On répond aux questions que vous vous posez peut-être sur le marathon, épreuve légendaire de la course à pieds.
© Drew Reynolds for Wings for Life World Run
Marathon

Les questions que vous n’osez pas poser sur le marathon

Oui, le marathon est l'épreuve légendaire de la course à pieds. Et non, il n'y a pas de honte à ne pas tout savoir sur la distance reine. On répond donc aux questions que vous vous posez peut-être.
Écrit par Red Bull France
Temps de lecture estimé : 8 minutesPublished on

Pourquoi le marathon fait 42,195 kilomètres ?

Faisons un bond de la passé. Et précisément en -490 avant J.C. L’histoire raconte qu’un messager grec du nom de Phidippidès aurait couru de la ville de Marathon jusqu'à Athènes pour annoncer aux citoyens la victoire des Grecs sur les Perses lors de la bataille de Marathon durant la Première Guerre Médique.
En 1896, lors des premiers Jeux olympiques modernes organisés à Athènes, une nouvelle épreuve est créée sur une idée du linguiste français Michel Bréal, qui souhaite rendre hommage à Phidippidès. Une course de 40 kilomètres est donc organisée, l’équivalent de la distance entre Athènes et Marathon.

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De 1896 à 1908, la distance de l’épreuve est donc d’environ 40 kilomètres. C’est aux Jeux olympiques de Londres qu’elle évolue à 42,195 kilomètres. La famille royale anglaise voulait commencer la course au château royal de Windsor et la terminer dans l’ancien stade de White City. 41,83 kilomètres séparaient Windsor et ce stade mais 3,218 kilomètres y ont étés ajoutés pour que la course puisse se terminer au pied de la loge qui leur était réservée. On ne refuse rien à la famille royale.

C'est quoi le mur du marathon ?

C'est un phénomène physiologique qui correspond à l'épuisement des réserves de glycogène. Autrement dit, à une panne de carburant musculaire. Les coureurs qui le ressentent subissent généralement une défaillance physique qui intervient subitement et sans aucun signe annonciateur donnant la sensation de jambes coupées, comme un mur invisible qui les bloquerait, d'où l'expression. Il intervient le plus souvent vers le trentième kilomètre. Pour le franchir, il est essentiel de réduire sa vitesse, de marcher pour ne pas avoir à abandonner la course.

Peut-on tricher à un marathon ?

Certains marathoniens se sont déjà montrés particulièrement ingénieux pour faire croire qu'ils avaient terminé la course sans l'avoir fait. En 1979, lors du marathon de New York, la Cubaine Rosie Ruiz a simplement utilisé le métro parce qu'elle était à bout de forces mais voulait quand même impressionner son entourage. Elle est ensuite retournée discrètement dans la foule et a franchi la ligne d’arrivée au bout de 2 heures 56 pour terminer à la onzième place chez les femmes. Pour éviter que ce genre d'incidents - comme il y en a eu des dizaines - certains marathons, comme à Paris, équipent désormais les participants de puces électroniques de traçage, censés vérifier que les coureurs empruntent bien les points de contrôle du parcours.

Quel est le plus ancien ?

Le marathon de Boston. C’est en avril 1897 qu’il a été organisé pour la première fois, après que John Graham, membre de la première équipe américaine olympique a eu l’idée d’organiser la même course qui avait eu lieu l’année précédente aux Jeux olympiques d’Athènes.
Seuls 18 coureurs prennent le départ de cette course, finalement remportée par le New Yorkais JJ Mac Dermott en 2 heures 55 pour 40,8 kilomètres. Ils sont désormais 30 000 en moyenne chaque année.

Quel est le plus couru ?

Celui de New York. Avec 52 812 participant en 2019, les 42,195 kilomètres de la Grosse Pomme demeurent les plus foulés de la planète depuis plusieurs années. Et ce nombre ne fait qu’augmenter tous les ans. À sa création, en 1970, ils n’étaient que 127 concurrents à prendre le départ autour de Central Park.

Qui détient le record de rapidité ?

Chez les hommes, il est actuellement détenu par le Kenyan Eliud Kipchoge avec un chrono de 2 heures 1 minutes et 39 secondes, établi le 16 septembre 2018 pendant le marathon de Berlin.
Chez les femmes, c’est encore le Kenya qui s’impose. Cette fois grâce à Brigid Kosgei qui a franchi la ligne d’arrivée du marathon de Chicago le 13 octobre 2019 en 2 heures, 14 minutes et 4 secondes.

Quelle est la bonne vitesse a adopter pour être sûr de terminer un marathon ?

