmarès de Marco Odermatt.
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FAQ : vos questions sur le chronométrage du ski alpin
Comment est déclenché le chronomètre au départ d'une course de ski alpin ?
Le chrono démarre quand le skieur pousse avec sa chaussure ou son ski sur une tige métallique fixée dans le portillon de départ. Ce geste actionne une dynamo qui envoie l'impulsion électrique de départ.
Pourquoi le GPS n'est-il pas utilisé pour chronométrer les Mondiaux de ski ?
Parce qu'il n'est pas assez précis dans les zones alpines isolées, où le relief et l'altitude perturbent le signal satellite. Les organisateurs préfèrent un réseau d'antennes installées tout le long du parcours, reliées par câble à un centre de chronométrage : plus fiable qu'un signal GPS en pleine montagne.
À quelle précision est chronométré le ski alpin ?
Techniquement, le système est capable de mesurer un temps au millionième de seconde. Mais la FIS ne retient officiellement que le centième de seconde comme résultat final, jugeant qu'aller plus loin n'aurait plus de sens sportif face aux autres variables (fartage, neige, vent) qui influencent bien plus une course.
Que se passe-t-il en cas d'ex æquo au centième de seconde en ski alpin ?
Cela arrive, y compris sur le podium : aux Jeux olympiques de Sotchi en 2014, deux skieuses ont partagé la médaille d'or de la descente avec un temps strictement identique au centième. Comme la FIS ne descend jamais sous cette précision, ce genre d'égalité n'est jamais départagée : les deux athlètes se voient alors attribuer le même rang, et donc la même médaille si l'égalité se produit sur le podium.
Comment fonctionnent les cellules photoélectriques utilisées en bord de piste ?
Elles mesurent les temps intermédiaires en détectant le passage du skieur à travers un faisceau lumineux, sans intervention humaine. Leur nombre reste toutefois limité (3 à 4 points de mesure officiels sur un parcours), ce qui a poussé des chercheurs à explorer des systèmes alternatifs, comme un chronométrage par aimants intégrés à chaque porte, pour multiplier les points de mesure. Des données proches de celles qu'exploitent au quotidien des skieurs comme Marco Odermatt pour peaufiner leur technique.