Max Verstappen au volant de la RB22 en piste lors du Grand Prix d’Australie de F1 sur le circuit d’Albert Park, le 8 mars 2026, à Melbourne, en Australie.
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F1

F1 : cinq choses à retenir après le Grand Prix d'Australie

Un nouveau comeback monumental pour Max Verstappen, des dépassements à volonté... le premier GP de la nouvelle ère de la F1 a été complètement fou. Que faut-il retenir du Grand Prix d'Australie ?
Écrit par Paul Keith
Temps de lecture estimé : 9 minutesUpdated on
La nouvelle ère de la F1 a commencé après un Grand Prix d’Australie à la fois spectaculaire, palpitant et frustrant. Le nouveau règlement technique et sportif a été implémenté pour garder la discipline aussi pertinente que possible pour l’industrie automobile, avec en bonus l’idée de rebattre les cartes. Est-ce que ça a marché ? Eh bien, on peut dire que les choses ont bel et bien bougé. Voici cinq leçons à retenir de ce GP d'Australie…
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Max Verstappen refait son retard

Ce n’est un secret pour personne : Max Verstappen n’est pas fan des nouvelles règles. Ses craintes se sont confirmées lorsqu’un problème technique étrange a provoqué un blocage de l’arrière de sa RB22, l’envoyant en tête-à-queue lors des qualifs au moment même où il lançait son premier tour rapide, et le forçant à l'abandon.
Résultat : il s’est élancé en P20, mais a gagné cinq places dès le départ, et a remonté le peloton comme un couteau chaud dans du beurre pour finalement terminer sixième, en signant au passage le meilleur tour. « Les premiers tours étaient assez agités et il fallait juste rester hors de danger », a-t-il expliqué à l’arrivée. « Globalement, l’équipe a encore fait du bon travail : c’était un comeback correct depuis la P20 et nous allons travailler ensemble pour réduire encore l’écart. »
Isack Hadjar lors du Grand Prix d'Australie de Formule 1 2026.

Une troisième place en qualifications pour Isack Hadjar

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Autre signe encourageant : Isack Hadjar a placé sa RB22 en troisième position lors des qualifications et, même si la course du jeune Français a été écourtée par une panne mécanique, il semblait très à l’aise au volant et apparaît comme un équipier prometteur pour Verstappen.
Et même si le quadruple champion du monde est mécontent, il continuera d’extraire autant de performance que possible de sa machine. « Je n’aime pas trop compliquer les choses. Que je doive piloter cette voiture, celle de l’an dernier, ou même si je dois courir avec un caddie de supermarché, je le piloterai à la limite de ce qu’un caddie peut faire. C’est aussi simple que ça. » Des courses de caddies ? N’allez pas donner des idées à la FIA.
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Les Mercedes déroulent

Mercedes et George Russell arrivaient sur cette première manche en grands favoris, et le Britannique a quitté l’Albert Park avec le trophée du vainqueur. Avec un Kimi Antonelli qui a complété le doublé, Mercedes a pris le maximum de points possibles, et Toto Wolff ne ressemble plus à un homme écrasé par l’effet de sol.
La Mercedes semble également douce avec ses pneus et paraissait avoir de la marge en qualifs. Cela fait cinq ans que leurs voitures rebondissent sur la piste alors que l’équipe avait des soucis avec l’effet de sol, donc on peut considérer qu’ils ont droit à un peu de répit. Mais, pour l’instant, ils ont l’air très à l’aise, et les écarts de performance pourraient paraître énormes en Chine.
Isack Hadjar et Lewis Hamilton lors du départ du Grand Prix d’Australie de F1 sur le circuit d’Albert Park, le 8 mars 2026, à Melbourne.

