L'Américain Aaron Gwin en VTT descente à la Coupe du Monde de l'UCI 2017 à Val di Sole en Italie.
© Bartek Woliński
Bike

Comment le VTT descente a changé ces dix dernières années

Au cours des 10 dernières années, le VTT descente de compétition a connu de gros changements. Voici ce qui a transformé la discipline et ce qui n'a pas bougé.
Écrit par Ric McLaughlin
Temps de lecture estimé : 6 minutesPublished on
Le VTT descente a considérablement évolué en 10 ans, attirant toujours plus de fans et s’offrant une meilleure visibilité sur la planète sport grâce notamment à la diffusion plus large de la Coupe du Monde UCI, récemment sponsorisée par Mercedes-Benz. Sur la piste, les riders sont toujours plus rapides, aidés par une grosse évolution technologique et un professionnalisme grandissant.
Nous avons référencé ci-dessous les plus gros changements survenus dans la Coupe du monde de descente au cours de la décennie passée.

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1. La taille des roues

Ok, le sujet n’est peut-être pas le plus excitant qui soit, mais si vous aviez dit à quelqu'un à la fin de la saison 2009 que les roues de 29 pouces domineraient 10 ans plus tard en descente, il vous aurait probablement ri au nez.
Tout commence en 2017 sur la piste détrempée de Lourdes lorsque le team Syndicat de Santa Cruz prend un temps d’avance sur la concurrence en osant poser des roues de 29 pouces sur ses vélos. Si les conditions sur l’étape française ne permettent pas à l’équipe de prouver que son choix est gagnant, la victoire de Greg Minnaar à Fort William l'année suivante met tout le monde d'accord.
De son côté, l’UCI a assoupli les règles concernant les roues, permettant à un rider de choisir deux tailles différentes sur son vélo. Loïc Bruni est ainsi devenu le premier pilote à remporter le général de la Coupe du Monde avec un DH équipé d’une roue de 29 à l’avant et d’une 27,5 à l’arrière.

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Greg Minnaar - run à Fort William en 2017

Revivez en vidéo le run de la victoire du rider de VTT Greg Minnaar lors de la coupe du monde de VTT de descente du championnat du monde UCI 2017 à Fort William en Écosse.

2. Les matériaux

Offrant un excellent rapport résistance/poids et un prix abordable, l’aluminium dominait le monde de la descente en 2009.
Le Demo de Finn Iles en 2019, un des rares vélos encore alu sur le paddock

Le Demo de Finn Iles en 2019, un des rares vélos encore alu sur le paddock

© Bartek Woliński

Pourtant, il suffisait de se balader dans le paddock de Snowshoe lors de l’ultime Coupe du Monde 2019 pour se rendre compte que l’aluminium a presque totalement disparu aujourd’hui en compétition. Evidemment, les vélos mixtes qui utilisent un triangle avant en fibre de carbone et un triangle arrière en alu sont toujours bien là, mais la plupart des constructeurs ont opté pour des vélos de descente totalement en carbone.
Le Mondraker 100% carbone de Laurie Greenland

Le Mondraker 100% carbone de Laurie Greenland

© Bartek Woliński

La raison principal n’est pas dans la puissance de ce matériau, mais dans sa rigidité. La résistance du carbone n’est pas foncièrement plus grande que celle de l’alu. Sa vraie force réside dans la liberté que le carbone donne aux designers, qui peuvent simplement ajouter ou enlever des couches de carbone pour augmenter ou réduire la rigidité du vélo.

3. La Révolution française

Retour en 2009 : Sam Hill vient de remporter le général sur Specialized après avoir dominé les dernières épreuves de l’année alors que Steve Peat a enfilé le maillot arc-en-ciel de champion du monde à Canberra. L'Australie et le Royaume-Uni dominent l’élite masculine, tandis que la France et le UK règnent chez les femmes.
Fin 2019, la discipline est la chasse gardée des Français. Le duel Loïc Bruni vs Amaury Pierron a fasciné tout le monde sur l’ultime étape de Snowshoe alors que Marine Cabirou a raté de peu le titre au général après avoir remporté trois épreuves en 2019.
Et le reste du monde ? Laurie Greenland et Danny Hart ont été les seuls coureurs non français à remporter des courses chez les hommes en 2019. Le Royaume-Uni a longtemps compté plus de 50% des pilotes dans le top 20 mais la partie semble plus difficile aujourd’hui. Tahnée Seagrave et Rachel Atherton ont toute les deux été blessées et n’ont pas pu défendre leur chance en 2019. Mais leur retour est attendu avec impatience outre-manche la saison prochaine.
Laurie Greenland à Val di Sole

