Neymar Jr qui montre son maillot de l'équipe nationale du Brésil.
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Football

Les 7 meilleures éditions de la Coupe du monde

À l’aube de la 23e édition de la Coupe du monde de football, revenons sur les meilleurs tournois de son histoire
Écrit par Enzo Brûlé
Temps de lecture estimé : 14 minutesPublished on
La Coupe du monde, c’est l'événement universel par excellence. Un mois à regarder du foot entre deux barbecues et un verre en terrasse. C’est aussi le moment où subitement, on ne veut pas rater un match entre la Côte d’Ivoire et Curaçao, parce que l’affiche donne clairement très envie.
On a tous des souvenirs précis de certaines éditions. Les plus jeunes pensent au triplé de Kylian Mbappé en finale, les trentenaires à l’incroyable reprise de James Rodríguez face à l’Uruguay, et les plus vieux à la finale de 1998 — ou à Séville 1982, pour ceux qui ont la (mal)chance de l'avoir vécue en direct.

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Comment choisit-on les meilleures Coupes du monde ?
Classer les meilleures éditions de la https://www.redbull.com/fr-fr/football-histoire, c'est forcément subjectif — mais pas arbitraire. Les tournois qui marquent l'histoire partagent généralement les mêmes ingrédients : une qualité de jeu exceptionnelle, des matchs inoubliables, la présence de légendes au sommet de leur art, et un contexte historique ou symbolique fort. Ce sont ces quatre critères qui ont guidé notre sélection des sept éditions les plus marquantes du tournoi le plus regardé de la planète.
01

Brésil 2014 : le drame national

La Coupe du monde la plus dramatique — au sens théâtral — de l’ère moderne. Pour le Brésil emmené par un Neymar Jr au sommet de son art, la sixième étoile à domicile était une obligation. Malheureusement, en mondovision, la Seleçao s'est écroulée, et les supporters auriverde n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer.
En quarts de finale, le Brésil fait tomber la Colombie 2-1, mais c’est le monde entier qui retient son souffle pour une toute autre raison. Le numéro 10 national est sorti sur civière après un duel avec Juan Camilo Zúñiga. Un coup de genou dans le dos qui a fracturé une vertèbre lombaire. Fin de mondial pour l'enfant du pays.
Quotation
« Le docteur m’a dit : “J’ai deux nouvelles à vous annoncer, une bonne et une mauvaise. Je commence par laquelle ?” La mauvaise. Et il a dit : “La Coupe du monde est terminée”. J’ai répondu, et la bonne ? “La bonne, c’est qu’à deux centimètres près, vous ne pouviez plus marcher.” »
Neymar Jr.
Mais le Brésil continue sa quête vers la gloire. L’Allemagne se présente pour une place en finale dans ce qui promet d’être le meilleur match de la compétition. Les auriverde arrivent sur le terrain orphelins de leur star et de Thiago Silva, le capitaine est suspendu.
Ce qui devait être un spectacle s’est transformé en massacre qui aurait presque pu être interdit aux enfants. 7 buts encaissés à domicile avec en prime Miroslav Klose qui devient meilleur buteur de l'histoire de la compétition, détrônant l'ancienne idole brésilienne Ronaldo.
2014, c’est l’édition des coups de folie, d’une domination espagnole qui prend fin jusqu’au génie de Louis Van Gaal. Le sélectionneur Néerlandais fait entrer Tim Krul, son gardien remplaçant, à la 119ème minute, uniquement pour la séance de pénaltys. Arrivé avec l'aura d'un croque-mort pour murmurer à l'oreille des Costaricains, Krul sort deux penaltys et signe l’un des plus grands coups de poker de l'histoire du football moderne.
02