Tout dépend de l’objectif fixé. À Paris, en 2019, les participants ont bouclé le marathon en 4 heures 15 en moyenne. Pour atteindre cet objectif - réalisable pour une bonne partie des marathoniens, donc - leur vitesse de course a été de 10km/h en moyenne.
Bien sûr, chaque course est personnelle. Et pour se faire une idée de l’allure à adopter selon ses propres capacités, on conseille généralement de passer un test de VMA, qui correspond à la plus grande vitesse que chaque coureur est capable de maintenir plusieurs minutes.

Est-ce que tout le monde peut courir un marathon ?

Si on n’a jamais enfilé de chaussures de running de sa vie, il vaut mieux revoir ses ambitions à la baisse. Le marathon est un objectif à se fixer après un certain niveau de pratique ou, du moins, une préparation progressive de plusieurs mois, sans quoi le corps sera incapable de fournir l’effort physique nécessaire le jour de l’épreuve. Avant de penser marathon, il vaut mieux s’attaquer à des plus petites distances de 5, 10, ou 15 km avant d’envisager un semi-marathon et enfin le marathon de 42,195 km.

Est-ce que c'est si dur ?

Si le marathon n'est pas conseillé à un débutant, c'est encore loin d'être l'épreuve de running la plus difficile. Du moins, en termes de distance. Au-delà de 42,195 kilomètres de course, on parle alors d'ultra-marathons ou ultra-trails, des courses qui peuvent atteindre plusieurs centaines de kilomètres, et se déroulent parfois dans les coins les plus sauvages de la planète. Parmi eux, la Diagonale des Fous et ses 170 kilomètres de course à travers l'île de la Réunion ou encore The Last Desert, un ultra-trail de 250 kilomètres qui traverse l'Antarctique.

Comment s’entraîner ?

Si vous souhaitez relever le défi, une rigoureuse préparation est donc nécéssaire. Pour commencer, il est essentiel de passer un test VMA, ce qui définira par la suite un plan d’entraînement bien spécifique. Ce plan d’entraînement personnalisé devra s’accompagner d’une préparation physique généralisée. Bien sûr, il est également essentiel de revoir son régime alimentaire et d'avoir un bon sommeil. Mais on vous explique tout ça plus en détails ici.

Comment récupère-t-on après un effort comme celui-là ?

Après un marathon, on conseille généralement de prévoir au moins 3 semaines de récupération, dont 5 jours d’arrêt total du sport juste après le jour de la course. Ces quelques jours à l’arrêt vont permettre au corps de bien éliminer tous les déchets produits par l’organisme pendant la course. Ce temps de récupération va également permettre aux fibres musculaires et aux tendons de se régénérer, ce qui est indispensable pour éviter de se blesser par la suite. Il vaut mieux éviter de se remettre à courir la semaine suivante mais le vélo ou la natation sont envisageables, à condition de ne pas forcer.

Quelles sont les blessures les plus courantes chez les marathoniens ?

Il existe cinq blessures bien fréquentes dans le monde de la course à pieds.
Le syndrome rotulien : Ce syndrome entraîne une forte douleur au niveau de la rotule qui se traduit par des crampes devant ou derrière le genou, des craquements fréquents du genou ou comme une impression que la rotule sort et se remboîte subitement.
La périostite tibiale : C’est une inflammation du tibia qui se traduit par des douleurs vives sur plusieurs centimètres. Attention à ne pas forcer sur la douleur car elle peut évoluer en fracture et entraîner un arrêt complet de l’activité de plusieurs mois.
La tendinite rotulienne : C’est une tendinite au niveau de la pointe de la rotule. Ce sont les impulsions et les sauts qui déclenchent cette pathologie qu’on appelle aussi « blessure du sauteur ». La douleur s’installe progressivement au cours de l’effort. Elle se manifeste par un épaississement de la rotule, une encoche ou un véritable nodule.
La tendinite d’Achille : Elle est souvent causée par la déshydratation ou trop d’entraînement. Elle se manifeste par une douleur au talon ou au tendon après l’effort. À force de le solliciter, il gonfle et la douleur devient permanente à chaque appui au sol.
L’Aponévrosite plantaire : Elle se manifeste généralement par des crampes au niveau du talon et de la voute plantaire. Si l’on ne la prend pas en compte, il devient alors très difficile de courir sans douleur à chaque appui.

Comment les éviter ?

Pour éviter tout risque de blessure avant ou pendant un marathon, il est indispensable de prendre quelques précautions. Pensez d’abord à vous hydrater constamment, avant, pendant et après une séance. Échauffez-vous très doucement pour éviter les claquages. Ne vous étirez pas juste après la course. Ces étirement trop hâtifs ont souvent pour conséquence de masquer d’éventuelles lésions tissulaires et d’engendrer des blessures plus graves. Enfin, pensez à bien récupérer après l’effort.
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