F1

Les questions que vous n’osez pas poser sur la F1

© Philip Platzer/Red Bull Content Pool
Écrit par Red Bull France
Oui, la F1 est un sport compliqué à comprendre, et non, toutes vos interrogations ne sont pas stupides. Loin de là. D’ailleurs, on a décidé de répondre à celles qui reviennent le plus souvent.
La F1 fait partie de ces rares sports qui sont à la fois très connus et très mystérieux. Même pour celles et ceux qui en maîtrisent les grands principes. On répond donc à 15 questions pas si naïves que vous n’osez pas poser en présence d’un expert.

Est-ce que c’est vraiment un sport ?

Certes, les F1 sont des petits bijoux de technologie, mais n’allez pas croire qu’elles ne mettent pas les corps à l’épreuve. Soumis à des forces dépassant parfois 5 g, les pilotes doivent donc se traîner une carcasse cinq fois plus lourde que la normale. Le tout dans un habitacle pouvant atteindre 70 °C. Le résultat ? Les athlètes – parce que ce sont des athlètes – perdent plusieurs litres de sueur lors de chaque course et consomment près de 1000 calories par heure. Un effort quasiment digne d’un marathon. Une préparation physique et un corps naturellement prêt à encaisser le choc sont donc obligatoires.

Mais comment ça marche, les qualifications ?

Pour s’assurer la meilleure place possible sur la grille, les pilotes passent par des qualifications divisées en trois parties. Lors de la Q1, tout le monde roule, mais seuls les 15 premières monoplaces (ayant réalisé moins de 107% du meilleur temps) sont autorisées à poursuivre. En Q2, cinq nouveaux pilotes sont éliminés et les 10 plus rapides participent à la Q3 qui définit la grille définitive. À quelques problèmes mécaniques ou comportementaux près.

Combien ça consomme, une F1 ?

Beaucoup d’essence. Si une voiture standard consomme quelque chose comme 6 litres pour 100 km, une F1 en boit 45 pour la même distance. Sachant qu’une course de F1 fait 305 km et que la consommation est très encadrée par le règlement. Elle interdit par exemple aux équipes de manger plus de 100 kg de carburant par heure et 100 kg par course. Heureusement, il y a du progrès. Au début des années 2000, les moteurs 10 cylindres des monoplaces exigeaient jusqu’à 80 litres pour 100 km.

Mais ça vient d’où, « pole position » ?

Le terme vient de l’équitation. Historiquement, les chevaux placés à côté du piquet (« pole » en anglais) intérieur au départ d’une course étaient favorisés du fait de la réduction de la distance à parcourir. Sortie des hippodromes, l’expression a vite été appliquée aux sports auto au XXème siècle.

Pourquoi les F1 font-elles des étincelles ?

Produites par le frottement des patins de protection, les Formule 1 font des étincelles parce que c’est spectaculaire.
La F1, l'autre société du spectacle
Tout simplement parce que c’est spectaculaire. Absolument pas obligatoires et parfaitement maîtrisées par les constructeurs, ces étincelles sont produites par le frottement des patins de protection et sont du plus bel effet lors des courses nocturnes. Alors tant pis si certains pilotes, comme Carlos Sainz en 2018, se plaignent parfois de la gêne qu’elles peuvent occasionner. Le public est roi, et il aime les feux d’artifice.

Est-ce que les pilotes font toujours le même nombre de tours ?

Pas du tout. Le nombre de tours varie en fonction des circuits, sachant qu’un Grand Prix ne peut pas dépasser deux heures et que la distance doit être comprise en 300 et 310 km. Seul le GP de Monaco, avec ses 260,52 km, fait exception à la règle.

Pourquoi tout le monde ne peut-il pas gagner ?

Champagne sur le podium pour le pilote Red Bull Racing Max Verstappen, vainqueur du Grand Prix de F1.
"Too much champagne is just right", comme disait Fitzgerald
Tout est, comme souvent, une question d’argent. Parce que la construction d’un châssis, le développement d’un moteur ou encore le salaire d’un pilote d’exception représentent un coût certain, seules quelques écuries sont capables de tirer - régulièrement- leur épingle du jeu. Ce qui n’empêche bien sûr pas certains petits poucets de rentrer dans les points ou de créer la surprise en allant chercher un podium. Voire même de réaliser de petits miracles techniques que masquent les résultats finaux.

Mais qui décide des réglages à effectuer en course ?

Disons que c’est un travail d’équipe. Au cours des essais, le pilote donne une vision d’ensemble - plus ou moins précise - à ses mécanos, qui se chargent de trouver la solution technique à ses problèmes. Une collaboration précieuse, puisque comme le disait récemment Pierre Gasly, « C’est en allant dans les moindres détails que l’on peut espérer faire la différence avec les autres pilotes, qui sont au moins aussi talentueux que vous. Le dernier dixième se gagne avec les ingénieurs. »

Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes pilotes ?

