Musique
Le rap français vit une ère particulièrement riche depuis cinq ans : certifications en pagaille, stades remplis, artistes ultra-populaires… Si la concurrence est rude, le nombre d’auditeurs en constante augmentation permet aux artistes de se faire connaître. Pour pousser ces profils prometteurs à émerger, Red Bull agit comme un levier en organisant une rencontre humaine et artistique entre quatre d’entre eux : Red Bull Spinner.
Présentation
- Pseudo : Joysad
- Explication du nom : Il s’agit de la combinaison de deux émotions, la joie et la tristesse, ce qui donne en anglais « joy » et « sadness »
- Âge : 21 ans
- Localisation : Périgueux (24)
Les débuts
Initialement attiré par l’écriture plus que par la musique, Joysad se lance à l’âge de 11 ans, motivé par un atelier d’écriture qui se déroule dans son collège. « J’ai commencé à écrire des poèmes avant d’écrire du rap. Mon truc, c’était la rime et c’est ce qui a été dur pour moi en évoluant : il m’a fallu comprendre que le rap, c’était pas uniquement de la rime ». Petit à petit, il s’essaye en effet à poser ses textes sur des instrumentales. « La première fois, c’est quand je kick sur une face B d’Akh. Je me rappelle plus du nom du morceau mais c’était sur l’album « Je suis en vie », et j’avais fini par kicker sur toutes les faces B. Avant ça, j’avais aussi eu droit aux premiers type-beats YouTube de 2010, des trucs affreux ».
Les choses deviennent sérieuses quelques années plus tard, quand il entre pour la première fois en studio. Joysad a alors 15 ans : « c’est la première fois que j’ai pu enregistrer dans de bonnes conditions plutôt que sur un dictaphone entre deux cours. Ça s'est fait à mon initiative, avec deux potes. On voulait faire du son, la session était vraiment pas chère, genre 30 balles de l’heure ». Il est finalement repéré par le biais de son freestyle posté sur Instagram pour le concours « 1minute2rap », une véritable rampe de lancement pour un jeune rappeur de province.
Ses influences
Au cours de ses différentes interviews, Joysad a cité des rappeurs de toutes les générations : NTM, IAM et le Secteur Ä, mais aussi Nekfeu, Orelsan et Maes. Des profils extrêmement variés qui témoignent de l’éclectisme de ses goûts : « c’est difficile de définir précisément mes influences, je suis un pélo de province, y a plein de choses qui me parlent ». Plus que des courants musicaux, ce sont vraiment les sensations scéniques qui ont marqué les jeunes années de Joysad. Il raconte : « mon beau-père m’emmenait beaucoup en festivals, j’aime les artistes de scène. Je kiffe trop les showmans, à part ceux qui ont touché trop de petites filles ». En dehors du rap, il découvre notamment le dubstep, là encore par le biais de concerts. Après avoir été influencé dans sa jeunesse, c’est à son tour de faire découvrir des univers musicaux à son entourage. Visiblement, Joysad est une excellente influence : « mon père, avant que je lui apprenne la life, il écoutait pas de rap. Maintenant, il est QLF ! »
Son morceau-phare
Malgré son jeune âge, Joysad compte déjà trois projets à son actif, et donc une bonne quantité de titres à mettre en avant. On pourrait ainsi citer « 6 euros », un morceau introspectif qui fait le bilan de ses vingt premières années de vie, ou « Chicha pomme », son premier gros succès. Le rappeur préfère que l’on s’attarde sur « Ciel et terre », un titre empli d’émotion qui revient sur son histoire familiale et rend hommage à son frère décédé. « C’est vraiment la direction vers laquelle on compte aller. J’mens jamais, je raconte jamais autre chose que moi dans mes sons. C’est quelque chose qui me ressemble, c’est vers ce genre de chose qu’on essaye de se recentrer à fond en ce moment ».
Le freestyle
Arrivé dans les studios de Red Bull pour ce onzième épisode des Spinner, Joysad rencontre Di-Meh, qu’il n’avait jamais croisé mais avec qui il avait eu l’occasion d’échanger sur les réseaux sociaux et qui partage la même équipe de réalisateurs de clips. La prod de TBC ne pose aucun problème au rappeur, très vite inspiré : « je l’ai écouté, j’ai senti le délire drill directement. J’avais déjà un gros panel de textes en stock mais j’ai quand même gratté. C’est souvent pareil chez les rappeurs, t’as un format de prod, des textes qui lui correspondent. L’inspi est venue vite ». En confiance pour ce freestyle, Joysad ne tergiverse pas et enregistre même en une seule prise. Il pavane : « je suis trop fort, je l’ai one-shot devant le mic ! »
La suite
Joysad est actuellement concentré sur l’exploitation de la réédition de son album « Espace-Temps » sorti le 18 mars. Elle contient huit titres inédits, dont deux ont été clippés : « Anti-stress » et « Néant », des morceaux plutôt personnels emplis d’émotion.