Isack Hadjar et Arvid Lindblad ont pris un superbe départ à Melbourne

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Arvid Lindblad a tout d’une pépite

Le pilote britanno-suédois a signé des débuts fantastiques : après une belle séance de qualifications, il a suivi les Ferrari vers les premiers postes sur le premier tour et s’est même retrouvé en P3 (pendant quelques virages) avant d’être repassé par Lewis Hamilton et Isack Hadjar. Plus tard dans la course, il n’a pas hésité à jouer des coudes face à Ollie Bearman pour la position et a terminé huitième.
« J’ai beaucoup de respect pour les vétérans de ce sport, mais je ne vais pas non plus m’écarter gentiment pour leur laisser la place », a déclaré Lindblad. « Je suis là pour me battre. Quand je suis dans la voiture, je suis un compétiteur impitoyable et je vais prendre chaque centimètre que je peux prendre, et je pense que je l’ai montré au premier tour. »
Arvid Lindblad et Liam Lawson de l’écurie Racing Bulls lors de la parade des pilotes avant le Grand Prix d’Australie de F1 sur le circuit d’Albert Park, le 8 mars 2026, à Melbourne, en Australie.

Arvid Lindblad et Liam Lawson pendant la parade des pilotes

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La VCARB03 n’a peut-être pas la même vitesse de pointe en ligne droite que l’Audi ou la Haas, mais les deux voitures ont vu l’arrivée et elles ont des pilotes très solides aux commandes. La saison pourrait être très intéressante pour l’équipe de Faenza.
Pendant ce temps, Williams et Alpine rejoindront McLaren dans la file d’attente devant chez Mercedes pour comprendre exactement pourquoi le moteur de l’écurie semble tellement plus puissant que ceux fournis aux clients.
Fast facts de l'Albert Park

Saviez vous...

Seul rookie en 2026, Arvid Lindblad est né en 2007 – la même année où Lewis Hamilton a fait ses débuts.

Pour marquer la Journée internationale des droits des femmes

Le virage 6 du Grand Prix d’Australie a été nommé en l’honneur de Hannah Schmitz (Red Bull) et Laura Mueller (Haas).

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Le pilotage est "comme Mario Kart"

Les pilotes sont actuellement une pleine phase d’apprentissage vis-à-vis des nouvelles voitures, mais les fans adorent le spectacle, les monoplaces étant beaucoup plus difficiles à maîtriser. L’an dernier, les pilotes bénéficiaient d’un tel niveau de grip qu’ils pouvaient passer les sections les plus piégeuses de la F1, comme Le Raidillon de l'Eau Rouge de Spa, à fond. Jusqu’ici cette saison, tout est un nouveau défi.
Les voitures ont moins de grip et de grosses poussées de puissance électrique, ce qui les rend beaucoup plus difficiles à piloter. « Le straight mode fait que tu as beaucoup d’autres problèmes à gérer, a expliqué Lando Norris. Tu décélères tellement avant les virages, tu dois lever le pied partout pour t’assurer que le pack [batterie] est au maximum. Et si le pack est trop haut, tu es aussi foutu. »
C'est comme un champignon sur Mario Kart
Charles Leclerc
Verstappen espère que l’instance dirigeante, la FIA, et le promoteur, la F1, pourront trouver des compromis sur les nouveaux règlements qui satisferont à la fois les pilotes et le public : « Voyons ce que nous pouvons faire. J’espère que, peut-être même au cours de cette année, nous pourrons trouver des solutions différentes, afin que ce soit plus agréable pour tout le monde. »
Si vous n’êtes pas derrière le volant, tout cela a l’air fantastique. Les 20 premiers tours du Grand Prix d’Australie ont été phénoménalement divertissants, avec des voitures qui se battaient pour des positions sur toute la longueur du peloton. Tout juste marié, Charles Leclerc a dépassé George Russell en se glissant devant les deux Mercedes, déclarant à la radio Ferrari : « C’est comme un champignon sur Mario Kart » au moment où il prenait la tête. Ils se sont ensuite passé et repassé l’un l’autre, George Russell peinant à maintenir son avance.
Max Verstappen et Isack Hadjar lors de la parade des pilotes avant le Grand Prix d’Australie de F1 sur le circuit d’Albert Park, le 8 mars 2026, à Melbourne.