L'Italienne Maria Teresa De Filippis est la première femme à participer à un Grand Prix de championnat du monde de Formule 1.
Maria Teresa De Filippis
La F1 n’a jamais été, techniquement, interdite aux femmes, et certaines ont même eu accès à un volant par le passé, comme Maria Teresa de Filippis dans les fifties ou Giovanna Amati en 1992. Seulement, aucune n’a jamais roulé pour une grande écurie, et pour bon nombre de raisons allant du sexisme ordinaire à la théorie scientifique (certains affirment que les femmes ne résistent pas aussi bien à la pression que les hommes, tandis que des études récentes montrent le contraire), leur retour sur les circuits n’est pas pour demain. Et ce même si des pilotes comme Tatiana Calderon, actuellement en F2, pourraient accélérer le processus.

Les voitures ont-elles vraiment besoin de s’arrêter aux stands ?

Répétition générale à Silverstone
Répétition générale à Silverstone
Il ne vous a pas échappé que les F1 sont extrêmement rapides et on besoin d’une adhérence irréprochable. Leurs pneus s’usent donc beaucoup plus vite que lorsque vous faites 200 bornes à 110 km/h sur l’autoroute au volant d’une berline. En 2005, la FIA a toutefois tenté d’interdire aux équipes le changement de pneus non-crevés, et ce quel que soit leur niveau d’usure. Résultat : certains pilotes, comme Fernando Alonso à Monaco, ont fini leurs GP sans aucun grip, et la règle a été retirée dès la saison suivante.

Les pilotes choisissent-ils leurs numéros ?

Le numéro permanent du pilote de Formule 1 Red Bull Racing, Pierre Gasly est le 10.
Que des N°10 dans ma team
Oui. Mais ces numéros, qu’ils sont libres de choisir, sont permanents depuis 2014. Chaque pilote est ainsi invité à transmettre trois choix possibles (souvent affectifs, le champion en titre n’est ainsi pas obligé de porter le n°1 et peut arborer son premier numéro de karting) à la FIA, qui s’occupe de l’attribution finale.

Est-ce que les F1 sont vraiment les voitures les plus rapides du monde ?

Pas du tout. Si la F1 la plus rapide de l’histoire a réussi à atteindre les 378 km/h sur le circuit de Bakou en 2016, une Koenigsegg Agera RS est parvenue à rouler à 447,2 km/h sur une route (fermée) du Nevada en 2017. Et elle n’est d’ailleurs pas la seule à pouvoir dépasser une monoplace. Mais parce qu’évoluer sur un circuit et foncer en ligne droite, ça n’est pas exactement la même chose, la F1 reste la référence absolue.

Pourquoi utilise-t-on un drapeau à damier ?

F1 : Max Verstappen a remporté le Grand Prix d’Autriche 2019 au terme d’une remonté dantesque sur le Red Bull Ring.
Max Verstappen remporte le Grand Prix d'Autriche
Si tout le monde sait ce que signifie ce drapeau, vigoureusement agité sur le passage du vainqueur d’une course auto, son origine est mystérieuse. Il existe même plusieurs écoles de pensées. Certains parlent d’une origine hippique (aux Etats-Unis au XIXème siècle, les courses de chevaux se terminaient par de grands banquets et on brandissait donc des nappes à carreaux pour indiquer le début du repas aux jockeys) et d’autres affirment que le drapeau à damier s’inspire des tenues de certains organisateurs de courses cyclistes en France. Notre théorie préférée ? Celle d’un commissaire de course qui aurait été contraint d’agiter son échiquier après avoir été surpris par le vainqueur des 24 Heures du Mans en pleine partie.

Pourquoi y’a-t-il un classement constructeurs puisque tous ne fabriquent pas leurs moteurs ?

Voici sept idées que les ingénieurs de Formule 1 souhaiteraient voir développer à l’avenir en F1.
Et si on demandait enfin l'avis des ingénieurs ?
Certes, Mercedes, Renault, Honda et Ferrari sont aujourd’hui les quatre seules marques capables de fournir des groupes propulseurs aux écuries de F1. Et certaines petites équipes satellites reçoivent parfois des monoplaces construites par d’autres et prêtes à l’emploi. Mais dans l’idée, chaque constructeur doit élaborer son châssis et se charger du développement aérodynamique de la voiture. Ce qui n’est pas négligeable, croyez-nous.

Mais comment les mécanos font-ils pour aller si vite pendant les pit stops ?

Le record du pit stop le plus rapide de l’histoire est de 1.92 seconde et est co-détenu par Aston Martin Red Bull Racing et Williams.
Moins de 2 secondes de bronzage
Le pit stop le plus rapide de l’histoire a été chronométré à 1.92 seconde (un record co-détenu par Aston Martin Red Bull Racing et Williams). Chaque dixième compte en course, et les écuries ne laissent rien au hasard. De la position des mécanos dans le garage au choix des outils, tout est étudié, analysé et surtout répété. Gemma Fisher, spécialiste de la performance chez Williams, indique même étudier « la variabilité de la fréquence cardiaque, le temps de récupération ou encore la fréquence respiratoire » de chaque membre d’une équipe. Une précision essentielle dans un job qui exige de desserrer les écrous d’une roue et serrer ceux d’une autre en 200 millisecondes. Soit le temps de réaction humain moyen.
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