Allemagne 2006 : la tête ailleurs

Pour certains, leur premier chagrin d’amour a eu lieu au collège, pour d’autres, c’était devant la télévision, un sombre soir de juillet 2006. Ce mondial, c’est celui du physique. Lors du huitième entre le Portugal et les Pays-Bas, tout le monde s'attendait à un festival offensif... loupé : les cartons rouges ont plu au point de voir Deco et Boulahrouz être expulsés, et discuter tranquillement sur les marches du tunnel pendant que leurs potes continuaient la Bataille de Nuremberg.
Mais peu importe la nationalité, ce que l’on retient de cette édition, c’est sa finale digne d’une tragédie grecque. Après avoir échappé à la retraite espagnole, être devenu brésilien le temps d’un quart et d’être passé face à un Portugal d’une génération dorée, Zidane joue son dernier match en carrière. Et comme un artiste ne part jamais simplement, il profite d’un pénalty pour inscrire une panenka face à Buffon. Puis Materazzi permet aux siens de revenir après un corner. Le temps réglementaire ne permet pas à l'un des deux pays de se détacher.
À la 18e minute des prolongations, alors qu’un contre français allait se lancer, l’arbitre signale un joueur à terre de l’autre côté du terrain. Materazzi est au sol, l’incompréhension est totale, sauf pour deux joueurs. Buffon a tout vu de ses cages et vient expliquer le coup de sang de Zidane aux autres. La réalisation montre le ralenti, et le monde découvre ce qui va devenir l’acte de violence le plus iconique du sport.
Carton rouge évident, la carrière de l’un des plus grands de son époque prend fin en passant à côté du trophée le plus prestigieux du football, sans un regard.
Allemagne 2006 reste l'une des plus belles vitrines organisationnelles du tournoi, avec une atmosphère de fête unique et une génération dorée de joueurs sur tous les continents.
03

France 1998 : le jour de gloire est arrivé

On ne va pas se mentir, l’édition 98 n’est pas la plus belle ou marquante de cette sélection. Mais en tant que français, elle a une saveur très particulière. C’est chez nous, c’est deux coups de tête de Zidane dans les filets de Cláudio Taffarel, c’est I Will Survive... et on pourrait continuer à citer des moments marquants pendant des heures.
L'équipe de France démarre la peur au ventre, s'accrochant à des rituels devenus sacrés, comme ce baiser déposé par Laurent Blanc sur le crâne de Fabien Barthez avant chaque bataille. Le tournoi entier semble suspendu dans le temps, à l'image de ce contrôle en apesanteur de Dennis Bergkamp contre l'Argentine, qui tel un danseur étoile vient glisser un petit pont et envoyer un extérieur pour nettoyer la lucarne en trois touches.
C'est l'été des miracles absurdes, où Lilian Thuram sauvera la patrie de ses deux seuls buts en sélection. Jusqu'à la finale face à un Brésil hanté par la maladie de Ronaldo à l'hôtel, où Zinédine Zidane, d'un double coup de casque, fait exploser le pays dans une joie encore sans égale aujourd’hui.
04

Mexique 1970 : Joue-la comme le Brésil

Pour toute une génération, c'est le moment où le foot passe une grande étape grâce à l'explosion de la télévision en couleurs. Sous le cagnard mexicain, le jaune du maillot brésilien crève l'écran. Traumatisé par les tacles de bouchers de 66, Pelé revient pour un ultime chef-d'œuvre et le Brésil décide d’être la définition du romantisme. On y découvre une poésie absolue, de l'arrêt extraterrestre de Gordon Banks sur une tête du 10 brésilien, à ce fameux "non-but" du Roi qui laisse glisser le ballon sans le toucher pour mystifier le gardien uruguayen.
Mais cette édition, c'est aussi celle d’une image devenue légende. Lors du "Match du Siècle" face à l'Italie, Franz Beckenbauer se luxe l'épaule. Sans remplacement possible, le Kaiser se fait poser une écharpe de fortune et retourne au mastic pour finir le match, le bras ligoté. Le tournoi s'achèvera sur le but collectif parfait de Carlos Alberto, scellant l'invention du Joga Bonito en mondovision.
05

