Musique
Le rap français vit une ère particulièrement riche depuis cinq ans : certifications en pagaille, stades remplis, artistes ultra-populaires… Si la concurrence est rude, le nombre d’auditeurs en constante augmentation permet aux artistes de se faire connaître. Pour pousser ces profils prometteurs à émerger, Red Bull agit comme un levier en organisant une rencontre humaine et artistique entre quatre d’entre eux : Red Bull Spinner.
LMK, Eden Seven, Allebou et Makizar ont tous des profils très différents mais partagent en commun l’amour de la musique et un certain talent pour se démarquer. Réuni au Red Bull Studio, le quatuor a enregistré un titre énergique et puissant, sur une production pressante du beatmaker AMBICIOUS.
Présentation
- Pseudo : Makizar
- Explication du nom : Il s’agit d’une référence directe à l’imagerie corse et en particulier au maquis
- Âge : 22 ans
- Localisation : La Corse, bien qu’il soit basé à Aix-en-Provence en ce moment
Les débuts
Comme de nombreux jeunes de sa génération, Makizar a été complètement happé par le succès populaire de la Sexion d’Assaut au début des années 2010, mais aussi par la vague 1995. Impressionné par leurs performances, il finit par imiter ses idoles. « J’étais collégien, raconte-t-il. En écoutant ces rappeurs, j’ai été impressionné par leur manière de jouer avec les mots, de structurer leurs rimes. Avec les mots qu’on apprend à l’école, ils font des choses incroyables. Je me suis dit : c’est ça que je veux faire ! ». La Corse n’étant pas un territoire historiquement très fécond en rappeurs, Makizar doit composer avec l’absence de structures ou de modèles locaux : « Je connais quelques rappeurs ici mais ils ne cherchent pas à se professionnaliser. Beaucoup n’ont pas la volonté, que ce soit par peur du ridicule ou autre. Je pense que c’est un peu plus compliqué pour nous : dans la musique, tout est basé à Paris ». Désormais installé du côté d’Aix-en-Provence pour pouvoir développer sa carrière, il garde un lien très fort avec son île de naissance et effectue très régulièrement des allers-retours sur place.
Ses influences
Trois types d’influences permettent de définir le style Makizar. La première, comme évoqué, est celle de l’école Sexion d’Assaut et 1995. La deuxième influence, plus récente, vient des États-Unis. « Tyler the Creator est un de ceux qui m’inspirent le plus, avec des mecs comme Travis Scott, Post Malone… J’ai toujours voulu créer un univers un peu punk-rock, ce qu’il y a énormément aux États-Unis et très peu en France”. À mi-chemin entre deux écoles, Makizar cherche donc le bon équilibre, en prenant le meilleur dans chacune d’entre elles : « J’aime faire des choses recherchées, avec pas mal de mélodies, mais je pense que le rap français est largement au-dessus, en termes d’écriture. Et puis, je me suis toujours dit que si tu pouvais prouver dès le départ que tu étais un kickeur, c’était plus facile d'enchaîner ensuite sur de la pop ». La dernière influence de Makizar n’est pas musicale, mais environnementale : fier de ses origines corses, du décor local et de l’historique de l’île de Beauté, il essaye de faire transparaître ses attaches territoriales dans sa musique : « il y a de l’inspiration à prendre partout. Je m’inspire beaucoup d’où je viens, la Corse c’est la base de ma musique. C’est hyperimportant ».
Son morceau-phare
Assez peu exposé jusqu’à aujourd’hui, Makizar n’a pas de morceau-référence à mettre en avant. On ne retient donc pas un titre en particulier mais plutôt une série de freestyles intitulée « No Time ». Reprenant les codes visuels de la chaîne Colors, ces couplets uniques, plutôt courts, reflètent les influences premières de Makizar : du rap pur et dur fait d’assonances et de rimes multisyllabiques. On imagine très bien le Lefa des débuts ou un jeune Nekfeu poser sur ce type de prod, avec le même type de flow et la même énergie. « J’ai été bercé par ces gars-là, j’ai commencé à fond par le kickage pur. Tu recopies forcément ce que font tes idoles ».
Le freestyle
Avant de se rendre au Red Bull Studio, Makizar avait déjà entendu parler d’Eden Seven, un rappeur qui correspond à son idée de création d’un univers punk-rock. « C'est le genre de personnalité que je kiffe, avec sa dégaîne un peu décalée », décrit le rappeur corse. S’il ne connaissait pas Allebou et LMK, il n’a pas tardé à réaliser qu’il était face à de gros performeurs : « j’ai été très surpris par chacun d’eux, ils ont tous une patte très différente. Bravo à Red Bull pour le casting qui est à la fois très différent et très complémentaire ». Malgré la qualité de ses partenaires du jour, Makizar s’est présenté au studio sans le moindre stress, bien aidé par ses années d’expérience en tant que pur kickeur : « la prod est énervée, mais kicker sur des classiques, ça sert toujours : pour les respirations, les placements… ».
La suite
Après avoir passé un an et demi à chercher la bonne formule, à la croisée de ses différentes influences, Makizar est actuellement en plein développement. Quelques morceaux et un projet devraient ainsi voir le jour d’ici la fin de l’été. Toujours à la recherche de nouveaux éléments pour enrichir son univers, il a mis au point un concept audacieux, qui pourrait faire parler de lui au cours des prochaines semaines : « une série de freestyle intitulée « Kick ta prod » où je reprends des classiques rap ou pop, dans des situations un peu extrêmes : je m’accroche à des bagnoles en skate, le prochain je fais du saut en parachute en rappant mes textes… ».