Les participants du Grand Prix de MotoGP du Portugal 2020 se poursuivent sur le circuit de Portimão.
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MotoGP

Pourquoi le MotoGP est une référence technique

Née en 2002, la catégorie MotoGP a peaufiné son règlement au fil des saisons. Des changements qui ont permis de créer une formule compétitive devenue un modèle dans le monde des sports mécaniques.
Écrit par Michel Turco
Temps de lecture estimé : 6 minutesPublished on
A la création des championnats du monde de vitesse en 1949, la classe réservée aux 500 cm3 est très vite considérée comme la catégorie reine. Les motos les plus puissantes s’y affrontent aux mains des pilotes les plus prestigieux. Avec l’arrivée des constructeurs japonais à la fin des années 1960, les moteurs deux-temps se généralisent. Offrant à cylindrée égale une puissance supérieure à celle des quatre-temps, ils vont tenir le haut du pavé jusqu’à ce que les instances dirigeantes décident au début des années 2000 de bannir des mécaniques jugées obsolètes, et ayant quasiment disparu de la production motocycliste, afin d’instaurer une nouvelle catégorie MotoGP.
Le pilote Brad Binder roule sur le circuit du Grand Prix de MotoGP de Valence 2020 en Espagne.

Brad Binder au Grand Prix de MotoGP de Valence 2020

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Un nouvel horizon

Ainsi, à partir de 2002, les pilotes de Grands Prix s’affrontent avec des machines équipées de moteur quatre-temps d’une cylindrée de 990 cm3. Durant cette première saison, les 500 cm3 deux-temps sont néanmoins encore autorisées pour les équipes indépendantes afin d’assurer la transition. L’arrivée de ces nouveaux prototypes galvanise le monde des Grands Prix. Honda, Yamaha et Suzuki plongent immédiatement dans cette nouvelle aventure. Aprilia les rejoint en s’associant avec Cosworth pour développer un moteur trois cylindres doté de technologies utilisées en F1. Au Japon, Kawasaki se prépare également à rejoindre la danse. Ducati, qui domine en Superbike, annonce à son tour son arrivée en MotoGP. Kenny Roberts développe lui aussi son projet avec Proton autour d’un 5 cylindres. Une architecture moteur choisie également par Honda pour la RC211V qui, aux mains de Valentino Rossi, va rafler les deux premiers titres mondiaux de cette nouvelle catégorie.
Cinq ans après son avènement, alors que l’Italien a ajouté deux titres de plus à son palmarès avec Yamaha, que Nicky Hayden a offert à Honda le championnat 2006, qu’Aprilia a renoncé et que Proton est devenu KR, le MotoGP voit son règlement évoluer avec une réduction de la cylindrée à 800 cm3. Une décision prise pour limiter la puissance et la vitesse des différentes machines. Honda enlève un cylindre à son moteur, Yamaha et Kawasaki restent fidèles à leur quatre cylindres en ligne alors que Suzuki et Ducati adaptent leur V4 au nouveau règlement. A ce petit jeu, les Italiens se montrent les plus malins. En 2007, Casey Stoner remporte dix des dix-huit Grands Prix du calendrier MotoGP. L’Australien, qui a rejoint le team Ducati en début d’année, décroche son premier titre de champion du monde avec 125 points d’avance sur Dani Pedrosa et sa Honda. Troisième du classement général, Valentino récupérera la couronne l’année suivante. Le pilote Yamaha la conservera en 2009, décrochant au passage son neuvième et dernier titre alors que Kawasaki a décidé de se retirer de la compétition que la catégorie MotoGP vient de passer, avec Bridgestone, sous la coupe du manufacturier de pneumatiques unique. À noter que depuis 2005, les pilotes MotoGP sont autorisés à changer de monte pneumatique, et donc de moto, lorsque la pluie s’invite après le départ. C’est ce que l’on appelle la course “Flag to Flag”.
Le Français Johann Zarco pilote sa moto pendant le Grand Prix de MotoGP d'Aragon 2020 en Espagne.

Johann Zarco au Grand Prix de MotoGP d'Aragon 2020

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The perfs must go on

A l’aube de la décennie 2010, la transformation technologique des Grands Prix s’accélère. Le succès du MotoGP, la prégnance des préoccupations environnementales, mais aussi la crise financière qui vient d’ébranler l’économie mondiale incitent les instances dirigeantes à signer l’arrêt de mort des moteurs deux-temps. Après la catégorie reine, c’est la classe intermédiaire qui voit son règlement technique se transformer en profondeur. Les 250 bicylindres deux-temps laissent leur place à une nouvelle génération de machines à châssis prototype motorisées par un 4 cylindres 4-temps de 600 cm3 dérivé de la série, fabriqué par Honda, et prêté par les organisateurs aux différentes équipes. Le premier constructeur mondial devient ainsi le motoriste officiel de la nouvelle classe Moto2, tout comme Dunlop son fournisseur de pneumatiques unique. Deux ans plus tard, c’est au tour de la catégorie 125 de laisser place à une nouvelle classe appelée Moto3. Les monocylindres deux-temps sont remplacés par des monocylindres quatre-temps de 250 cm3. A la différence du Moto2, la motorisation de la nouvelle catégorie d’introduction reste libre.
En 2012 la cylindrée des moteurs MotoGP passe à 1000 cm3. Le promoteur du championnat décide par ailleurs de créer une nouvelle classe CRT au sein du championnat MotoGP. Les équipes CRT -Claiming Rule Teams- peuvent aligner des motos équipées de moteurs dérivés de la série grâce à un règlement leur permettant d’utiliser 24 litres d’essence et 12 moteurs pour boucler leur saison (les machines prototypes n’ont droit qu’à six moteurs et 21 litres de carburant). Un an plus tard, le bilan est mitigé. Trop loin des performances des prototypes, trop disparate avec des Aprilia ART plus ou moins homogènes, une Suter BMW décevante et des FTR Honda et Kawasaki plus qu’effacées, cette sous-catégorie du MotoGP ne parvient pas à convaincre et laisse place, en 2014, à une nouvelle classe Open. La notion de “claiming rule” disparaissant du règlement technique, le promoteur du championnat décide, afin de clarifier les appellations des machines en MotoGP, d’avoir désormais d’un côté les six motos d’usine alignées par Honda, Yamaha et Ducati avec 20 litres d’essence, 5 moteurs et software maison, et de l’autre une classe Open regroupant toutes les machines équipées de la nouvelle ECU standard Magneti Marelli et bénéficiant de 24 litres de carburant ainsi que de 12 moteurs. Cette classe Open disparaîtra à son tour en 2016 avec l’adoption de la centrale de gestion électronique unique et du passage à 22 litres de carburant maxi pour toutes les motos du plateau.
L'Espagnol Pol Espargaro pilote sa moto pendant le Grand Prix du Portugal de MotoGP 2020 sur le circuit de Portimao.

Pol Espargaro au Grand Prix de MotoGP du Portugal à Portimao

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Cette même année, Michelin prend la relève de Bridgestone pour la fourniture des pneumatiques. « C’est l’année où le championnat a trouvé son équilibre, note Hervé Poncharal, le patron de l’équipe KTM Red Bull Tech 3. Les mesures prises au niveau du règlement technique ont permis de resserrer les performances de l’ensemble des motos du plateau » Avec neuf vainqueurs différents, 2016 marque en tout cas le retour du spectacle au premier plan. La suite, vous la connaissez.
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