Mexique 1986 : l'intervention de Dieu

Seize ans après le chef-d'œuvre de Pelé, le Mexique accueille à nouveau le monde sous une chaleur écrasante dans les mythiques stades de l'Azteca, Jalisco et Guadalajara. Mais cette édition ne se résume finalement qu'à un seul homme, touché par une grâce absolue : Diego Armando Maradona.
El Pibe de Oro survole la compétition dans un état de lévitation totale, traînant une équipe d'Argentine rugueuse et besogneuse sur ses seules épaules. Le point d'orgue de ce tournoi se joue en quart de finale face à l'Angleterre, dans un contexte géopolitique encore brûlant. En l'espace de quatre minutes, Diego résume toute la dualité de son génie : l’opportunisme avec la « Main de Dieu » qui trompe le gardien Peter Shilton, suivie d’une chevauchée de soixante mètres où il fait parler la grâce et son talent pour éliminer la moitié des Anglais.
Ce que l'histoire retient moins de ce match mythique, c'est que les Argentins l'ont joué avec des maillots de fortune. Leurs tuniques extérieures officielles étant trop lourdes pour survivre au soleil de midi à Mexico, le staff est allé acheter des maillots bleus Le Coq Sportif bon marché dans une boutique de la ville à la dernière minute. La veille du quart de finale, les employées du Club América cousent elles-mêmes les écussons brodés à la main et repassent des numéros argentés en plastique dans les couloirs de l'hôtel. Et pendant que Diego marchait sur l'eau, le tournoi nous offrait d'autres sommets de romantisme, comme cet autre quart de finale inoubliable sous le soleil de Guadalajara entre la France de Platini et le Brésil de Sócrates, conclu par une séance de tirs au but irrespirable. Une édition profondément solaire et humaine, qui aura même vu le monde entier se lever pour faire la toute première "Ola" de l'histoire dans les gradins.
06

Russie 2018 : l'armée bleue

Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de connaître 1998, ils ont vécu ce que leurs aînés ont fêtés vingt ans plus tôt. Sous le ciel changeant du plus grand pays du monde, l’Europe a excellé dans un mondial des exploits. De l’élimination aux cartons jaunes du Sénégal à la surprise croate en passant par l’élimination de l’Espagne par l’équipe hôte, quitter son canapé n'était pas une bonne idée.
Pendant que Maradona entre en transe dans les tribunes russes, hurlant et levant les yeux au ciel comme dévoré par sa propre passion, la France foudroie ses adversaires en contre. Cette fois, c’est la moustache d’Adil Rami qui remplace le crâne de Barthez en porte-bonheur.
C'est l'été des fulgurances, de la vitesse supersonique de Mbappé et de la frappe insensée de Pavard. En face, la Croatie écrit un conte que même les frères Grimm ne pouvaient imaginer. Menés par Luka Modrić, les Croates font une campagne digne de 98, comme un symbole. Seul hic, ils tomberont face à plus frais et forts qu’eux pour leur première finale d’un Mondial.
Mandzukič (csc), Griezmann, Pogba puis Mbappé vont parachever le succès français sous la pluie de Moscou. Didier Deschamps remporte sa deuxième Coupe du monde et entre dans le panthéon du football.
07

Qatar 2022 : la consécration de Messi

Étonnamment, la Coupe du monde au Qatar est sûrement la plus exotique de toutes. Disputée en novembre-décembre pour éviter des températures trop fortes l’été, elle est la première depuis 1930 à être aussi compacte. 24 des 32 pays se sont retrouvés dans un rayon de moins de 10 kilomètres.
Au milieu d’une saison en clubs, les corps étaient prêts pour un tournoi intense, où des joueurs comme Sofyan Amrabat se révèlent être les soldats parfaits pour aller loin. Les cinq continents se retrouvent en huitièmes de finale, où le Maroc est l’équipe surprise du mondial. Tombeurs de l’Espagne et du Portugal, ils échoueront aux portes de la finale face aux Bleus et termineront 4e, le meilleur classement d’un pays africain à la Coupe du monde.
Une fois n’est pas coutume, c’est la finale que le monde retiendra comme la meilleure rencontre de la compétition. La France est candidate à sa propre succession quand l’Argentine retente sa chance après 2014. Emmenés par un Lionel Messi en mission, l’Albiceleste écrase ses adversaires qui ne sont que le reflet d’eux-mêmes. Pourtant, Kylian Mbappé réveille les siens à la 79ème minute, avant d'envoyer un coup de canon dans les filets adverses pour égaliser et envoyer le match en prolongations. Les corps sont lourds, mais Messi en profite pour rattraper un ballon mal repoussé de Lloris et remettre l’Argentine devant. Un avantage de huit petites minutes avant qu’Mbappé égalise de nouveau et signe un triplé.
À la 123ème minute, Randal Kolo Muani allume une volée foudroyante, mais le pied d'Emiliano Martinez jaillit dans un grand écart impossible qui donnera des regrets éternels aux Français. Une fraction de seconde qui sépare la gloire de la défaite, résumant à elle seule toute la cruauté merveilleuse de la Coupe du Monde.

