F1
F1 : la gestion de la batterie, nouvelle stratégie qui façonne les courses
Le règlement F1 2026 fait de la gestion de la batterie un point clé de la stratégie en course. Le nombre de dépassements explose, et les tactiques sont en train d'être réécrites.
Depuis 2014, les monoplaces de Formule 1 utilisent des groupes propulseurs hybrides, mais le règlement de la saison 2026 a tout changé. L’accent est plus que jamais mis sur les aspects électriques de ces unités de puissance. Pendant les essais de pré-saison et tout au long du premier week-end de course de la saison, dans le paddock, les discussions ont surtout porté sur ce nouveau système et sur la manière dont il influence les courses.
Selon RTE, il y a eu 120 dépassements lors de la course d’ouverture de la saison 2026 à Melbourne, contre seulement 45 l’année précédente. Pour beaucoup de fans, cela rend les courses plus passionnantes, les pilotes se battant davantage pour le gain de positions qu’auparavant. Une grande partie de cette hausse est liée aux changements apportés aux voitures et au fait que la gestion de la batterie fait désormais partie intégrante de la stratégie de chaque pilote, y compris celle de Max Verstappen.
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Comment fonctionne le système de batterie hybride en F1
Dans cette nouvelle ère, 50% de la puissance dont peut disposer une F1 provient de son moteur thermique standard, et 50% provient des batteries. Les batteries embarquées disposent d’une certaine quantité d’énergie au départ, et c’est aux pilotes de décider quand et comment en tirer le meilleur parti.
Comme lors des saisons précédentes, les pilotes peuvent recharger leurs batteries en zone de freinage et en roue libre — lorsqu’ils relâchent à la fois le frein et l’accélérateur — mais cela doit désormais occuper une place plus centrale que jamais dans leur stratégie.
Une fois leurs batteries rechargées au cours d’un tour, les pilotes peuvent libérer cette puissance à leur guise pour augmenter leur vitesse de pointe et dépasser facilement les voitures qui les précèdent. D’une simple pression sur un bouton de leur volant, ils bénéficient d’un gain de puissance significatif pour tenter de passer un rival qui leur barre la route. Mais cela signifie aussi que les autres pilotes peuvent faire la même chose, ce qui conduit une voiture à en dépasser une autre, puis à se faire repasser quelques virages ou un tour plus tard. C’est pourquoi nous avons vu un nombre de dépassements aussi élevé lors de la première course de la saison 2026.
En plus de tout cela, un autre système de récupération basé sur la batterie a remplacé l’ancien DRS, qui ouvrait l’aileron arrière à certaines lignes droites du tour lorsqu’un pilote était suffisamment proche de la voiture qui le précédait. Si une voiture se trouve à moins d’une seconde de celle qui la précède à un endroit donné du circuit, elle bénéficie d’un surcroît de puissance de recharge de la batterie, qui peut ensuite être utilisé pendant tout le tour suivant. Là encore, cela favorise les luttes de position et explique en grande partie l’augmentation massive du nombre de dépassements.
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Pourquoi est-ce important, et comment la recharge de la batterie influe-t-elle sur la stratégie
Il y a beaucoup de nouvelles technologies à apprivoiser en 2026
© Mark Thompson/Getty Images/Red Bull Content Pool
Tout cela se combine pour créer le principal sujet de discussion de la saison en F1, aussi bien chez les pilotes que chez les spectateurs. La gestion de l'énergie est un aspect de ce sport qu’il faut prendre en compte à chaque instant. Elle change la façon dont les pilotes envisagent leur position en piste, l’endroit où ils pourraient se trouver dans cinq tours, et même la nécessité réelle de défendre certaines tentatives de dépassement. Pourquoi gaspiller de la charge de batterie pour défendre un dépassement quand vous savez que vous pourrez repasser à haute vitesse quelques virages plus tard ? Il n’est pas forcément nécessaire de prendre trop de risques.
Lorsqu’un pilote évolue dans de l’air relativement propre, en creusant l’écart devant et derrière lui, il peut se concentrer sur la recharge de la batterie. En revanche, lors des phases très disputées d’une course, il recharge ses batteries dès qu’il le peut afin de pouvoir déployer cette réserve d’énergie pour empêcher un dépassement ou en exécuter un efficacement sur le pilote qui le précède. Ils rechargent et déploient en permanence, en adaptant leur approche d’un virage à l’autre.
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Comment les départs sont impactés
Le départ à Melbourne a été encore plus chaotique que d’habitude
© Simon Galloway/LAT Images/Getty Images/Red Bull Content Pool
Comme nous l’avons vu à Melbourne, le nouveau système hybride peut rendre les départs de course plus imprévisibles. Liam Lawson a pris un mauvais départ depuis le milieu de grille, sa voiture étant évitée de justesse par plusieurs autres qui l’ont dépassé dans les premières secondes.
Alors que le temps de réponse du turbo est un problème qui affecte les nouvelles voitures depuis les essais, les pilotes doivent aussi s’assurer d’avoir un bon niveau de batterie en réserve pour la bagarre jusqu’au premier virage. Avec suffisamment d’énergie à déployer dans les premiers instants, les pilotes pourront se placer idéalement pour la suite de la course, à condition de ne pas vider leurs batteries et, par conséquent, de ne pas rendre leur position vulnérable pour le reste du premier tour.
À Melbourne, Verstappen a lui aussi évoqué l’impact sur les départs. « Les premiers tours ont été assez mouvementés et nous devions simplement éviter les ennuis », a-t-il déclaré après la course. « Globalement, l’équipe a quand même fait du bon travail : c’était une remontée correcte depuis la P20 et nous allons continuer à travailler en équipe pour combler davantage l’écart. »
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Comment cela affecte Verstappen et Oracle Red Bull Racing
Verstappen en pleine discussion avec Paul Monaghan, ingénieur en chef
© Mark Thompson/Getty Images/Red Bull Content Pool
L’accent mis sur l'utilisation de la batterie affecte Verstappen et le reste de l’équipe Oracle Red Bull Racing autant que n’importe qui. Lors du premier Grand Prix de la saison, après un accident en qualifications, le Néerlandais s’est élancé depuis la 20e place sur la grille et a dû remonter pour entrer dans les points. Sa performance a été impressionnante, au point de lui valoir le prix officiel de pilote du jour.
Cette première course devrait lui être très utile pour la suite de la saison, car il a acquis une expérience précieuse dans la gestion de ses batteries et dans le choix du bon moment pour déployer un surcroît de puissance afin de dépasser d’autres voitures. S’exprimant auprès de formula1.com, il a déclaré : « J’ai aussi beaucoup appris dans les bagarres et sur la manière d’utiliser la batterie et tout ça, donc c’était plutôt quelque chose de positif. »
Si une équipe et un pilote parviennent rapidement à bien gérer leur charge, ils disposeront d’un avantage significatif sur le reste du plateau. Verstappen et Red Bull Racing viseront précisément cela dans les semaines à venir, et l’on peut espérer que sa remontée dans le peloton à Melbourne lui aura apporté l’expérience dont il avait besoin pour gérer ses batteries avec aisance.
Une chose est sûre : nous verrons beaucoup plus de dépassements en 2026 que lors de n’importe quelle autre année de l’ère hybride de la Formule 1, et cela ne peut signifier que des courses plus excitantes pour la majorité des spectateurs.