Laurie Greenland à Val di Sole

© Bartek Wolinski/Red Bull Content Pool

4. Les réseaux sociaux

Bien sûr, les médias sociaux existaient en 2009, mais peu de gens auraient pu prédire le rôle qu'ils jouent désormais dans le marketing et les compétitions de descente.
Créé en 2010, Instagram a vraiment changé le paysage numérique des riders. Il s’agit bien sûr d’un outil fantastique si vous voulez savoir ce qu’a mangé Loïc Bruni au petit-déjeuner ou comment Reece Wilson améliore sa technique en Kendama, mais c’est aussi grâce à ça que vous pouvez découvrir les dernières chaussures de descente de votre marque préférée.
Loïc Bruni dans le paddock

Loïc Bruni dans le paddock

© Bartek Woliński/Red Bull Content Pool

Les fans en savent désormais beaucoup plus sur les riders et sur leur vie privée. Pour les sponsors, on parle d'un outil fabuleux et instantané pour promouvoir un produit ou communiquer un message.

5. Les qualifications

Autrefois, les qualifications étaient basées sur un système simple où le plus rapide du samedi partait en dernier lors de la course du dimanche. Mais le processus a changé quand Aaron Gwin a remporté la manche de Lourdes en 2015 après s’être crashé en qualifications tout en bénéficiant d’une position protégée pour le départ de la course le lendemain.
Les instances ont alors essayé différents moyens de protéger les meilleurs riders dans ce genre de circonstances afin que le public puisse être assuré de les voir en finale. Des points sont attribués en qualifications afin d’éviter de voir les meilleurs pilotes jouer avec la météo pour bénéficier de la meilleure position en course.
Aaron Gwin à Lourdes

Aaron Gwin à Lourdes

© Lukas Pilz

Et trois choses qui sont restées les mêmes ...

1. Fort William

Ok, la piste a pu changer depuis 2009, mais l’esprit de cette descente mythique du calendrier est resté le même alors que Fort William approche des 20 années consécutives au calendrier de la Coupe du Monde. Le haut du parcours reste ultra technique quelles que soient les conditions. Le milieu du tracé est un enfer saturé de racines apparentes alors que le dernier tiers de la course s’avale à pleine vitesse. De grands changements sont en cours pour les années à venir, mais les riders feront toujours face à l’un des plus grands défis de la saison quand ils s’élanceront sur cette piste.
Les spectateurs se massent pendant la Coupe du monde de VTT descente de l'UCI à Fort William en Écosse.

La foule se masse à Fort William

© Bartek Woliński/Red Bull Content Pool

2. Greg Minnnaar

Si Aaron Gwin a le record des 21 victoires de Greg Minnaar dans le viseur, l’Américain aura probablement du mal à se rapprocher des 77 podiums et 10 médailles mondiales du Sud-Africain (dont trois en or). En 2009, Greg Minnaar était déjà une menace constante sur tous les types de pistes. 10 ans plus tard, le rider Santa Cruz l’est toujours.
Rob Warner et Greg Minnaar à Maribor

Rob Warner et Greg Minnaar à Maribor

© Boris Beyer/Red Bull Content Pool

3. The show

La descente a beaucoup changé en 10 ans. Les pistes ont évolué, le public est plus nombreux et les riders vont chaque année un peu plus vite. Mais certains aspects sont restés les mêmes, comme celui du spectacle offert par ce sport. Les pilotes changent d’équipe, se plaignent (d’à peu près tout) et discutent en coulisses avec les directeurs d’équipes, mais la Coupe du Monde UCI restent le summum des courses VTT. La descente est "The Big Show" et devrait rester encore longtemps comme le défi ultime du pilote face au chrono et aux concurrents.
Tahnée Seagrave dans l'air d'arrivée de Fort William

Tahnée Seagrave dans l'air d'arrivée de Fort William

© Nathan Hughes/Red Bull Content Pool

Fait partie de cet article

Loïc Bruni

Loïc Bruni s’est rapidement imposé comme l’un des patrons du VTT descente international. Avec cinq titres de champion du monde, il est le second athlète le plus titré de la discipline.

Aaron Gwin

États-UnisÉtats-Unis

Rachel Atherton

Royaume-UniRoyaume-Uni