L'écurie F1 Aston Martin Red Bull Racing en road trip en Formule 1 aux États-Unis à Monument Valley.
© Garth Milan/Red Bull Content Pool
F1

Mais comment voyagent les écuries de F1 ?

Chaque année, les écuries de F1 déplacent (littéralement) des tonnes d’humains et de matériel de circuit en circuit. On a voulu savoir comment, et on a appris ces 5 petits trucs.
Écrit par Red Bull France
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Des mois de voyages, 5 continents et une vingtaine de Grands Prix parfois organisés à une semaine d’écart : la F1 est un grand cirque, dont la tournée 2021 s'achèvera le 5 décembre à Abou Dhabi. L’organisation de chaque saison étant un cauchemar logistique (surtout en pleine pandémie de Covid-19) pour des écuries majoritairement européennes obligées de faire traverser des océans à des milliers de tonnes de matos, on a décidé de vous raconter un peu ce qui passait dans les coulisses du chapiteau.
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La F1 est aussi une course maritime

Casseroles, tables, chaises, outils : jusqu’au milieu des années 2000, les écuries louaient sur place ces équipements à la fois cruciaux et secondaires pour tous les Grand Prix extra-européens. Puis, aux alentours de 2004, le monde de la F1 a découvert le transport maritime. Plus lent mais moins cher que le fret aérien, il permet aussi aux écuries d’embarquer plus de poids.
Aujourd’hui, chaque équipe fait donc partir des cargos plusieurs semaines avant chaque course et charge leurs soutes avec des lots d’accessoires dupliqués : « Nous avons cinq ensembles de fret maritime qui parcourent le monde » expliquait ainsi Gerrard O’Reilly, responsable logistique chez Red Bull Racing Honda, il y a quelque temps. « Chaque fret maritime contient 3 conteneurs avec 5 ensembles identiques. » Pratique, lorsqu’on doit envoyer 4 fois le même matériel à 4 endroits différents, comme ce fut le cas en 2019 avec l’enchaînement Australie-Bahrein-Chine-Azerbaidjan.
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Les F1 n’arrivent pas toujours en un seul morceau

Un membre de l'écurie de F1 Aston Martin Red Bull Racing déballe une roue de Formule 1 après un voyage.

Une roue parmi d'autres

© GEPA pictures/Red Bull Content Pool

Mais c’est totalement prévu. Si les écuries ne démontent pas les voitures pour les petits trajets européens effectués en camion, les Grand Prix « overseas » exigent un transport aérien, et donc des pièces détachées.
La FOM (Formula One Management) fait donc affréter chaque année une flotte de six Boeing 747 qui transportent les châssis, les moteurs, les rétroviseurs ou encore les ailes des bolides, ainsi que divers équipements (informatiques ou non). Ces avions parcourent un peu plus de 130 000km au cours d’une saison et embarquent une trentaine de tonnes d’équipement par équipe (ou par motoriste) et par Grand Prix. Pensez-y la prochaine fois que vous vous plaindrez de devoir mettre une valise en soute. Même si vous, c'est vrai, vous n'êtes pas aidé par DHL, le partenaire logistique officiel de la F1.
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Tout ça implique des sacrifices humains

Le pilote Red Bull Racing Max Verstappen fait un arrêt au stand au Grand Prix de F1 de Grande-Bretagne.

Max Verstappen entre aux stands

© Getty Images/Red Bull Content Pool

Vous galèrez à organiser l’EVG d’un pote avec 5 personnes en région PACA ? Sachez donc que chaque écurie de F1 doit gérer le transport de 50 à 80 personnes par course. Une belle team de salariés qui compte notamment des mécaniciens et des ingénieurs contraints d’arriver tôt et de partir tard, et donc de passer un certain temps loin de leurs bases. « Pour un pilote, ce n’est pas difficile. » expliquait un jour Pedro de la Rosa. « Tu passes juste pas mal de temps à l’extérieur et si tu as une famille, c’est compliqué. Mais les vrais héros, ce sont les membres de l’équipe. Deux courses back-to-back, pour nous, c’est deux semaines. Pour eux, c’est un mois. Parfois deux mois pour certains, qui ne peuvent pas rentrer entre deux back-to-backs. »
Pour limiter les conséquences mentales et physiques de ce nomadisme pro, certaines écuries ont donc mis en place des programmes de sommeil (gestion du décalage horaire oblige), d’alimentation et de fitness pour leurs employés. Qui reçoivent parfois même des consignes sur leur temps d’exposition à la lumière. Bref, la F1 est un sport de précision, et pas uniquement sur la piste.
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Chaque déplacement est plus dur que le plus dur de vos déménagements

Si un club de foot pro doit se contenter de débarquer avec ses joueurs et ses maillots dans un vestiaire existant, les écuries de F1 ont tout à faire, ou presque. Du garage aux barrières qui le délimitent, chaque équipe construit son propre petit stand éphémère sur chaque circuit. Un processus qui implique de réceptionner et déballer les équipements avant chaque Grand Prix, mais surtout de les remballer rapidement pour la course suivante. Ce boulot, qui peut durer 8 heures, commence d’ailleurs le dimanche, avant même la fin du Grand Prix.
Et bien évidemment, pas question de ranger tout ça à l’arrache ou de mettre tous les trucs non identifiés dans un gros carton « divers », comme vous le faites si bien à chaque fois que vous bougez. En F1, l’emballage et le chargement dans les soutes sont rationalisés et planifiés au tournevis près.
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La F1 fait voyager des bâtiments

On l’a dit : la concentration des Grands Prix européens en milieu de saison (ou les doubles courses organisées dans le même pays comme on a pu en voir cette saison) permet aux écuries de faire circuler leur matériel par la route. Niveau logistique, on parle donc d’une parenthèse (presque) enchantée, et certaines teams n’hésitent pas à la célébrer comme il se doit en mettant les petits plats dans les grands.
C’est le cas de Red Bull Racing Honda, qui n’hésite pas à transporter un bâtiment entier d’un bout à l’autre du vieux continent. Bâtie en bois durable, la Red Bull Energy Station est, techniquement, un « motorhome » Mais dans les faits, l’édifice de plusieurs étages et 1221 m² (qui peut être monté en moins de 2 jours) est un petit hôtel mobile, qui permet à tous ceux qui y passent de se reposer, de travailler ou encore de faire la fête. Un dernier point qui est particulièrement vrai à Monaco.
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La Covid a prouvé que les écuries pouvaient déplacer des montagnes

Et comme si tout cela n'était qu'un simple jeu d'enfant, il a fallu qu'une pandémie mondiale s'en mêle, qui a profondément chamboulé les calendriers des saisons 2020/2021 et, plus précisément, a contraint la FOM à programmer les courses sur plusieurs week-ends consécutifs. "Nous devons faire de notre mieux en ces temps sans précédent et essayer de participer à autant de courses que possible", a déclaré à ce sujet Otmar Szafnauer, directeur d'équipe d'Aston Martin F1. "Oui il y a la question du personnel, c’est tout à fait vrai, et nous devons nous assurer que nous veillons à leur bien-être, mais cette année, nous devrions essayer de faire avec ce calendrier et de mieux planifier les années à venir." Si l'on ne lasse pas de retrouver les pilotes chaque week-end, on espère tout de même pour les écuries que tout reviendra à la normale en 2022.