Et aussi : les éditions qui auraient pu figurer

Impossible de dresser un tel classement sans citer les grandes absentes.
Espagne 1982 est souvent classée n°1 par les spécialistes : un plateau de stars sans précédent (Platini, Maradona, Zico, Sócrates, Rummenigge au même tournoi), une Italie championne portée par Paolo Rossi, et une demi-finale France-RFA à Séville — la "Nuit de Séville" — considérée par beaucoup comme le plus grand match de l'histoire de la Coupe du monde.
Afrique du Sud 2010 restera comme un tournoi historique : première Coupe du monde organisée sur le continent africain, identité sonore unique incarnée par les vuvuzelas, et une Espagne de Xavi, Iniesta, Casillas et Villa sacrée championne du monde pour la première et seule fois de son histoire — sur le but d'Andrés Iniesta en finale contre les Pays-Bas (1-0 a.p.).
Italie 1990 enfin, pour les amoureux de l'atmosphère : peu de buts, mais des stades mythiques, les larmes de Gascoigne, Nessun Dorma en bande-son, et une finale Allemagne-Argentine sous haute tension.
Pour la première fois cet été, la Coupe du monde aura lieu dans trois pays différents : Canada, États-Unis et Mexique. Ce sera la dernière de toute une génération de joueurs, dont Neymar Jr, qui tentera de remettre le Brésil sur le toit du football mondial. Envie d'en savoir plus avant le coup d'envoi ? Consultez notre guide complet de la Coupe du monde 2026.

FAQ

Qui a gagné la dernière Coupe du monde de football ?

C'est l'Argentine qui a été sacrée en 2022, en remportant la finale aux tirs au buts face à la France. Avec cette étoile, c'est la dixième Coupe du monde remportée par un pays d'Amérique du sud (5 pour le Brésil, 3 pour l'Argentine et 2 pour l'Uruguay).

Qui sont les pays organisateurs de la Coupe du monde 2026 ?

Pour la première fois, le plus grand événement de sport au monde va être organisé par trois pays : Canada, États-Unis et Mexique.

Quelle est la plus large victoire lors d'un match de Coupe du monde de football ?

En 1982, la Hongrie a infligé 9 buts d'écart au Salvador. Ces derniers auront réussi à faire trembler une fois les filets adverses, portant le score à 10-1.

Quel pays a le plus de mondiaux à son palmarès ?

Le Brésil est le seul pays avec 5 Coupes du monde. Les auriverde sont suivis de près par l'Italie et l'Allemagne, avec 4 mondiaux chacun.

Qui est le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde ?

L'allemand Miroslav Klose est le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde, avec 16 buts. Le brésilien Ronaldo est seulement à une unité derrière. Découvrez la liste des 10 meilleurs buteurs du tournoi.

Quelle est la Coupe du monde la plus souvent citée comme la meilleure de tous les temps ?

Mexique 1986 revient le plus souvent en tête des classements, notamment grâce au niveau extraordinaire de Diego Maradona et au contexte légendaire du quart de finale contre l'Angleterre au stade Azteca de Mexico.

Quelle a été la première Coupe du monde organisée en Afrique ?

L'Afrique du Sud 2010 a accueilli le premier Mondial sur le continent africain — un moment historique pour le football mondial. Cette édition figure régulièrement parmi les meilleures Coupes du monde de l'histoire pour plusieurs raisons : son contexte historique fort (premier Mondial africain), son identité sonore et visuelle unique incarnée par les vuvuzelas, et la qualité exceptionnelle de l'équipe espagnole championne. L'Espagne de Xavi, Iniesta, Casillas, Villa et Puyol a remporté pour la seule et unique fois un titre mondial, sur un but d'Andrés Iniesta en finale prolongée contre les Pays-Bas (1-0 a.p.). L'Espagne 2010 est souvent considérée comme l'une des meilleures équipes à avoir jamais soulevé le trophée.

Quel est le meilleur résultat d'une équipe africaine en Coupe du monde ?

Le Maroc a réalisé l'exploit historique de terminer 4e de la Coupe du monde 2022 au Qatar, éliminant notamment l'Espagne et le Portugal avant de s'incliner en demi-finale face à la France. C'est le meilleur classement jamais atteint par une nation africaine dans l'histoire de la compétition.