Max Verstappen et Isack Hadjar en pleine parade

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Au départ également, le pauvre Antonelli a semblé rester planté pendant plusieurs secondes alors qu’il se faisait dépasser par Hadjar, Hamilton, Norris et Lindblad – ce qui a ajouté encore plus de piment au spectacle. Plus loin, Fernando Alonso a traversé le peloton pour se hisser dans les points avant que son Aston Martin ne rende l’âme.
Et, bien sûr, il y avait Verstappen, qui taillait le peloton en pièces depuis l’arrière en seulement quelques tours. Avec le nouveau overtake mode et un gros bouton de boost remplaçant le DRS, les courses sont aussi un peu plus faciles à suivre. Ce n’est peut-être pas parfait, mais cette nouvelle ère de la Formule 1 offre davantage de duels roues contre roues.
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Le point sur le chaos à Melbourne

Max Verstappen pose pour un portrait dans le garage du Grand Prix d'Australie de Formule 1 2026.

Max Verstappen dans le garage lors du Grand Prix d'Australie

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Les ennuis mécaniques et même les crashes étaient devenus assez rares en F1, les voitures combinant une grande fiabilité à des niveaux de grip phénoménaux. Mais la Formule 1 a toujours été synonyme de nouvelle technologie et les abandons sont un indicateur d’un sport compétitif.
Certaines années, les stands du Grand Prix d’Australie peuvent ressembler à une casse automobile, les nouvelles machines rutilantes cassant les unes après les autres lors de leur premier véritable test en piste. En 2008, seules six voitures avaient rallié l’arrivée, ce qui permet de relativiser les six abandons de dimanche.
Mieux encore, huit équipes ont marqué des points. Parmi celles qui ont terminé hors du top 10, Williams a vu ses deux voitures passer le drapeau à damier malgré une quasi-absence aux essais, et Sergio Pérez a terminé pour Cadillac – loin d’être un mince exploit pour une équipe qui vient d'arriver en F1.
Si Aston Martin n’a pas vu l’arrivée, Alonso a démontré qu'un certain potentiel existait, une petite consolation pour la structure d’Adrian Newey, après tant de nuits blanches à tenter de préparer la voiture pour la course.
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Quel est le programme pour la F1 ?

Des imprévus, et beaucoup d'excitation, car la prochaine manche est le Grand Prix de Chine, et il s’agit d’un week-end Sprint. Cela signifie que les équipes n’auront qu’une seule séance d’essais libres pour gommer les défauts, et, pour l’instant, les voitures sont plus proches de la boule de nœuds que de la courbe fluide.
Mercedes débordera de confiance, mais contrairement au circuit international de Shanghai, l’Albert Park n’est pas un circuit typique de F1. Avec ses longues lignes droites et ses zones de freinage plus importantes, la récupération d’énergie devrait jouer un rôle moindre – ce qui pourrait soulager un peu les voitures. Les larges zones de dégagement à Shanghai sont également plus indulgentes.
Sur un tracé plus rapide, la règle des 107 % de la F1 pourrait entrer en jeu, et ce serait une mauvaise nouvelle pour les nouveaux venus de Cadillac et pour cette Aston Martin fragile. La règle impose que le meilleur tour de chaque voiture soit dans les 107 % du meilleur temps réalisé en Q1.
Cela fait plus de dix ans qu’elle n’a pas été appliquée, quand les pilotes HRT Pedro de la Rosa et Narain Karthikeyan avaient échoué à se qualifier pour le Grand Prix d’Australie 2012. Des tours plus rapides créeront de plus grands écarts dans le peloton, ce qui pourrait poser problème pour les équipes de fond de grille. Les équipes ont énormément de travail devant elles, et très peu de temps pour l’accomplir.

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Max Verstappen

Né pour être rapide, Max Verstappen, fils du pilote de Formule 1 Jos Verstappen, est le champion du monde de F1 en titre.

Pays-BasPays-Bas

Isack Hadjar

Désormais pilote de F1, passé par la Red Bull Junior Team depuis une victoire remarquée en Formule Régionale à Monaco, Isack Hadjar a fait ses preuves en F3, F2 et désormais en Formule 1.

Liam Lawson

L'ascension fulgurante du Néo-Zélandais Liam Lawson dans les rangs du sport automobile, avec ses premières victoires dans plusieurs catégories, l'a mené au sommet de son rêve d'enfant : la Formule 1.

Nouvelle ZélandeNouvelle Zélande