Skateboard
Comment devenir skateur pro ?
Envie d'être payé(e) pour skater et plus de raquer pour rouler ? Voilà quelques grandes étapes à suivre pour sauter dans le grand bain.
À l'origine, les premières marques de skate s'appuyaient sur de jeunes prodiges en les faisant entrer dans des pro contests pour vendre des planches.
Puis, le sport a évolué, le marketing est devenu roi, et les marques ont progressivement commencé à construire leur image à travers celles des riders. Mécaniquement, les bonnes perfs en compétition sont devenues quasiment secondaires à partir des années 80.
Découvrez ce qu'implique le passage au professionnalisme dans l'épisode de Pushing Forward ci-dessous :
12 minutes
Going pro in skateboarding
What does it mean to be a pro skater in 2023? We explore what that title means in an era of social media.
Se faire (re)connaître
Soudainement, des apparitions régulières dans la presse (les magazines Skateboarder, Big Brother et Thrasher) ou en vidéo sont devenues capitales. Les skateurs n'étaient plus seulement jugés sur leur capacité à ramener des médailles à la maison, mais sur la qualité des contenus dans lesquels ils brillaient. L'idée : faire grimper leur valeur auprès des sponsors, conscient qu'une VHS ou un magazine attiraient plus de regards qu'un contest payant.
Et tout commence, comme souvent, par une rencontre. Comme lorsque Tony Hawk a repéré Andrew Reynolds ou Jamie Thomas découvert Elissa Steamer. Et ce même si, bien entendu, les compétitions ont toujours été un vrai vecteur de détection. On pense par exemple à Felipe Gustavo, spotté lors de Tampa Am en 2007.
Shooter des parts est essentiel dans la construction d'une carrière
© Lukas Wagneter/Red Bull Content Pool
Évoluer en tant que pro
Une fois qu'un skateur a été repéré, un sponsor commence à lui envoyer ses planches et autres fringues. Ledit rider produit alors toujours plus de contenus en portant ces cadeaux, et l'entreprise vend son image de nouveau partenaire amateur. Progressivement, les colis de nouveaux produits s'accompagnent de sommes d'argent et, en fonction de la qualité des contenus et se sa capacité à s'associer à la marque, le skateur est parfois invité à participer à une tournée.
Rapidement, le partenariat devient évident, et le sponsor fait de lui un pro en ajoutant son nom à un modèle de planche et en le qualifiant pour des contests pro.
Et si la façon de devenir pro a évolué avec le temps, l'importance de la reconnaissance par ses pairs et le monde du skateboard en général n'a jamais faibli. La passion et le talent des skateurs sont et resteront les principaux moteurs des évolutions de l'industrie.
Combien sont payés les pros ?
Les pros ont toujours été rémunérés à la fois par leurs sponsors et les recettes tirées des contests. Mais si ce fonctionnement est resté relativement inchangé, le paysage, lui, n'est plus le même qu'hier. De nouvelles formes de divertissement telles que les émissions de télé, les podcasts, la téléréalité, les jeux vidéo et les films ont fait considérablement grandir l'influence des skateurs.
Cela dit, notez bien que la grande majorité des skateurs ne bénéficie pas de telles opportunités. On estime ainsi que le pro moyen gagne entre 1000 et 2800 euros, la moyenne se situant aux alentours de 28 000 euros par an. Les meilleurs skateurs peuvent gagner plus de 9000 euros par mois, mais ils représentent moins de 10% des pros. Ainsi, nombreux sont ceux qui espèrent que l'arrivée du skate aux Jeux Olympiques permettra une augmentation de ces revenus. Mais difficile de dire de quoi seront faits les lendemains d'une discipline dont le coeur n'a jamais battu (uniquement) pour l'argent.
Ce qu'on sait, par contre, c'est que les riders pros comptent parmi les athlètes les plus singuliers de la planète, et que chacun d'entre est une nouvelle couleur qui s'agite à la belle et grande mosaïque de l'industrie du skate.